Covid-19 : qui est Valneva, la biotech française qui développe un vaccin ?

Installée près de Nantes, cette entreprise peu connue du grand public a déjà lancé la production de son candidat-vaccin, en parallèle des essais cliniques.

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 Franck Grimaud, directeur général de Valneva, ici dans les locaux de la biotech, espère effectuer la demande de mise sur le marché cet automne.
Franck Grimaud, directeur général de Valneva, ici dans les locaux de la biotech, espère effectuer la demande de mise sur le marché cet automne. AFP/Jean-François Monier

Il sera sans doute le premier vaccin français contre le Covid-19. Sorti des laboratoires de l'Institut Pasteur? Du leader mondial Sanofi? Non, le vaccin en question, utilisant une technologie plus classique que l'ARN messager, où les agents infectieux sont « inactivés », a été mis au point par une biotech franco autrichienne.

Un « pure player » dans le jargon, — un spécialiste des vaccins. Installé à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), dans la banlieue nantaise, il emploie 600 personnes en France et dans le monde et dispose aussi dans son portefeuille de recherche d'un candidat vaccin en développement clinique contre la maladie de Lyme, ainsi que d'un autre à injection unique, contre le chikungunya.

«Nous menons de front les phases 1 et 2»

Pour l'heure, c'est la mise au point puis en flacon des vaccins contre le Covid-19 qui mobilise l'essentiel de son activité. Valneva a déjà lancé la production de son candidat-vaccin en parallèle des essais cliniques en cours. Objectif? Optimiser le calendrier des livraisons potentielles. La biotech dispose d'une usine en Ecosse, qui va produire son vaccin contre le Covid-19. Celui-ci sera ensuite mis sous forme sur un autre site du groupe, situé en Suède.

« Nous avons même été en mesure de prendre de l'avance sur le calendrier prévu, détaille Franck Grimaud, le directeur général de Valneva. Compte tenu de l'urgence de la situation, nous menons actuellement de front les phases 1 et 2 sur 150 volontaires. » La première vise à mesurer la toxicité du produit, et donc d'identifier d'éventuels effets secondaires. La deuxième à identifier le meilleur dosage d'antigènes.

Les résultats de ces deux phases seront connus dès le mois d'avril. Ce qui permettra au laboratoire d'enclencher alors une phase 3, sur plus de 4 000 personnes, menée jusqu'en septembre. Si les résultats sont concluants, Valneva sera alors en mesure de demander une autorisation de mise sur le marché au Royaume-Uni. Puis d'en faire également la demande dans un deuxième temps à l'Union Européenne via l'Agence européenne du médicament (AEM).

« Le succès de la recherche fondamentale publique »

Avant de devenir Valneva, la société a vu le jour en 1999 sous la forme d'une start-up, Vivalis, issue des laboratoires de l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (Inrae), à Lyon. Elle était spécialisée dans la production de protéines à visée thérapeutique grâce à des cellules-souches d'origine aviaire.

« Au point de départ de cette aventure, il y a le succès de la recherche fondamentale publique, se félicite Philippe Lenee, directeur du partenariat et du transfert pour l'innovation à l'Inrae. Au tout début, il y a la réussite de deux chercheurs français qui ont déposé un brevet et ensuite collaboré – grâce à la loi Allègre sur l'innovation et la recherche — avec l'entreprise qu'ils ont concouru à créer. Le succès de leur start-up, c'est d'avoir innové, puis d'avoir su traverser ce que les Anglo-Saxons appellent la Vallée de la mort : toute la phase de validation préindustrielle d'un projet, où il faut trouver des fonds. »