Crise chez Airbus : le PDG craint de devoir recourir aux départs contraints

Le syndicat FO s’est insurgé de la situation, après avoir reçu un courrier du dirigeant du groupe d’aéronautique, affaibli par la crise sanitaire.

 « La reprise du trafic aérien pendant l’été n’a pas été à la hauteur des attentes du secteur aéronautique », a déploré dans une lettre adressées aux salariés d’Aribus le dirigeant du groupe.
« La reprise du trafic aérien pendant l’été n’a pas été à la hauteur des attentes du secteur aéronautique », a déploré dans une lettre adressées aux salariés d’Aribus le dirigeant du groupe.  REUTERS/Stephane Mahe/File Photo

L'angoisse se fait de plus en plus présente au fil des semaines pour les salariés du géant de l'aéronautique, largement affecté par la pandémie de coronavirus. Le patron d'Airbus a fait part de ses craintes de voir les licenciements se multiplier, comme le révèle une lettre adressée à ses salariées et publiée ce lundi par la Tribune.

« La reprise du trafic aérien pendant l'été n'a pas été à la hauteur des attentes du secteur aéronautique, déplore notamment Guillaume Faury. Nous devons donc nous préparer à une crise probablement plus profonde et plus longue que ne le laissaient supposer les précédents scénarios ». Dans ce courrier, il laisse entendre qu'il pourrait avoir recours aux licenciements contraints. « Il me semble peu probable que les départs volontaires suffiront », écrit le patron, alors que fin juin, son groupe, en pleine tourmente économique, avait évoqué la nécessité de supprimer d'ici l'été prochain 15 000 postes, dont 5000 en France, au sein de sa filière des avions commerciaux.

« On ne veut même pas laisser partir tous les volontaires »

« La reprise du trafic aérien pendant l'été n'a pas été à la hauteur des attentes du secteur aéronautique », a justifié Guillaume Faury, qui veut « retrouver notre équilibre industriel et financier le plus rapidement possible ». Il prévient ses salariés : « Nous devons donc nous préparer à une crise probablement plus profonde et plus longue que ne le laissaient supposer les précédents scénarios. »

Comme le rapporte la Tribune, le syndicat Force ouvrière s'est dit incompris par le contenu de la missive. « Notre ligne rouge depuis le départ, c'est zéro licenciement contraint, a réagi Jean-François Knepper, délégué syndical chez FO Airbus. Il clame que « plus de 1500 salariés sont disposés à partir en retraite anticipée mais la direction nous explique qu'il ne sera pas possible d'en faire partir plus de 650 […] On ne veut même pas laisser partir tous les volontaires. »

« Ce double discours veut bien dire que la seule motivation de ce plan est de faire des économies financières face à une crise qui reste conjoncturelle », s'est insurgé le délégué syndical, ajoutant : « C'est assez surprenant sachant que tous les autres grands groupes du secteur aéronautique et spatial sont parvenus à des accords sans licenciement contraint. »