Crise sanitaire : le secteur de l’hôtellerie au bord du gouffre

Même s’ils ont le droit d’ouvrir, les hôtels sont en grandes difficultés. Les chiffres concernant l’activité hôtelière n’ont jamais été aussi alarmants.

 Le revenu par chambre, mètre étalon des hôtels, enregistre des baisses vertigineuses : - 88% à Paris et -59% en France.
Le revenu par chambre, mètre étalon des hôtels, enregistre des baisses vertigineuses : - 88% à Paris et -59% en France. LP/Delphine Goldsztejn

Même s'ils ont le droit d'ouvrir, contrairement aux restaurants, les hôtels sont « à l'agonie », pointe l'Umih, le premier syndicat professionnel. Faute de touristes internationaux, à cause du couvre-feu, de la réduction des déplacements de loisirs et professionnels, de l'interdiction de servir des repas ailleurs qu'en chambre ou du télétravail… les 18000 hôtels français (200 000 emplois) vivent une véritable descente aux enfers. « Les chiffres de l'activité hôtelière de janvier 2021 sont alarmants, sans précédent dans l'histoire de la profession », se désespère l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie qui alerte sur « une mort annoncée ».

Selon les chiffres du syndicat, 60% des hôtels à Paris sont fermés. Le revenu par chambre (Revpar), mètre étalon de la profession, enregistre des baisses vertigineuses : - 88% à Paris et -59% en France. « L'état des réservations pour les vacances scolaires de février, sur tout le territoire français, affiche un taux d'occupation catastrophique de 13,4%. Seuls 10% des hôtels sont ouverts en montagne », relève l'Umih.

Ouvrir pour 5% d'occupation n'est pas rentable

« Actuellement, on loge qui ? interpelle Laurent Duc, le président de sa branche hôtellerie. Des personnes sans logements, des femmes fragiles, des clients en déplacements et quelques couples illégitimes… » Or, « ouvrir un hôtel pour 5% d'occupation, ça ne vaut pas le coup », relève Olivier Petit, directeur associé d'In Extenso TCH, cabinet de conseil dans le secteur du tourisme.

Si les difficultés sont générales, les situations sont contrastées. « Plus les hôtels sont haut de gamme, plus ils s'adressaient à une clientèle internationale, plus ils souffrent », résume le spécialiste. Selon les données relevées par In Extenso TCH, les hôteliers parisiens ont ainsi vu trois quarts de leur chiffre d'affaires hébergement disparaître en 2020 (-74% comparé à 2019). Sur la Côte d'Azur, c'est -65% malgré une bonne saison estivale. Les autres régions s'en sortent moins mal : -47% de chiffres d'affaires en moyenne.