Confinement : le spleen des bistrots en vidéo

Jonathan Perrut, jeune réalisateur de Granville (Manche), est à l’origine d’une initiative devenue virale sur les réseaux sociaux : les patrons de bars sont invités à se filmer pour témoigner de leurs difficultés et rester en contact avec leurs clients.

 Dans le Bar spleen challenge, on découvre des barmen livrés à eux-mêmes, seuls à leur comptoir, servant un verre à un client imaginaire, comme ici au bar Le Goéland 1951.
Dans le Bar spleen challenge, on découvre des barmen livrés à eux-mêmes, seuls à leur comptoir, servant un verre à un client imaginaire, comme ici au bar Le Goéland 1951. Facebook

L'initiative venue d'un jeune réalisateur, Jonathan Perrut, originaire de Granville (Manche), est en train de faire de très nombreux émules. Son idée est simple : proposer aux patrons de bars de filmer leur établissement pour faire part de leur mal-être mais surtout pour maintenir le contact avec la clientèle, à laquelle manque tant la chaleur de ces lieux.

« En échangeant avec les uns et les autres, on se rend compte que l'un de nos manques les plus forts en cette période, ce sont les retrouvailles au café. Et je me suis demandé ce qui pouvait bien se passer derrière ces rideaux baissés … C'est comme ça que j'ai eu l'idée d'aller frapper aux portes des bistrots et de filmer une image furtive de ces lieux que nous attendons et qui nous attendent depuis tous ces mois. Rapidement, l'idée s'est répandue et aujourd'hui les vidéos se multiplient pour alimenter ce qu'on a appelé le Bar Spleen Challenge, autrement dit : le défi du mal-être des bars », explique Jonathan Perrut.

Des images qui viennent de toute la France

Il s'agit, en 30 secondes, par un plan arrière allant du comptoir à la salle, de filmer le bar de l'intérieur, comme si on regardait secrètement à travers un œilleton. En quelques jours, ce simple clin d'œil à la profession est en train de devenir viral. Des vidéos commencent à affluer de Normandie mais aussi de Lille, de Rennes ou encore de cafés parisiens. On y découvre des barmen livrés à eux-mêmes, seuls à leur comptoir, servant un verre à un client imaginaire. Puis, peu à peu une salle vide, sans échange et sans rires. Rien d'autre que des chaises empilées et des tables bien rangées…

« L'idée, c'est le plus simplement du monde d'avoir une pensée pour ces lieux et ceux qui les font vivre. Et d'entretenir ainsi le lien, autant que possible, entre les patrons, les serveurs et les clients, en attendant que leurs portes puissent à nouveau s'ouvrir », conclut Jonathan Perrut.