Covid-19 et chômage partiel : l’Etat aidera «tant qu’il le faudra», assure Elisabeth Borne

«Le quoi qu’il en coûte durera aussi longtemps que nécessaire», promet ce mardi la ministre du Travail au sujet des aides gouvernementales pour les personnes au chômage partiel à cause de la crise sanitaire.

 « Tant que la crise le rendra nécessaire, on protégera les emplois avec l’activité partielle », promet Élisabeth Borne.
« Tant que la crise le rendra nécessaire, on protégera les emplois avec l’activité partielle », promet Élisabeth Borne. LP/Delphine Goldsztejn

« La priorité est de protéger les emplois. » Le discours de la ministre du Travail, de l'Emploi et de l'Insertion, invitée de RTL ce mardi, est de nature à trancher avec celui du ministre des Comptes publics Olivier Dussopt. « Il faut que 2021 marque la sortie du quoi qu'il en coûte », insistait-il dans les colonnes des Echos mercredi dernier. « Il n'y a aucun doute : le quoi qu'il en coûte durera aussi longtemps que la crise le nécessitera », lui oppose Elisabeth Borne.

« Tant que la crise le rendra nécessaire, on protégera les emplois avec l'activité partielle », poursuit la ministre. Pourquoi Olivier Dussopt a-t-il alors brandi, quelques jours plus tôt, le spectre d'une fin des aides à l'heure où la situation économique inquiète, et tandis que la crise sanitaire a détruit 800 000 emplois en 2020? « Je pense qu'il est optimiste sur la sortie de la crise », réagit Élisabeth Borne dans un sourire.

Face à une situation des plus délicates dans certains secteurs, la ministre appelle ceux qui ont ordinairement recours aux contrats saisonniers à embaucher, même si leur activité est à l'arrêt, comme c'est le cas pour les remontées mécaniques. « L'Etat prend en charge 100 % de la rémunération du saisonnier, insiste Elisabeth Borne. Au printemps, il y a eu près de neuf millions de salariés dont la rémunération a été prise en charge par l'Etat, ça a permis de sauver les emplois. En novembre, trois millions », précise-t-elle.

La ministre du Travail réaffirme également sa volonté de mener à terme la réforme de l' assurance chômage, au lendemain de rencontres avec les partenaires sociaux. « J'ai proposé aux partenaires sociaux que les règles du futur système soient adaptées à la situation du marché de l'emploi, indique-t-elle. […] Il faut tenir compte de la crise sanitaire, de la crise économique qu'on est en train de traverser. »

Si la majorité des partenaires sociaux conteste cette réforme, « la crise qu'on traverse n'efface pas la nécessité de réformer », répond ce mardi Elisabeth Borne, selon laquelle « le système actuel n'est pas satisfaisant ». Toutefois, la réforme des retraites, vivement contestée par les syndicats et suspendue en raison de la crise sanitaire, « n'est pas la priorité », reconnaît la ministre.