Entrepreneuriat : comment savoir si l’on est fait pour être son propre patron

Tenter l’aventure… mais ne pas se lancer sans filet : plusieurs dispositifs permettent à l’apprenti patron d’assurer ses arrières.

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 Les couveuses, incubateurs et accélérateurs aident à construire un business plan, convaincre les banquiers, gérer la trésorerie.
Les couveuses, incubateurs et accélérateurs aident à construire un business plan, convaincre les banquiers, gérer la trésorerie. iStock/South agency

Malgré la crise du Covid-19, les confinements, les incertitudes, nombreux sont les aspirants à la création d'entreprise. Certains ont la fibre pour cela, d'autres y trouvent une issue de secours dans cette conjoncture sinistrée. En 2020, 848 164 sociétés ont été créées, selon l'Insee, contre 815 257 l'année précédente. Pas si simple, cependant, de se lancer.

Pour ne pas prendre un risque inconsidéré, voici quelques astuces qui permettent de tester son concept, le marché et même la vie de chef d'entreprise avant d'y aller pour de bon.

Tester son concept

« Pour devenir chef d'entreprise, il faut une certaine maturité et de bons réflexes. Cela s'apprend, se prépare. Il existe en France de nombreuses structures qui accompagnent les porteurs de projet et les aident à faire mûrir leur concept », souligne Laurent Mabire, chef de projet entrepreneuriat au sein de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Paris Ile-de-France.

Au cluster Silver Valley, réseau d'entreprises spécialisées dans le marché des seniors, tous les jeunes adhérents commencent par tester leur idée de produit ou de service auprès de bénévoles âgés de 60 à 90 ans. « Ces concept crashs permettent d'ajuster le projet, ou même de l'abandonner s'il ne correspond pas aux besoins des futurs clients », explique Nicolas Menet, directeur général de Silver Valley.

Les couveuses, incubateurs et accélérateurs offrent ce même type de services. Des experts spécialisés sur un marché questionnent les futurs dirigeants et les poussent dans leurs retranchements : à quels besoins répondez-vous? Qu'apportez-vous par rapport à vos concurrents? D'autres intervenants, chacun spécialisé dans sa branche, leur apprennent à construire un business plan, à convaincre les banquiers, à gérer leur trésorerie ou encore à concevoir un site de ventes en ligne.

Pour adhérer à une couveuse, nul besoin d'un numéro de Siret. Contrairement aux incubateurs et accélérateurs, elles accueillent les porteurs de projet n'ayant pas encore de structure juridique. Les accélérateurs préparent, eux, intensivement au métier de chef d'entreprise sur une courte période. Le programme Start Entrepreneurs, de la CCI Paris Ile-de-France, dure ainsi cinq mois à raison de deux ou trois jours d'ateliers et entretiens mensuels.

Sonder son marché sans frais

En quelques clics sur le site de l'Urssaf, un salarié peut créer sa microentreprise. Il y déclare chaque mois ou chaque trimestre son chiffre d'affaires. S'il ne gagne rien, il ne paie rien : ni taxes, ni charges. « Ce régime permet de tester son marché et de se construire une clientèle, tout en restant salarié », explique encore Laurent Mabire.

Il est toutefois soumis à des plafonds : de 72 500 euros de chiffre d'affaires annuel, pour les prestations de services, à 176 200 euros annuels pour une activité commerciale.

Essayer la casquette de dirigeant

Jérôme Tarting, président de Karburan, spécialisé dans le portage salarial, a lancé fin 2020 la « location d'entreprise ». « On loue tout… sauf des bureaux », explique-t-il. Karburan a enregistré auprès du greffe 200 sociétés par action simplifiée unipersonnelle (SASU). Des coquilles vides qui cherchent des occupants pour trois mois renouvelables. Moyennant un loyer de 350 à 800 euros hors taxe, le locataire démarre clés en main et sous 48 heures son activité professionnelle. « Il se concentre sur son travail, nous nous occupons du reste : ouverture d'un compte bancaire professionnel, contrat d'assurance, relations avec l'administration fiscale, outils pour gérer la trésorerie et établir des factures », déroule Jérôme Tarting.

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Cette location s'adresse uniquement aux activités relevant de la prestation de service intellectuel (création d'un blog, formation, conseil aux entreprises, etc.). Le locataire facture sans limite de montant (contrairement à la microentreprise) et peut faire appel à des sous-traitants. Il se paie grâce aux dividendes qu'il peut générer et se fait rembourser les frais professionnels.

Toutefois, il ne peut ni embaucher ni avoir le statut de dirigeant salarié. Si l'essai s'avère concluant, le locataire peut ensuite devenir propriétaire en rachetant à Karburan pour un euro symbolique la SASU créée par ses soins.