Cafetiers et restaurateurs en colère : Philippe Etchebest appelle à manifester vendredi avec un brassard noir

Le chef étoilé de Bordeaux partage la colère des patrons de bars, cafés et restaurants des zones d’alerte maximale et renforcée, inquiets pour la santé de leurs établissements.

 Philippe Etchebest estime que les établissements respectent le protocole sanitaire et que les fermer, c’est en condamner beaucoup à la faillite.
Philippe Etchebest estime que les établissements respectent le protocole sanitaire et que les fermer, c’est en condamner beaucoup à la faillite. LP/Guillaume Georges

Coup de colère avant que le Premier ministre Jean Castex ne reçoive ce mardi matin, les représentants du secteur de l'hôtellerie et de la restauration à Matignon pour tenter de les rassurer. Les mesures de fermeture totale, à Aix-en-Provence, à Marseille et en Guadeloupe, et anticipée dans onze villes dont Paris, pour quinze jours, ont fait sortir de leurs gonds les professionnels du secteur, Philippe Etchebest en tête.

Lundi soir, sur France Info, le chef étoilé, connu du grand public pour sa participation à l'émission « Cauchemar en cuisine » et « Top Chef », a appelé ses confrères à témoigner leur colère et leur inquiétude, malgré les tentatives du gouvernement de rassurer la profession.

« Vendredi à 11h45, j'invite tous les restaurateurs, les artisans à se rassembler devant leur établissement, leurs commerces avec un brassard noir et tout leur personnel parce que notre personnel, nos équipes sont concernés », a lancé le patron du Quatrième mur, son restaurant à Bordeaux (Gironde).

« C'est une action pacifiste, sans violence, pas de désobéissance car je n'encourage pas cela, c'est juste pour montrer qu'on est là et qu'on est en train de mourir et qu'il faut absolument faire quelque chose. Il faut faire du bruit, montrer qu'on est là, qu'on est en train de crever », a défendu Philippe Etchebest.

«Tous les protocoles, on les respecte »

Selon lui, les deux mois et demi pendant lesquels les restaurants ont été fermés « ne seront jamais comblés ». Etchebest avait déjà poussé un coup de gueule pour défendre les bistrots au printemps. Fermés le 17 mars, comme la plupart des activités économiques, les cafés et restaurants avaient pu rouvrir le 2 juin dans les zones vertes. En Ile-de-France, en Guyane et à Mayotte, seules les terrasses étaient autorisées. Dans ces trois zones, les restaurants avaient pu rouvrir totalement le 15 juin. Des distances d'un mètre entre les tables doivent depuis être respectées, les grandes tablées sont interdites, et le masque est obligatoire pour le personnel, et pour les clients dès lors qu'ils se lèvent ou sont debout.

« Tous les protocoles qui nous ont été imposés, on les respecte. Pourquoi on serait plus dangereux que les gens qui font des réunions de famille dans des appartements ou des fêtes qui se passent en extérieur comme je peux le voir très régulièrement ? », s'est encore agacé l'ancien rugbyman.

Le taux de positivité au Covid-19 continue d'augmenter en France, selon les chiffres officiels publiés lundi. 4 069 nouvelles hospitalisations ont été enregistrées sur les sept derniers jours, dont 780 cas graves en réanimation et 81 personnes sont décédées dans les dernières 24 heures - contre 27 sur les 24 heures précédentes. Les cafetiers et restaurateurs ne comprennent pas pourquoi ils sont, par ces mesures de fermeture, pointés du doigt comme les responsables de la situation.

Jeudi, dans le XIe arrondissement, des restaurateurs avaient déjà témoigné leur colère. À Marseille, c'était vendredi et lundi. À Lille, ils appellent à se réunir ce mardi soir pour dénoncer « l'incohérence » de cette décision. C'est ce mardi aussi que le tribunal administratif de Marseille doit examiner le recours déposé par le président LR de la région Provence-Alpes-Côte D'Azur Renaud Muselier.