Smartphone, ordinateur... Zack fait le tri dans nos appareils électroniques

Tout au long de cette semaine, le Parisien - Aujourd’hui en France vous fait découvrir des entreprises de l’économie sociale. Zack est une start-up parisienne qui redonne vie à nos ordinateurs, téléphones et autres appareils électroniques... Une offre proposée aussi aux entreprises.

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 A 28 ans, Timothée Mével (à gauche) et Pierre-Emmanuel Saint-Esprit sont les fondateurs de Zack, start-up créée à Paris en 2016 pour donner une deuxième vie aux produits électroniques.
A 28 ans, Timothée Mével (à gauche) et Pierre-Emmanuel Saint-Esprit sont les fondateurs de Zack, start-up créée à Paris en 2016 pour donner une deuxième vie aux produits électroniques. Zack

Marre du gaspillage électronique et de tous ces produits qui finissent à la décharge? C'est pour lutter contre cela que Pierre-Emmanuel Saint-Esprit et Timothée Mével, entrepreneurs de 28 ans, s'efforcent par le biais de leur entreprise Zack, depuis près de cinq ans, de donner une seconde vie aux téléphones, tablettes, ordinateurs, scanners, radios, montres connectées… et pas seulement en les recyclant.

L'entreprise, branchée économie circulaire et économie sociale, figurait cette année parmi les 5 finalistes de la 14e édition du prix de l'entrepreneur social du Boston Consulting Group (prix attribué à To Good to go et Alenvi). Elle a plusieurs cordes à son arc : revente, don aux associations, réparation ou recyclage.

Une entreprise d'insertion dans le Val-de-Marne

Le principe est simple. Après avoir déterré de leurs placards, bureaux ou entrepôts les appareils électroniques non utilisés ou cassés, particuliers et entreprises peuvent ensuite en faire l'inventaire sur le site de Zack.eco. Selon leur état, ils peuvent eux-mêmes décider d'en faire don à des associations (pour des produits en état de marche), ou les revendre, en fonction de leurs caractéristiques (marque, ancienneté, valeur sur le marché de l'occasion, utilité en l'état). Ventes sur lesquelles Zack se prendra une commission de 30 %.

Grâce à son moteur de recherche dans lequel sont agrégées en permanence les transactions réalisées sur Ebay, leBoncoin, etc., le site peut proposer un prix corrélé à ceux pratiqués sur le marché. Les colis sont envoyés à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) dans une entreprise d'insertion professionnelle, qui en plus de tracer et trier les arrivages, est aussi habilitée à recycler ces appareils. Dans un délai de 30 jours maximum, les clients sauront à quelle sauce sera mangé leur colis.

Récupérer les appareils réparables

Pour les appareils n'étant pas en état de marche mais que Zack estime réparables, ils sont vendus à des clients industriels spécialisés dans le reconditionnement, qui les revendront ensuite sur des sites comme Backmarket. « On ne fait pas de reconditionnement » insiste Pierre-Emmanuel Saint Esprit. « Chez Backmarket, on achète des produits électroniques. Avec Zack, on s'en sépare », résume-t-il.

Pour écouler de gros volumes et adresser des entreprises, le site propose aussi des ventes aux enchères. Car cette année, Zack, qui espère renouer avec la rentabilité et atteindre les 3 millions d'euros de chiffre d'affaires, après une année 2020 stable à 1,3 million d'euros, veut se déployer sur la partie B to B, qui ne représente pour l'instant que 20 % de son activité. « Depuis 2016, on a réussi à créer une chaîne opérationnelle spécialisée dans les produits électroniques, en mesure de créer de gros volumes », insiste l'entrepreneur.

«Une PME nous a envoyé 200 autoradios de camions»

Certaines entreprises (TF1, Truffaut, Doctolib…) ont commencé à confier à Zack leurs stocks d'ordinateurs, scanners, terminaux de paiement… « Suite au démantèlement d'un magasin d'une marque de cosmétique, on a récupéré une espèce de scanner pour faire des soins de peau, détaille-t-il. Une autre PME nous a envoyé environ 200 autoradios de camions ! »

Smartphone, ordinateur... Zack fait le tri dans nos appareils électroniques

En les confiant à Zack, ces entreprises peuvent ainsi en mesurer l'impact sur leur bilan carbone. Ce qui à l'heure de l'accélération des politiques RSE, prend toute sa valeur. Entre 2016 et novembre 2020, Zack peut se targuer d'avoir sauvé de la décharge 300 tonnes de produits électroniques.

Son déploiement, Zack espère l'opérer en recrutant de nouveau. Mais avec sans doute un peu plus de prudence. En effet, après avoir massivement recruté en début d'année dernière et fonctionné avec une équipe de 22 personnes, Zack a dû vite faire marche et se séparer de près de la moitié de ses effectifs ainsi que de ses locaux dans le quartier du Sentier à Paris (IIe). « Entre le loyer et les salaires, les charges fixes étaient trop lourdes face à une activité en stagnation », admet Pierre-Emmanuel Saint-Esprit, dont la start-up a opté pour un espace de coworking chez WeWork, rue Lafayette (9e).