Coronavirus : les saisonniers de Lourdes désemparés face à leur avenir

Impactés par l’annulation des pèlerinages, un collectif de saisonniers réclame à l’Etat un prolongement de leurs droits au chômage pendant un an.

 Lourdes (Hautes-Pyrénées). Les saisonniers de la ville de pèlerinage n’ont pas vu leur contrat de travail renouvelé au printemps à cause de la crise sanitaire. Ils arrivent aujourd’hui en fin de droits.
Lourdes (Hautes-Pyrénées). Les saisonniers de la ville de pèlerinage n’ont pas vu leur contrat de travail renouvelé au printemps à cause de la crise sanitaire. Ils arrivent aujourd’hui en fin de droits. Collectif saisonniers

Face à la spécificité du site de Lourdes (Hautes-Pyrénées), dont l'économie est basée sur les pèlerinages, les saisonniers réclament un soutien fort de l'Etat. C'est pour porter la cause des 2400 travailleurs de la cité mariale que le Collectif des saisonniers de Lourdes et de la Vallée a été créé début octobre pour réclamer un prolongement de leurs droits au chômage pendant un an. Depuis le 21 novembre, la présidente de ce collectif, Axelle Richardson, a entamé une grève de la faim pour pointer la détresse de ces travailleurs qui n'ont droit à rien. Elle a aujourd'hui perdu 4,5 kg.

« Les saisonniers signent habituellement leur contrat en avril mais, avec le premier confinement au printemps, cela n'a pas été le cas et nous n'avons pas été mis au chômage partiel », raconte cette réceptionniste depuis quatre saisons dans un hôtel. « Au deuxième confinement, ces travailleurs basculent encore plus dans la précarité car nos droits au chômage vont prendre fin, faute d'avoir travaillé. Nous demandons donc à l'Etat l'octroi d'une année blanche et une reconnaissance de notre statut d'intermittent du travail, comme celui des intermittents du spectacle. »

500 saisonniers en fin de droits en décembre

Près de 500 saisonniers de Lourdes devraient se retrouver en fin de droits au chômage en décembre. Les établissements qui recrutaient des cuisiniers, guides conférenciers, femmes de chambre ou barmen dans la deuxième ville hôtelière de France n'ont pu les embaucher puisque les pèlerinages sont suspendus. « C'est la catastrophe, et il y a une vraie défaillance de l'Etat qui prône le chômage partiel ou demande de s'orienter vers des métiers de service à la personne, long en formation, souligne Axelle Richardson. Pour nous, le virus de la pauvreté va plus vite que celui du Covid. » Pour aider les saisonniers, le collectif a lancé une cagnotte en ligne.