French Tech : RaiseLab, une «villa Medicis» des entrepreneurs innovants à Paris

Ce lieu pensé pour favoriser la réalisation de projets communs entre grands groupes et start-up vient d’ouvrir ses portes près de République (XIe). Nous avons pu le découvrir en avant-première.

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 RaiseLab s’étend sur 8 étages, du rez-de-chaussée avec restaurant au rooftop en passant par un hôtel au 3e étage.
RaiseLab s’étend sur 8 étages, du rez-de-chaussée avec restaurant au rooftop en passant par un hôtel au 3e étage. LP/Delphine Goldsztejn

Les techniciens s'affairent encore sur les travaux d'aménagement qui ne sont pas terminés. Pourtant le jour de l'ouverture, mercredi, et en dépit de la crise du Covid-19, une trentaine de travailleurs nomades ont déjà investi la « maison » : 8 étages et 2500 m2 d'espaces ouverts aux grands groupes et aux entrepreneurs innovants. Situé à deux pas de la place de la République, rue de la Fontaine-au-Roi dans le XIe arrondissement parisien, RaiseLab se veut « le plus grand bâtiment dédié à la French Tech, derrière Station F ».

Mais pour ses fondateurs, le concept est tout à fait différent du campus géant de Xavier Niel. « Station F est un accélérateur de start-up. Nous sommes plutôt un accélérateur de projets », avance Paul Jeannest, son directeur général.

Espace de travail au 4e étage./LP/Delphine Goldsztejn
Espace de travail au 4e étage./LP/Delphine Goldsztejn  

Ni incubateur ni centre de coworking. « RaiseLab est le premier lieu dédié à la collaboration entre grands groupes et start-up, avec pour objectif l'aboutissement de projets concrets », affirme Paul Jeannest.

Pour lui, tout est parti d'un constat : « Habituellement quand les grands groupes font appel à une start-up, ils lancent un POC (proof of concept), un prototype d'une première solution. Mais dans la grande majorité des cas, ce POC ne débouche sur aucune relation pérenne. Nous voulons être le premier acteur à améliorer cette collaboration entre David et Goliath en proposant un écosystème destiné à apporter la culture du résultat dans des projets d'open innovation. »

Pour Paul Jeannest, directeur général de RaiseLab, l’objectif de ce lieu est « l’aboutissement de projets concrets ». LP/Delphine Goldsztejn
Pour Paul Jeannest, directeur général de RaiseLab, l’objectif de ce lieu est « l’aboutissement de projets concrets ». LP/Delphine Goldsztejn  

Initialement pensé comme une « villa Medicis des entrepreneurs », en référence aux artistes hébergés à Rome (Italie) pour favoriser leur créativité, ce nouveau lieu est le fruit d'une joint-venture entre Raise, société d'investissement spécialisée dans l'accompagnement des jeunes entrepreneurs et le studio d'innovation Schoolab.

Le bâtiment – ancien showroom du fabricant d'instruments de musique Selmer, acquis par Raise immobilier – abritera à terme 200 postes de travail pour une dizaine de start-up et 5 grands groupes résidents de façon permanente. Outre les principaux partenaires (Veolia et la région Ile-de-France), SNCF, Sisley, la Société Générale ou Enedis participeront. « Beaucoup d'autres viendront de manière ponctuelle pour contribuer à la communauté », précise Paul Jeannest.

Un rooftop avec vue à 360° sur Paris

Les lieux sont aménagés pour favoriser au maximum les échanges. Bureaux, salles de réunion, espaces d'événementiel dont un rooftop avec vue à 360° sur Paris, restaurant sous verrière… et 7 chambres d'hôtel au 3e étage pour les résidents ou les start-up de passage à Paris (160 à 180 euros HT la nuit).

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Plusieurs jeunes pousses ont été associées à la conception : Castalie pour les fontaines à eau, Tediber pour les matelas, Cleany pour le nettoyage, Lemon Tri pour le recyclage, Natural Grass pour les pelouses du rooftop…

Le rooftop au 6e étage./LP/Delphine Goldsztejn
Le rooftop au 6e étage./LP/Delphine Goldsztejn  

Pour résider sur place (475 euros par mois et par poste), les start-up devront passer une étape de sélection et avoir déjà atteint un certain niveau de maturité. Les grands groupes, eux, s'engagent sur un budget compris entre 250 000 et 400 000 euros annuels et bénéficieront de l'expertise de Raise dans la définition de leurs besoins et l'identification des jeunes entreprises susceptibles de leur apporter une solution.

Ce mercredi, Olivier Tridon, directeur open innovation pour le groupe Veolia, était l'un des premiers sur place. « Nous avons identifié plusieurs projets sur lesquels nous allons avoir besoin de collaborations extérieures : nous cherchons par exemple des solutions pour gérer la qualité de l'air, pour capturer et stocker le carbone », déclare le directeur. D'ores et déjà, un rendez-vous a été fixé avec Datapred, une start-up proposant de rationaliser la politique d'achat fournisseurs.

«Un lieu très inspirant»

DRH de Linkfluence, Claire Bouzigues est quant à elle venue en repérage. Le 1er mars, cette start-up de social intelligence (veille sur les réseaux sociaux) quittera ses locaux du IXe arrondissement pour installer la moitié de ses 105 salariés chez RaiseLab. « Nous voulons tester le flex office et bénéficier d'un écosystème pour créer des opportunités », annonce-t-elle avec enthousiasme.

Florence Brachet Champsaur est quant à elle cheffe du service patrimoine et mécénat de la SNCF. Elle compte venir régulièrement ici pour bénéficier d'un accompagnement sur les projets qu'elle développe avec trois start-up, dont « une collecte de dons par code QR à la gare de Limoges ».

Elle aura sans doute l'occasion de discuter avec Damien Créquer. Le cofondateur de French Talent studio, qui réfléchit au futur des ressources humaines, a réservé 4 postes et 8 badges à partager avec ses partenaires. « Nous sommes une petite structure qui n'a pas les moyens de faire de l'innovation toute seule. Et ici, c'est un lieu très inspirant. »