Réouverture des commerces : un afflux de clients, mais pas de cohue à la Fnac des Halles

Pour le premier jour de réouverture des librairies, les acheteurs se sont précipités. Mais samedi en milieu d’après-midi, on circulait bien dans la Fnac du Forum des Halles, à Paris.

 A la Fnac du Forum des Halles (Paris Ier), il ne faut pourtant patienter que cinq à six minutes pour entrer dans le magasin, par salves d’une vingtaine de personnes.
A la Fnac du Forum des Halles (Paris Ier), il ne faut pourtant patienter que cinq à six minutes pour entrer dans le magasin, par salves d’une vingtaine de personnes. LP/Philippe Lavieille

Un peu d'attente, mais une circulation fluide dans les rayons. Ce samedi à 15 heures, en ce premier jour de réouverture des commerces « non essentiels », la queue s'étend sur une vingtaine de mètres devant la Fnac du Forum des Halles (Paris Ier). Il ne faut pourtant patienter que cinq à six minutes avant qu'un agent de sécurité muni d'un grand bidon de gel hydroalcoolique ne laisse entrer les clients, par salves d'une vingtaine de personnes.

Comme Mathieu, beaucoup attendaient la réouverture des commerces culturels avec impatience. « Ces dernières semaines, j'ai acheté des disques sur Internet, mais ils étaient rayés, raconte ce Parisien de 44 ans. J'ai plus confiance dans les magasins. » Dans le rayon disques, justement, Clémentine, 29 ans, porte une pile de vinyles, au sommet de laquelle trône un album de Ben Harper. « J'avais un bon d'achat inutilisable sur Internet et qui se périmait ce week-end », raconte la jeune femme.

Dans ce rayon comme parmi les étalages de DVD et de livres, il y a du monde, mais pas d'embouteillage. « Comme j'ai vu que la file d'attente avançait vite, je suis entrée, raconte Sarah, 17 ans, venue de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) pour un rendez-vous médical. J'en profite pour chercher un livre à offrir à mon frère pour Noël. » Au rayon polar, Camille, 31 ans, est elle aussi venue pour son frère : « Il aime les romans de fantasy médiévaux et je n'y connais rien. Je voulais l'avis d'une vraie personne, pas celui d'un site », sourit-elle en brandissant le roman conseillé par le chef du rayon.

«Les clients arrivent, font leurs achats et repartent assez vite»

Dans le hall du magasin, le directeur, Yann Andrieu, veille. « C'est très fluide, se félicite-t-il. Les clients arrivent, font leurs achats et repartent assez vite. » Ce samedi après-midi, 23 agents de sécurité sont postés un peu partout dans la Fnac des Halles — soit une demi-douzaine de plus qu'un samedi habituel. « Un logiciel nous permet de compter les gens qui entrent et ceux qui sortent, précise Yann Andrieu. Notre jauge maximale est de 850 personnes, mais à partir de 780, on fait patienter les gens dehors. »

Le patron du magasin attend un pic de fréquentation entre 16 heures et 18 heures. De fait, si vers 15h45, on n'attend que deux minutes dans la file unique qui dessert la vingtaine de caisses, à cette heure-là, devant la Fnac, la queue serpente sur une quarantaine de mètres. Et l'ado qui s'apprête à pénétrer dans le magasin nous confie avoir attendu quinze minutes. Une demi-heure plus tard, à quelques stations de métro de là, il n'y a pas de file d'attente devant la librairie Le Merle Moqueur (Paris XXe). Mais une quinzaine de clients patiente devant les caisses, les mains chargées… Exactement comme le 29 octobre dernier, à la veille de la fermeture des librairies.