Covid-19 : Bercy sort le carnet de chèques pour sauver les entreprises

Fonds de solidarité élargi, exonération de charges, prêt garanti par l’Etat renforcé… Un milliard d’euros sont débloqués pour venir en aide notamment aux professionnels impactés par le couvre-feu.

 Bruno Le Maire lors de la conférence de presse Covid, ce jeudi, au sujet des mesures annoncées par Emmanuel Macron.
Bruno Le Maire lors de la conférence de presse Covid, ce jeudi, au sujet des mesures annoncées par Emmanuel Macron. AFP/Ludovic Marin

Bars, cafés, restaurants, hôtels, salles de cinéma, de théâtre ou clubs de sport. « Nous avons conscience que ces obligations sanitaires vont leur faire l'effet d'une douche froide », a reconnu Bruno Le Maire. Après le discours d'Emmanuel Macron, mercredi soir, le ministre de l'Economie, a annoncé ce jeudi une mise à jour des mesures de soutien pour venir en aide aux TPE-PME qui seront fermées à cause du couvre-feu, dès samedi de 21 heures à 6 heures.

Cette mesure « va avoir un impact direct sur des dizaines de milliers d'entreprises », a insisté Bruno Le Maire, assurant que le gouvernement va « apporter une réponse massive à une crise massive ». Avec la mise en place du couvre-feu dans neuf métropoles, les différents dispositifs existants vont être élargis.

Fonds de solidarité renforcé dans la zone du couvre-feu. Le dispositif sera étendu à toutes les entreprises de moins de 50 salariés, quel que soit leur secteur d'activité, à partir du moment où elles se trouvent dans la zone du couvre-feu. Celles qui ont subi une perte de 50 % de leur chiffre d'affaires pourront bénéficier d'une aide mensuelle allant jusqu'à 1 500 euros, « tant que le couvre-feu durera », a précisé le ministre. Par ailleurs, les TPE-PME des secteurs allant de l'hôtellerie, au commerce en passant par la restauration - les plus impactés par la crise - pourront bénéficier d'une aide mensuelle jusqu'à 10 000 euros, dès lors que la baisse de chiffre d'affaires est d'au moins 50 %. Jusqu'ici, les professionnels devaient prouver une diminution d'au moins 70 % pour en bénéficier. Enfin, le plafonnement de cette aide à 60 % du chiffre d'affaires sera supprimé.

Pas de charges sociales. « Toutes les entreprises fermées administrativement bénéficieront d'une exonération totale de leurs cotisations sociales patronales jusqu'à la fin du couvre-feu », a souligné Bruno Le Maire. Celles du secteur de l'hôtellerie-commerce-restauration (qui resteront ouvertes) pourront également bénéficier d'une exonération totale de cotisations sociales patronales, à partir de la perte de 50 % de leur chiffre d'affaires. « S'agissant des cotisations sociales salariales, nous apporterons une aide jusqu'à 20 % de la masse salariale qui permet de couvrir totalement le poids des charges sociales pour les entrepreneurs concernés », a précisé le patron de Bercy. Au total, ces nouvelles mesures annoncées dans le cadre du fonds de solidarité et de l'exonération de charges sociales représentent un milliard d'euros.

Les souscriptions de prêts garantis par l'Etat (PGE) prolongées… Si de nombreuses entreprises ont déjà fait appel à un PGE lors de la première vague, celles qui n'y avaient pas eu recours auront un délai supplémentaire pour en faire la demande auprès de leur banque. Ils ont jusqu'au 30 juin 2021, et non plus jusqu'au 31 décembre prochain.

… et leur remboursement décalé ? C'est en tout cas la demande de Bruno Le Maire au secteur bancaire. Pour éviter que l'étau des remboursements de resserre sur les entreprises, le ministre demande « à la Fédération bancaire française d'examiner un report du remboursement de ces prêts pour une année supplémentaire pour les entreprises qui en ont réellement besoin ».

Un numéro de téléphone unique pour les patrons désespérés. Les entreprises les plus en difficulté - celles qui ne parviennent pas, par exemple, à obtenir un PGE - peuvent contacter Bercy pour obtenir un prêt direct de l'Etat jusqu'au 30 juin 2021. Ce numéro sera disponible d'ici une quinzaine de jours.

Loyers, congés payés : ces problèmes qui restent en suspens. En début de semaine prochaine, le ministre en charge des TPE-PME, Alain Griset, doit réunir les principaux bailleurs pour trouver une solution concernant les loyers qui pèsent sur les entreprises. « Je suis prêt à discuter avec eux de toutes les solutions envisageables, y compris un crédit d'impôt pour les bailleurs », a d'ailleurs indiqué Bruno Le Maire. Les congés payés - « nous savons que c'est une bombe à retardement pour beaucoup de restaurateurs », a souligné le ministre de l'Economie, en référence au fait que les salariés en chômage partiel génèrent des jours de congés payés.