Covid-19 : les Français inquiets pour l’économie… mais prêts à se reconfiner

Le quatrième baromètre des deux crises, réalisé par l’Ifop pour No Com et que nous révélons en exclusivité, montre que 62% des sondés redoutent plus la crise économique que la crise sanitaire.

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 Malgré l’impact des mesures de restriction sur leur vie, les Français sont majoritairement prêts à un nouveau confinement (illustration  : une galerie commerciale à Boulogne-Billancourt).
Malgré l’impact des mesures de restriction sur leur vie, les Français sont majoritairement prêts à un nouveau confinement (illustration : une galerie commerciale à Boulogne-Billancourt).  LP/Benoit Hasse

« Dans les semaines qui viennent, seriez-vous prêt à accepter un nouveau confinement ? » Pour 72% de Français, la réponse est plutôt oui. Voilà ce qui ressort d'un sondage réalisé les 9 et 10 février par l'Ifop pour le cabinet de conseil stratégique No Com en partenariat avec Le Parisien - Aujourd'hui en France. Malgré les appels de certains à la désobéissance civile, chez les restaurateurs ou dans le monde de la culture - très durement impactés par les fermetures administratives pour limiter la propagation du Covid-19 -, les Français restent disciplinés.

« Nous sommes assez loin des commentaires très alarmistes laissant penser qu'ils sont prêts à se révolter contre un nouveau confinement, constate Pierre Giacometti, cofondateur de No Com. Malgré une montée très forte de l'inquiétude envers la situation économique, le réflexe d'acceptation n'est pas remis en cause. » Un paradoxe ? Pas vraiment. Car ce sondage illustre que les Français sont tiraillés entre deux envies opposées : retrouver une vie comme avant et se protéger. Si, pour 52% des personnes interrogées, « il vaut mieux un excès de précaution sanitaire », ils sont 48% à préférer un retour rapide à une situation normale pour protéger l'économie, quitte à assumer un plus grand risque sanitaire.

D'ailleurs, à la question « quelle est la plus grande menace pour votre pays? », 62% répondent la crise économique et 38% la crise sanitaire. « Cette évolution concerne toutes les générations et toutes les classes sociales, note Pierre Giacometti. Le sentiment qui prédomine dans l'opinion est que le virus progresse moins, la peur d'être contaminé a diminué (NDLR : notamment chez les jeunes, puisque 73% des 18-24 ans n'ont pas peur d'être contaminés contre 52% en moyenne) et la décision du président de la République de renoncer, pour l'instant, à un troisième confinement a peut-être eu pour effet, par ricochet, de reporter son inquiétude sur l'économie. »

Covid-19 : les Français inquiets pour l’économie… mais prêts à se reconfiner

«Cette crise renforce un peu plus la fracture sociale»

Cette crainte est particulièrement marquée chez les jeunes : 59% des 18-24 ans et 64% des 25-35 ans sont angoissés de l'impact économique de la crise sur eux et leurs proches. Pas étonnant alors que l'on retrouve parmi ces mêmes tranches d'âge une grande fragilité psychologique : 40% des 18-24 ans et 27% des 25-35 ans vivent mal cette période alors qu'ils ne sont que 22% toutes générations confondues.

Autre clivage, plus attendu mais tout aussi inquiétant, celui entre personnes aisées et personnes pauvres. Si 51% des Français estiment être touchés durement par la crise, ce taux grimpe à 69% pour les catégories les plus pauvres et chute à 27% chez les plus aisés. « Cette crise renforce un peu plus la fracture sociale qui existait déjà avant l'épidémie, s'inquiète Pierre Giacometti. Quand on va entrer dans la période électorale de la présidentielle, ce clivage sera l'un des enjeux. »

Enfin, au palmarès des acteurs en qui les Français ont le plus confiance pour gérer les crises sanitaire et économique, la prime est donnée à la proximité. En tête, les collectivités locales, le personnel de santé ou encore ceux du système scolaire. Si la confiance dans le rôle du gouvernement reste minoritaire, elle progresse, un peu, alors que sa stratégie vaccinale est contestée.