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Dépenses contraintes : logement, transports, santé… qui paye le plus et dans quelle région ?

En moyenne, un ménage consacre 1061 euros par mois aux dépenses contraintes (crédit, assurance auto, abonnement à Internet…), selon l’indice du comparateur LesFurets que nous dévoilons en exclusivité.

 Parmi les dépenses contraintes, celles concernant les transports, et notamment la voiture, peuvent être plus ou moins lourdes selon les régions.
Parmi les dépenses contraintes, celles concernant les transports, et notamment la voiture, peuvent être plus ou moins lourdes selon les régions. LP/Olivier Arandel

Il y a le loyer, l'électricité, l'assurance auto ou encore l'abonnement téléphonique… Autant de charges incompressibles qui grèvent le budget des Français. En moyenne, un ménage débourse ainsi 1061 euros par mois pour régler ses factures, selon l'indice national des dépenses contraintes que vient de lancer LesFurets en partenariat avec CSA Research et que nous révélons. « Cela représente en moyenne 30 % du budget des foyers, contre 12 % en 1960 », signale Rami Karam, directeur général du comparateur.

En moyenne, on compte 11 postes de dépenses contraintes par foyer. A en croire les montants déclarés par les personnes interrogées dans l'étude, le logement (crédit ou loyer, assurance habitation, électricité…) est le principal (635 euros), suivi du transport (223 euros en comptant le crédit, l'assurance auto, le carburant…), de la santé (107 euros, surtout pour la complémentaire), des services de téléphonie, d'Internet, de télé (90 euros) et des services financiers (78 euros).

Evidemment, les montants diffèrent en fonction du niveau de vie, de l'âge et même de la région : si vous avez entre 25-34 ans, que vous avez des revenus modestes et/ou que vous vivez en Bourgogne - Franche-Comté, vous faites probablement partie de ceux qui sont le plus pressurisés par les dépenses contraintes.

Jusqu'à 39 % du budget pour les plus modestes

C'est une évidence, mais plus vous gagnez d'argent et plus les dépenses contraintes — parce que le logement est plus vaste, les véhicules plus haut de gamme, etc. — sont élevées (en valeur absolue). « Les très hauts revenus déboursent chaque mois deux fois plus que les catégories pauvres : 1900 euros au total contre 813 euros », précise Rami Karam. Cet écart s'explique notamment par un niveau de loyer nettement supérieur (1040 euros contre 396 euros).

Dépenses contraintes : logement, transports, santé… qui paye le plus et dans quelle région ?

Mais plus les revenus sont petits et plus ces « charges » sont proportionnellement lourdes. Si elles ne représentent que 20 % du budget pour les catégories aisées (soit 1144 euros pour un couple avec deux enfants qui touche 5818 euros par mois), elles atteignent 28,5 % pour les classes moyennes inférieures et surtout 39 % pour les foyers modestes et pauvres (moins de 2050 euros de revenus).

Les 25-49 ans les plus impactés

Parce qu'ils s'installent dans la vie, empruntent pour se loger ou fondent une famille, les actifs de 25 à 49 ans ont des dépenses contraintes bien plus élevées que les autres tranches d'âges. Elles s'élèvent à 1440 euros pour la génération des 25-34 ans qui, en plus du logement (827 euros) et des transports (309 euros), déboursent notamment 155 euros pour les abonnements téléphoniques, Internet et télévision. Les 35-49 ans lâchent, eux, au total 1246 euros par mois, dont 748 euros rien que pour le crédit ou le loyer.

Chez les plus de 65 ans, les dépenses sont plus modérées (863 euros). Bien souvent, ils ont fini de payer leur crédit (440 euros en moyenne pour le poste logement). En revanche, les frais de santé — parce qu'ils doivent s'acquitter eux-mêmes de leur complémentaire santé — occupent une place plus importante que pour les autres : soit 138 euros contre 85 euros pour les 35-49 ans. « Sur une année, le différentiel est de 600 euros », signale Rami Karam.

La Bourgogne-Franche-Comté est la plus coûteuse

On aurait pu croire que l'Ile-de-France serait la région où les dépenses contraintes explosent. Il n'en est rien. Elles sont même inférieures à la moyenne nationale (1001 euros). C'est la Bourgogne - Franche-Comté qui arrive en tête du classement avec 1554 euros au total. « La différence se joue notamment sur le poste transports, qui est de 323 euros contre 180 euros en région parisienne où la forte densité du réseau de transports en commun fait que les ménages possèdent ou utilisent moins leur voiture et donc dépensent moins en carburant », explique-t-il.

Dépenses contraintes : logement, transports, santé… qui paye le plus et dans quelle région ?

Autre explication : le coût du logement. L'immobilier et les loyers sont évidemment plus élevés en Ile-de-France mais, parce que les habitations sont probablement plus grandes en Bourgogne, elles coûtent plus cher à chauffer (144 euros contre 81 euros qu'à Paris). A noter aussi que les habitants de cette région sont ceux qui déboursent le plus en… téléphonie fixe (111 euros par mois contre 36 euros en Ile-de-France), probablement parce qu'elle héberge une population plus âgée.

Certains ont réussi à faire baisser la facture

Avec la crise sanitaire et économique, les dépenses contraintes se font davantage sentir. Comme le souligne Rami Karam, directeur général du comparateur LesFurets, « chaque particulier peut prendre en main ses charges et les faire diminuer en comparant les offres sur le marché. On peut ainsi renégocier son contrat assurance emprunteur ou changer de fournisseur d’énergie ».

Alain, 38 ans, en sait quelque chose. Il y a deux ans, ce cadre dans une société de conseils a économisé entre 10000 et 12000 euros sur le prêt contracté pour sa maison de 80 m2 à Antony (Hauts-de-Seine) en obtenant, après comparaison des offres et grâce à un courtier, un taux de crédit à 1,49 %, là où le marché proposait 1,7 %, pour un emprunt de 415000 euros sur 25 ans. « Il faut désormais que je renégocie l’assurance », indique-t-il.

Le crédit (1650 euros par mois, assurance comprise) constitue évidemment son principal poste de dépenses contraintes qu’il estime à environ à 2100 euros par mois, alors que les revenus du foyer (un couple avec un enfant) s’élèvent à plus de 6500 euros. Pour faire baisser la note totale, Alain a déjà changé d’opérateur de téléphone portable en optant pour des forfaits à 9,90 euros alors que le couple lâchait 50 euros par mois auparavant (soit 360 euros d’économies par an).

Lors de l’acquisition de sa nouvelle voiture (en location avec option d’achat), il en a aussi profité pour passer chez un autre assureur avec une offre à 400 euros par an, contre environ 700 euros avant. Il s’apprête enfin à changer de fournisseur d’électricité « pour économiser environ 200 euros par an », dit-il alors que sa facture actuelle s’élève à 1650 euros.

« Avec les sommes économisées, j’ai changé de box Internet-télévision pour en prendre une plus cher — 39,99 euros contre 15 euros avant — mais dont le wi-fi est de meilleure qualité. Il faut aussi savoir se faire plaisir. »