Avec Bio c’Bon, Carrefour veut devenir un poids lourd du secteur

Entièrement rénovée par le leader français de la grande distribution, l’enseigne, présente avant tout dans les centres-villes, mise sur des prix doux et un nouveau programme de fidélité.

AbonnésCet article est réservé aux abonnés.
 Le groupe Carrefour possède 117 magasins Bio c’Bon (ici celui de la rue de Bourgogne à Paris) dans toute la France.
Le groupe Carrefour possède 117 magasins Bio c’Bon (ici celui de la rue de Bourgogne à Paris) dans toute la France. LP/Paul Lemaire

Depuis la rue du faubourg Saint-Martin, à Paris (Xe), on devine à travers la vitrine l'étal central présentant des fruits et légumes aux couleurs alléchantes. Puis, juste à côté, dans cette ancienne salle de cinéma transformée il y a quelques années en magasin bio, des « Croc Tofou » et un nombre important de produits végétaux, très prisés des végétariens, sans oublier des articles locaux comme ces bières régionales bien nommées Volcelest…

Bienvenue dans ce Bio c'Bon parisien, refait à neuf (nettoyage, peinture, mais aussi révision de l'assortiment, etc.) à la suite du rachat de l'enseigne Bio c'Bon par Carrefour. « Petit à petit, d'ici la fin février, nous allons rouvrir tous les Bio c'Bon que nous avons rachetés début novembre », annonce Benoît Soury, le directeur du marché bio du groupe Carrefour. Sachant que les anciens magasins Bio c'Bon souffraient (notamment) d'un loyer trop élevé rapporté au chiffre d'affaires, une négociation a été engagée en parallèle avec chaque bailleur afin de raboter au maximum le coût des loyers de tous ces magasins.

Le marché du bio bondit chaque année de 20 à 30 %

Cette acquisition récente témoigne en tout cas de la faim du géant de la grande distribution sur ce secteur : en plus de ses supers et hypermarchés, devenus leaders sur le marché bio de la grande distribution en France, Carrefour dispose donc de ses magasins de proximité So Bio et de 117 Bio c'Bon, dont le nombre est amené à grossir via l'acquisition de nouveaux emplacements — le dernier projet en date étant à Bordeaux (Gironde). Et puis, le groupe a également racheté à l'automne cinq magasins Bio Azur, implantés dans le Sud-ouest.

Il faut dire que le marché du bio a de quoi aiguiser bien des appétits. « En proximité, il bondit de 20 à 30 % par an depuis trois ans », rappelle Benoît Soury, qui précise que les réseaux Bio c'Bon et So Bio sont complémentaires. Si le premier correspond à des magasins de petites tailles (200 à 300 m2) essentiellement situés en centre-ville, le réseau So Bio, lui, est pour l'essentiel implanté en périphérie, avec bien plus de références en rayon et sur des formats deux à trois fois plus grands. Ce qui n'empêche pas, « à terme », une possible fusion de ces deux structures — une partie de leurs charges ayant déjà été centralisées. En l'espace de peu de temps, en tout cas, avec ces trois réseaux, Carrefour passera d'un chiffre d'affaires inexistant dans le monde du bio spécialisé à 400 millions d'euros d'ici deux ans.

Amandes, huile d'olive et œufs à des tarifs accessibles

Dans ce marché certes en forte croissance mais sur lequel de nombreuses enseignes sont solidement implantées (Biocoop, Naturalia, etc.), comment Bio c'Bon compte-t-il se démarquer de la concurrence? « Nous misons tout d'abord sur un positionnement prix bien plus compétitif qu'auparavant », avance Benoît Soury. Les amandes supérieures vendues en vrac que la plupart des magasins bios écoulent à raison de 3,5 ou 4 t par an? Elles s'affichent ici à 16,70 euros le kilo contre, « en moyenne, 18 ou 19 euros le kilo dans la grande distribution ». L'huile d'olive bio? La sélection de Bio c'Bon comporte un premier prix à 6,99 euros, contre 6,40 euros en hypermarché. Les œufs bios? Ils sont à 2,10 euros « contre 1,90 dans la grande distribution », poursuit le patron du bio, qui souligne que « tous les clients sont agréablement surpris par ces tarifs très attractifs ».

L'enseigne compte également sur un nouveau programme de fidélité simple et lisible pour garder sa clientèle. « Chaque mois, nos clients peuvent dépenser ce qu'ils ont cagnotté le mois d'avant », résume Benoit Soury. Et pas besoin de carte de fidélité : il suffit de donner son nom en passant en caisse.