Loiret : l’artisanat d’art à l’heure japonaise

Installée au sud d’Orléans, la céramiste Sandrine Ghestem pratique une technique de cuisson séculaire importée du Japon.

 La technique du Raku joue sur les variations de températures pour faire craqueler l’émail en surface.
La technique du Raku joue sur les variations de températures pour faire craqueler l’émail en surface. Sandrine Ghestem

Le secteur de l'artisanat d'art se porte plutôt bien. Il a même connu un rebond ces dernières années, avec un nombre d'entreprises passant de 38 460 en 2005 à 51 240 au dernier recensement, en 2017, d'après une enquête de l'Institut supérieur des métiers.

Parmi ces sociétés, des céramistes comme Sandrine Ghestem, qui transforment la terre avec passion. Installée dans son atelier à La Ferté-Saint-Aubin, elle retrace son parcours : « J'ai d'abord appris le métier à Paris avant de déménager dans le Loiret il y a une dizaine d'années. Je travaille la terre depuis vingt-cinq ans en autodidacte. Céramiste est l'un des plus vieux métiers du monde, mais il n'existe pas de diplôme spécifique à la pratique ». Le temps serait, d'après elle, le meilleur des alliés : « La connaissance technique est difficile à appréhender. Encore récemment, je me suis intéressée à la chimie moléculaire pour essayer de mieux comprendre le jeu des couleurs des émaux en fonction de la cuisson. »

Une boutique de créateurs à Orléans

La céramiste se distingue de la majorité de ses confrères par une technique de cuisson particulière, dite du raku. « C'est le nom de son inventeur japonais, développe-t-elle. On joue avec les flammes sur les variations de températures pour faire craqueler l'émail en surface. »

Grâce à son savoir-faire, Sandrine Ghestem conçoit des objets décoratifs appréciés par une clientèle d'environ 30 à 50 ans et sensibles à l'artisanat. Le produit phare ? Le bol à thé traditionnel japonais chawan, vendu 25 euros pièce. On le retrouve parmi les autres créations de Sandrine Ghestem sur les marchés artisanaux de la région, lors d'expositions et à l'Atelier Ilu d'Orléans (Loiret), une boutique de créateurs qu'elle partage avec trois autres artisans associés.

« Cela fait deux ans que nous l'avons ouverte en centre-ville. Nous accueillons une trentaine de clients par jour et assurons à tour de rôle les permanences. Le panier moyen y est de 25 euros pour un chiffre d'affaires mensuel de 4000 euros », détaille-t-elle.

Des cours ponctuels

Pour diversifier les produits, la boutique présente tous les 4 mois les créations d'une dizaine d'artisans différents. Le créateur est rétribué sur chaque vente par une commission. Sandrine Ghestem propose occasionnellement des stages ou cours de céramique et de cuisson raku. Ils sont facturés 30 euros les deux heures ou 130 euros le forfait de dix heures. Cela complète son chiffre d'affaires qui avoisine les 12 000 euros annuels.

« A l'avenir, j'aimerais consacrer plus de temps à travailler les émaux. Produire pour produire enlève de l'âme aux créations et le public ne s'y trompe pas ». Un public qui, assure-t-elle, a besoin de voir ses céramiques pour se laisser tenter : « J'ai essayé la vente sur Internet et en marketplace, mais la céramique se regarde avec les mains… Et se façonne avec passion ».