Covid-19 : télétravail, solidarité… partout en France, des entreprises se sont mobilisées

Dans tout l’Hexagone, des entrepreneurs ont mis en place des actions solidaires ou ont réussi à s’adapter rapidement face à la crise sanitaire.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Sophie Berdoues-Coudouy a partagé les bénéfices de son entreprise avec les magasins  qui vendent ses parfums et qui ont dû fermer pendant le confinement.
Sophie Berdoues-Coudouy a partagé les bénéfices de son entreprise avec les magasins qui vendent ses parfums et qui ont dû fermer pendant le confinement.  LP/Rémy Gabalda

A situation exceptionnelle, organisation exceptionnelle. Chez Berdoues, entreprise de cosmétiques et parfumerie située en banlieue de Toulouse (Haute-Garonne), la crise du Covid-19 a été propice à une petite révolution. Nul n'aurait cru, il y a encore un an, que cette PME familiale centenaire, surtout connue pour ses eaux de toilette à la violette, se réinventerait à ce point.

Dernière initiative en date : l'action solidaire menée en novembre, durant le deuxième confinement, pendant lequel l'entreprise a reversé la moitié de ses bénéfices à ses distributeurs, environ 400 boutiques de parfumeries fermées partout en France car jugées « non essentielles ».

« Dès le premier confinement, nous avions développé notre site de vente en ligne pour pouvoir écouler nos produits. Il a bien marché, nous avons donc voulu redistribuer », explique Sophie Berdoues-Coudouy. La petite entreprise n'a pas connu la crise. « En 2020, notre chiffre d'affaires a même progressé de 3 % », reconnaît l'entrepreneuse, arrière-petite-fille du fondateur qui a, par ailleurs, pris le virage numérique.

« Avec les commerces fermés, nous n'avions plus de distributeurs alors il a fallu réagir », précise-t-elle. Ce n'est pas tout. Dès le mois de mars, toute l'entreprise, qui emploie une centaine de personnes, s'était mobilisée pour fabriquer, en plus de ses produits habituels, des flacons de gel hydroalcoolique à destination des Ehpad et hôpitaux du sud-ouest. Même les salariés des bureaux, qui étaient en télétravail, sont venus prêter main-forte sur les chaînes de production.

A Reims, des kebabs gratuits pour les étudiants

Un engagement total vécu en cette période de crise par d'autres entrepreneurs, comme Pierre Levy, cofondateur du site de vente en ligne aux particuliers Foodufrais, créé dès l'annonce du premier confinement, pour écouler les produits invendus du marché de Rungis (Val-de-Marne). « Avec la fermeture des restaurants, certains grossistes étaient en difficulté. Nous avons trouvé d'autres façons d'écouler les stocks », rappelle-t-il. Avoir de bonnes idées : de nombreux restaurateurs en ont aussi fait l'expérience, ces dernières semaines, pour continuer à travailler contre vents et marées.

A Reims (Champagne-Ardenne), Mavzer Tasdelen a proposé cette semaine une journée « kebab gratuits » à destination des étudiants à l'Istanbul, restaurant turque du centre-ville qui fonctionne grâce à la vente à emporter. Un geste solidaire qui a remporté un franc succès. Une file d'attente de 200 jeunes s'est vite formée dès 13 heures devant son restaurant. « Certains, âgés de 19 ou 20 ans, ont attendu plus d'une heure dans le froid », déplore Mavzer. Il s'est juré de vite recommencer. « Cette fois, je travaillerai avec des associations ! » promet-il.