La première gourde en inox 100 % française est produite à Vire chez Guy Degrenne

La start-up Zeste s’est alliée à l’entreprise viroise Degrenne, spécialiste des arts de la table, pour produire la première gourde en inox intégralement fabriquée en France. Les débuts sont prometteurs.

 Pierre Tucoulat, fondateur de la start-up Zeste, Géraldine Hottier-Fayon, présidente de Degrenne et Pierre Le Moal, directeur de l’usine Degrenne de Vire, posent devant une des presses qui fabriquera la première gourde en inox 100 % française.
Pierre Tucoulat, fondateur de la start-up Zeste, Géraldine Hottier-Fayon, présidente de Degrenne et Pierre Le Moal, directeur de l’usine Degrenne de Vire, posent devant une des presses qui fabriquera la première gourde en inox 100 % française. LP/Esteban Pinel

Le baptême est sur le point d'être réussi. Les premières gourdes de la start-up Zeste sont presque intégralement commandées, à peine plus de deux semaines après le lancement de la présérie. « J'avais constaté qu'il n'existait pas de gourde en inox 100 % française, glisse Pierre Tucoulat, fondateur (en janvier 2019) de Zeste. Aujourd'hui, nous sommes les seuls à le faire. Le bouchon est fait près de Rennes et le reste est produit à Vire, par Degrenne. »

L'entrepreneur est accueilli avec entrain sur le site historique du groupe spécialisé dans les arts de la table. C'est dans ce bâtiment de 35 000 m2, dominé par un paysage bocager, que son produit a été affiné, en vue de sa conception. « Dès le début de l'aventure, en 2019, nous nous sommes rapprochés de Degrenne, raconte Pierre Tucoulat. Peu d'usines peuvent travailler sur notre projet comme eux l'ont fait. »

Et si elle devenait le cadeau de Noël ?

Mais ledit projet en valait la peine assure la présidente du groupe, Géraldine Hottier-Fayon : « Nous avons investi sur cette gourde, en temps, en machinerie et sur les matières. Mais ça a du sens. Les gens s'intéressent davantage à leur alimentation et ses contenants. On va vers un localisme plus éclairé. »

Degrenne, qui fournit plusieurs pièces (assiettes, cuillères, théière et même coquetier) à la boutique de l'Elysée, mise sur la gourde de Zeste et compte bien la distribuer dans ses boutiques pour Noël. Preuve que le test de la présérie est définitivement concluant. De quoi se projeter sur la suite : « L'année prochaine, nous lancerons des séries plus importantes, avec environ 15 000 gourdes », indique le fondateur de la start-up. Un volume à destination d'entreprises, de distributeurs mais aussi en vente directe sur le site de Zeste, qui a précisément vu le jour sur ce format digital.

Le monde de l'Education s'y met

Pierre Tucoulat et Géraldine Hottier-Fayon confient se tenir prêt à produire encore davantage. « Le monde de l'éducation n'est pas loin de basculer vers ce genre de produit. Déjà, des établissements incitent leurs élèves à se procurer des contenants réutilisables », note la présidente de Degrenne. Son partenaire lui emboîte le pas : « Tous les deux jours, un lycée nous appelle pour se renseigner sur notre gourde. » Degrenne verrait d'un bon œil une impulsion publique pour des produits comme la gourde en inox viroise. « On entend des discours sur le made in France, mais il faut aussi des actes. On ne désespère pas de voir des structures publiques acheter ce genre de produit. »

Dans l'usine de Vire, des presses ont été adaptées pour fabriquer la gourde. Un petit format, au design épuré, qui pourrait, à l'avenir, voir quelques fantaisies décorer sa coque. L'usine calvadosienne a tous les équipements nécessaires. « Le bouchon apporte de la couleur. Notre communication se veut aussi très colorée. Et on peut imaginer des gravures, des motifs », s'enthousiasme Pierre Tucoulat.

Sa gourde, au prix de 35 €, se fait déjà sa place chez Degrenne. Un partenariat bienvenu, alors que l'effondrement du tourisme affecte l'activité de l'entreprise sur les couverts. Impatiente de voir la gourde sur les étals de ses boutiques, Géraldine Hottier-Fayon résume clairement les choses : « On y croit. C'est un produit qui nous parle. Le made in France, ça nous connaît. »