Boom des surgelés : «Des produits rapides et pas chers qui se conservent longtemps»

A l’image de Gwenaëlle et Théo, les clients de l’hypermarché Auchan de Beauvais (Oise) consomment davantage de surgelés en cette période de crise du Covid-19.

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 Gwenaëlle et Théo, étudiants habitués à la cantine, mangent désormais chez eux tous les jours et consomment de plus en plus de surgelés.
Gwenaëlle et Théo, étudiants habitués à la cantine, mangent désormais chez eux tous les jours et consomment de plus en plus de surgelés. LP/Philippe de Poulpiquet

D'un geste décidé, Karine, 51 ans, se saisit d'un paquet de buns, ces petits pains fourrés à la viande. Puis c'est au tour d'une poêlée campagnarde de rejoindre son chariot de courses. Croisée dans l'une des allées de l'hypermarché Auchan à Beauvais (Oise), cette mère de trois grands enfants ne cache pas que sa consommation de surgelés a augmenté depuis un an avec l'arrivée du Covid-19 dans nos vies. « J'achète des plats cuisinés, des spécialités qu'on ne trouve pas en frais, explique cette élégante femme aux cheveux courts. Comme on est cinq à la maison, le soir, c'est pratique. Il y a juste à les sortir du congélateur quand on ne sait pas quoi faire à manger. »

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Si cette responsable logistique préfère toujours les légumes du petit producteur installé à côté de chez elle, à Ons-en-Bray, le Covid a quand même modifié ses habitudes de courses. « J'ai eu un cancer alors je préfère être prudente et n'aller en grandes surfaces qu'une fois par semaine, contre deux à trois fois avant », explique-t-elle.

La consommation de Karine a augmenté dans son foyer, depuis le début de la crise du Covid-19. LP/Philippe de Poulpiquet
La consommation de Karine a augmenté dans son foyer, depuis le début de la crise du Covid-19. LP/Philippe de Poulpiquet  

La longue conservation des surgelés, c'est aussi ce qui a convaincu Pauline, manager et mère de famille. « C'est pratique, on fait ses courses et on n'a plus besoin de ressortir avant une semaine, voire deux », explique la jeune femme pressée, poissons panés, steaks hachés et boulettes de bœuf surgelés à la main.

Un gain de temps sur le lavage et l'épluchage des légumes

« Moi je m'y suis mise depuis le couvre-feu, confie Mylène, 59 ans. Je ne fais plus les courses le samedi à cause de la foule. Avec les magasins fermés à 18 heures, les surgelés m'évitent d'être prise au dépourvu. » Cette sage-femme libérale ne mange ni conserve ni aucun produit transformé mais fait désormais l'achat « de légumes bio surgelés ».

Des courgettes et des carottes en rondelle, des oignons émincés et du brocoli garnissent également le chariot de Laëtitia, 43 ans. « Je suis en télétravail, je fais des heures supplémentaires. Les légumes surgelés m'économisent le temps de lavage, d'épluchage, de découpage, souligne cette organisatrice de visites médicales en entreprise. Et c'est aussi moins cher que le frais. » La mère de deux enfants est d'ailleurs persuadée que les prix ont augmenté depuis un an : « J'en avais pour 180 euros par semaine avant et 220 euros maintenant ».

Les ventes de surgelés auraient augmenté de 6% en un an, dans cet hypermarché Auchan de Beauvais. LP/Philippe de Poulpiquet
Les ventes de surgelés auraient augmenté de 6% en un an, dans cet hypermarché Auchan de Beauvais. LP/Philippe de Poulpiquet  

Le prix fait aussi partie de l'équation pour Gwenaëlle et Théo, étudiants en master pour devenir professeurs des écoles. « On prenait moins de surgelés avant, confie le couple âgé de 22 ans, une grande besace isotherme à la main. Avec la cantine fermée, on mange chez nous tous les jours. On achète des frites, du poisson pané, des nuggets… Bref, des produits rapides et pas chers qui se conservent longtemps. »

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Au début de la crise du Covid-19, Marlène Trioux, la responsable des produits frais du Auchan de Beauvais se souvient avoir « vendu énormément de légumes congelés quand les gens avaient peur que ceux du rayon frais aient été touchés ». Depuis, les clients achètent surtout de la viande (+ 7 % sur l'année) et du poisson surgelés (+ 11 %). « Les gens sortent moins de chez eux, consomment plus et font face à la problématique du pouvoir d'achat », constate aussi Sylvain Barbier, le directeur de l'hypermarché où les ventes au rayon surgelé ont augmenté de 6 % en un an.