Jeux vidéo : recours européen contre l’usure des manettes Nintendo Switch

La console à succès du constructeur japonais souffre d’une défaillance prématurée et fréquente de ses manettes.

 Les joysticks, notamment le gauche, des manettes de la Switch ont souvent un problème de conception. (illustration)
Les joysticks, notamment le gauche, des manettes de la Switch ont souvent un problème de conception. (illustration) LP/Olivier Arandel

Les associations de consommateurs passent au stade supérieur. Le problème récurrent des manettes de jeu défaillantes de la console Switch de Nintendo va dorénavant être porté au niveau européen.

L'organisation française UFC-Que Choisir annonce ce mercredi que « l'association se joint au Bureau Européen des Unions de Consommateurs (BEUC) pour enclencher le mécanisme européen d'alerte externe, et faire toute la lumière sur cette panne récurrente qui dépasse nos frontières ».

Le problème est appelé « Joy-Con drift ». Il renvoie au nom des manettes Joy-Con et au « mouvement » ou « dérive » (« drift », en anglais), que nombre d'entre elles finissent pas subir. En pratique, sans que le joueur ne cherche à effectuer le moindre déplacement, la manette en effectue quand même un tout seul, ce qui pose un gros souci en pleine partie. L'UFC qualifie ces déplacements de « mouvements fantômes ». Le problème viendrait d'une usure (très) prématurée de la base des joysticks, en particulier celui de gauche. L'organisation évoque deux causes possibles : « une usure des circuits imprimés et un défaut d'étanchéité qui entraîne une quantité inquiétante de débris et poussières au sein du joystick ».

Un problème très fréquent qui survient rapidement après l'achat

En janvier de l'année dernière, le directeur de Nintendo France a proposé de réparer gratuitement les manettes défectueuses, même si elles ne sont plus couvertes par la garantie. Mais selon l'association française, le problème de fond n'a pas été réglé. Que Choisir insiste sur la rapidité avec lequel il survient. « À la surprise des consommateurs, les manettes ont, dans la plupart des cas, subi ce dysfonctionnement après à peine un an d'utilisation (pour environ 60 % des consommateurs interrogés, et même moins de six mois pour 25 %) ! »

Que Choisir a déposé plainte en septembre 2020 contre Nintendo France pour obsolescence programmée, « forte de plus de 9100 témoignages de consommateurs attestant de la défectuosité de leurs manettes ». Depuis, d'autres associations de consommateurs belge, néerlandaise, portugaise, italienne, norvégienne, slovaque, slovène et grecque ont lancé des appels à témoignages. Près de 25 000 consommateurs européens se sont manifestés.

Le BEUC va lancer une alerte auprès de la Commission européenne et des autorités nationales de protection des consommateurs « via le mécanisme d'alerte externe, pour pratiques commerciales trompeuses, agressives et déloyales », précise l'UFC. L'action internationale vise à encourager le lancement d'une enquête européenne et à imposer à Nintendo le règlement de ces défaillances prématurées. Il s'agit de réparer gratuitement les manettes défectueuses et de prévenir de la durée de vie limitée de celles-ci, ajoute Que Choisir, qui appelle de nouveau les consommateurs touchés par la panne à se manifester.