Temps partagé : directrice financière un jour, éleveuse de chevaux l’autre

Grâce au travail à temps partagé, Stéphanie Tison peut exercer son métier de directrice financière au service de PME tout en développant son élevage de chevaux dans l’Oise.

 Fay-les-Etangs (Oise), le 7 octobre. Stéphanie Tison a su trouver un équilibre entre son travail et sa passion.
Fay-les-Etangs (Oise), le 7 octobre. Stéphanie Tison a su trouver un équilibre entre son travail et sa passion. LP/Arnaud Dumontier

« Ce matin je suis allée dans les prés voir les chevaux. Et l'après-midi, en général, je télétravaille quand je ne suis pas en déplacement. » Bienvenue dans le quotidien de Stéphanie Tison, basée à côté de Chaumont-en-Vexin, dans l'Oise.

Cette quadra, mère de deux petites filles, a lancé en janvier dernier une nouvelle phase de sa carrière. Elle partage désormais ses journées entre famille, élevage de chevaux et activité de directrice financière à temps partagé. Jusqu'ici étaient connus les contrats à temps partiel, l'intérim, voire le portage salarial. Cette forme originale d'organisation du travail permet, elle, à des indépendants de proposer leurs services à plusieurs entreprises simultanément pour des fonctions administratives habituellement salariées.

Utile aux petites sociétés

Plus souple, elle se révèle utile pour des missions qui ne justifient pas une embauche, ou dépannent des sociétés trop petites pour recruter mais en manque de spécialistes dans des domaines comme la finance et la fiscalité que maîtrise cette diplômée de l'université Paris-Dauphine.

Ce mode de fonctionnement n'existait pas quand elle est partie à New York, à l'âge de 23 ans, chercher du travail en toquant avec culot aux portes des entreprises. « J'ai fini par être embauchée dans la filiale d'un groupe français qui vendait des logiciels spécialisés à des firmes de Wall Street. C'était très excitant », se remémore-t-elle.

Elle va vivre le rêve américain pendant sept ans avant de revenir en France au sein du même groupe, qu'elle a fini par quitter en 2017. « J'étais enceinte de mon deuxième enfant. C'était l'occasion de me poser et de faire le point, avance la mère de famille. Mais à aucun moment je n'ai eu l'idée d'abandonner mon travail de directrice financière. »

Elle fait donc une pause et s'immerge dans l'élevage de chevaux qu'elle pratiquait depuis quelques années pour le loisir avec son mari, lui-même cavalier. Stéphanie se prend au jeu : d'une seule jument, elle passe en trois ans à 25 chevaux.

Un réseau de cadres externalisés

« Les questions de croisements génétiques et l'amélioration des facultés sportives me passionnent », explique celle qui élève des équidés destinés au saut d'obstacles. L'intermède ne la détourne pas de son envie de reprendre son ancienne activité… sans abandonner la nouvelle. « Au départ, je partais dans l'idée de prendre un emploi salarié, mais je me suis heurtée à la réalité du marché du travail », développe l'éleveuse. Difficile de trouver un employeur prêt à donner sa confiance à une femme avec deux enfants et en charge d'un élevage pour être directrice financière quatre jours par semaine, en télétravail si possible…

Une somme de handicaps qui se transforment en opportunité pour l'indépendante lorsqu'elle découvre la notion de temps partagé. « Je suis tombée sur un réseau de cadres externalisés, dans divers domaines, qui délivre un accompagnement pour bien se vendre aux entreprises et se soutenir », raconte Stéphanie, un peu angoissée à l'époque de se lancer dans cette aventure avec toutes ses responsabilités.

En dépit du contexte Covid qui ne lui facilite pas la tâche, elle a su trouver clients et missions. Elle peut désormais s'organiser et s'épanouir dans les deux activités qui l'intéressent.