Prix de l’entrepreneur social : Alenvi veut faire avancer le secteur de l’aide à domicile

Cette entreprise sociale et solidaire, implantée en Ile-de-France et à Lyon, cherche à valoriser le travail des auxiliaires de vie. Elle est lauréate cette année du prix de l’entrepreneur social du Boston Consulting Group.

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 Co-fondée par Clément Saint-Olive en 2016, Alenvi œuvre dans le secteur de l’aide à domicile.
Co-fondée par Clément Saint-Olive en 2016, Alenvi œuvre dans le secteur de l’aide à domicile. Alenvi

Dorothée, Caroline, Isabelle… Rencontrer il y a cinq ans ces auxiliaires de vie a été un déclic pour Clément Saint Olive et ses anciens copains d'HEC. « Il y a un grand écart entre l'humanité de ce métier et leurs conditions de travail difficiles », réalise l'entrepreneur que l'idée de créer sa boîte démange depuis longtemps. Les quatre amis voient alors dans ce secteur intrinsèquement social, des opportunités pour le valoriser.

Depuis sa création, Alenvi s'est distinguée par la mise en place d'actions innovantes dans son secteur. Elle est cette année lauréate du 14 e prix de l'entrepreneur social du Boston Consulting Group (BCG).

Une tarification en fonction des revenus

C'est en tant qu'opérateur d'aide à domicile qu'Alenvi, basé dans le XIIe arrondissement parisien, démarre en mai 2016 avec comme premier objectif de rendre le métier d'auxiliaire de vie collectif et non plus solitaire. « Intégrées dans des équipes de six à huit, explique Clément Saint Olive, elles s'occupent ensemble d'une quinzaine de personnes, gèrent les plannings, prennent contact avec les aidants ». Le tout en leur offrant un temps complet et un salaire un peu plus élevé, soit 15 % au-dessus du smic. « On aimerait aller plus loin », promet Clément Saint Olive.

Pour les particuliers qui font appel à l'entreprise, les tarifs sont fixés sur la base des revenus, comme pour la cantine scolaire. Sur ce tarif, 80 % reviennent aux auxiliaires et 20 % aux frais de structure. L'entreprise s'appuie actuellement sur 80 auxiliaires réparties dans 13 équipes, en Ile-de-France et à Lyon (Rhône).

Une activité de formation continue

Souhaitant limiter la rentabilité de cette activité, pour répondre à ses objectifs sociaux et solidaires, Alenvi s'appuie plutôt sur un deuxième pilier pour dégager du profit : la formation continue, en e-learning et présentiel, avec un catalogue destiné à tous les professionnels du secteur : auxiliaires, encadrants et dirigeants de structure. « On a plus de valeur en accompagnant les entités existantes plutôt que de vouloir le faire que pour nous » analyse le cofondateur d'Alenvi.

Cette deuxième activité - 500 000 euros de chiffre d'affaires en 2020 - a ainsi triplé en un an face à un pôle aide à domicile certes plus gros - 1,5 million d'euros - mais avec une croissance moins forte l'année dernière en raison du Covid-19. En 2021, « la traction sera plus forte sur la formation qui devrait dépasser le million d'euros », estime Clément Saint Olive qui indique avoir formé 5000 professionnels l'année dernière.

Face à un vivier potentiel de 500 000 auxiliaires de vie en France, Alenvi vient de lancer Compani Formation, une application mobile gratuite avec options payantes. « Sous forme de petits jeux ou modules de 5 à 10 minutes, les intéressés apprennent par exemple les façons d'appréhender les troubles cognitifs, l'apprentissage des bons gestes et bonnes postures, ou la détection des signes d'isolement social ».

Des produits de formation qu'Alenvi veut rendre plus lisibles grâce à l'accompagnement du BCG.

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En plus de son label d'entreprise sociale et solidaire, Alenvi est une entreprise à mission depuis le début avec pour raison d'être l'envie d'humaniser l'accompagnement des personnes âgées en valorisant les professionnels et en réconciliant enjeux humains et économiques. Face à une pénurie de 170 000 auxiliaires de vie dans dix ans, Alenvi réfléchit aussi à une école du « prendre soin ».

 
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