Covid-19 : «Télétravailler partout où c’est possible devient impératif», prévient Castex

Lors de sa conférence de presse de jeudi, destinée surtout à faire «un bilan des mesures de freinage», le Premier ministre a insisté sur la nécessité de recourir davantage au télétravail, alors que cette pratique est en recul.

 Pendant les confinements, 5 millions de salariés du privé se sont mis à exercer leur activité de chez eux du jour au lendemain. (Illustration.)
Pendant les confinements, 5 millions de salariés du privé se sont mis à exercer leur activité de chez eux du jour au lendemain. (Illustration.) LP/Arnaud Dumontier

Renforcer le télétravail pour éviter un troisième confinement. Alors que des études montrent un certain relâchement dans les entreprises en France, le Premier ministre, Jean Castex, a rappelé la nécessité de recourir à cette pratique lors de sa conférence de presse de ce jeudi.

« Télétravailler partout où c'est possible devient impératif », a insisté le chef du gouvernement, qui était accompagné de plusieurs ministres, dont celle du Travail, Elisabeth Borne. Selon le protocole sanitaire national, un retour en présentiel n'est possible qu'un seul jour par semaine pour les salariés qui en expriment le besoin.

« Il s'agit d'un levier très puissant que nous n'utilisons pas suffisamment pour freiner l'épidémie. Il y a encore trop d'entreprises où le télétravail serait possible mais où il n'existe pas du tout, ou à des niveaux très faibles », a précisé Jean Castex.

« Nous n'avons pas le choix »

Selon une enquête Harris Interactive parue fin janvier, parmi les actifs pouvant télétravailler facilement, 36 % ne l'ont pas fait dans la semaine du 18 au 24 janvier, contre 30 % la semaine du 2 au 8 novembre. Et la part de ceux travaillant à 100 % à distance est passée de 45 % en novembre à 30 % en janvier.

« Nous n'avons pas le choix. Il faut nous remobiliser », a ajouté Elisabeth Borne, qui demande à chaque entreprise de mettre en œuvre « les deux priorités suivantes : réduire la part des employés qui ne télétravaillent pas du tout et que les salariés qui télétravaillent aujourd'hui 1, 2 ou 3 jours par semaine fassent au moins un jour de télétravail en plus chaque semaine ».

Malgré tout, « ceux qui travaillent à 100 % ont la possibilité de revenir un jour par semaine » si nécessaire, même si cette mesure doit rester l'exception, rappelle la ministre du Travail.

Mobiliser certaines branches qui se relâchent

Mercredi soir, déjà, Elisabeth Borne avait demandé aux organisations syndicales et patronales « de veiller à ce que les instances de dialogue social se réunissent sans délai au sein des entreprises pour définir les modalités selon lesquelles la mise en œuvre du télétravail doit être renforcée ».

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Le télétravail « doit être la règle pour l'ensemble des activités qui le permettent », avait rappelé la ministre du Travail. Selon elle, « certains secteurs ont connu une baisse particulièrement significative ». C'est particulièrement le cas dans les secteurs banque-assurance, information-communication, audiovisuel, activités juridiques et comptables. Une réunion aura lieu en début de semaine prochaine pour les branches concernées, afin « d'assurer que des mesures ont été prises », a annoncé Elisabeth Borne ce jeudi.

Au-delà de cette nécessité immédiate, de nombreuses entreprises sont en train de négocier le coup d'après. En effet, même si le télétravail peut poser des problèmes, des salariés ont découvert que cette pratique pouvait présenter des avantages : moins de transports, une organisation du travail plus souple…

Pendant les deux confinements, en 2020, 5 millions de salariés du privé se sont mis à exercer leur activité de chez eux du jour au lendemain. Des accords doivent maintenant être négociés dans les entreprises pour déterminer la durée maximale de télétravail par semaine et les éventuelles indemnités corrélées.