Entreprendre en région : Ils ont sauté le pas

Témoignage de 2 entrepreneurs qui ont changé de vie et qui ont quitté Paris pour partir d'installer et entreprendre en régions

Matthieu Gailly, 35 ans, cogérant chez Biscuits Joyeux, Dinard (Ile-et-Vilaine)
Matthieu Gailly, 35 ans, cogérant chez Biscuits Joyeux, Dinard (Ile-et-Vilaine) DR

«J'ai trouvé à Orléans »

Olivier de Bussac, 47 ans, président de Panibois (emballages), Orléans (Loiret)

« Il y a 8 ans, j'ai changé de vie pour à la fois quitter l'Ile-de-France et devenir mon propre patron. J'étais ingénieur télécoms et je ne supportais plus ma vie de salarié. Dans ces moments-là, il faut juste réfléchir à ce que l'on veut et à ce que l'on ne veut plus avant de se lancer. Si je rêvais d'indépendance, je ne voulais pas non plus commencer seul ni partir d'une feuille blanche. C'est pourquoi l'idée d'une reprise d'entreprise m'a semblé la plus adaptée. Au final, mon changement de vie m'a pris quatorze mois. J'ai pris mon temps avant de déménager ma famille et mon épouse, consultante, qui avait elle aussi son activité. Je me suis formé auprès du CRA (Cédants et repreneurs d'affaires), qui propose de très bons accompagne-ments, puis je suis parti en quête d'une entreprise à reprendre. A l'origine, je pensais plutôt à l'ouest de la France, autour de Nantes, pour ne pas être à plus de deux heures trente de Paris. J'avais aussi délimité un périmètre d'activités et exclu l'emballage et l'agroalimentaire, secteur où j'évolue justement aujourd'hui ! Mon message aujourd'hui est qu'il faut se laisser surprendre et porter par les rencontres. C'est un autre repreneur, que j'avais rencontré pendant mes recherches, qui m'a parlé de Panibois, une PME qui fabrique des bar- quettes en bois pour l'alimentaire, à Marcilly-en- Villette, dans le Loiret. Lui cherchait plutôt à Paris et m'a dit que cette entreprise me correspondrait bien. Il avait absolument raison. Je cherchais à Nantes et j'ai trouvé à Orléans. Je m'y suis installé avec ma famille et je ne l'ai jamais regretté. Nous sommes très heureux, la boîte et ses 46 salariés se portent bien et je m'épanouis totalement dans ce que je fais. »

«Soyez curieux, ayez du culot !»

Matthieu Gailly, 35 ans, cogérant chez Biscuits Joyeux, Dinard (lle-et-Vilaine)

«Contrairement à beaucoup d'autres cadres comme nous, nous n'étions pas lassés de la capitale quand nous sommes partis – du moins, pas encore… Nous étions, avec Caroline, mon épouse, assez satisfaits dans notre vie professionnelle et nous adorions Paris. Nous avions certes l'idée, à moyen terme, de reprendre une entreprise, si possible dans l'agroalimentaire et en région pour élever nos deux jeunes enfants au vert, mais il n'y avait aucune urgence. Cependant, une opportunité s'est présentée. Je suis originaire de Dinard, en Bretagne. Un jour, lors d'un séjour là-bas, sur le marché, j'ai appris que l'entreprise Biscuits Joyeux, que je connaissais depuis toujours comme client, allait s'arrêter parce que ses gérants partaient à la retraite. C'était une occasion inratable. J'adorais déjà leurs produits et je mesurais également tout le potentiel de cette belle marque. Nous avons alors décidé de nous lancer et de changer de vie. Il nous a fallu un an pour nous mettre d'accord avec les cédants et quitter nos emplois, et nous avons déménagé en Bretagne avec nos deux enfants. Nous avons ainsi quitté Paris un peu plus tôt que prévu ! C'était une occasion à saisir car je suis très attaché à la gastronomie et l'idée de relancer une belle entreprise, ancrée dans une tradition, me plaisait bien. Quand nous l'avons reprise, en 2016, les quatre gérants partaient à la retraite. Depuis, nous avons embauché une quarantaine de salariés, sur quatre points de vente. Aujourd'hui, nous sommes follement heureux, en bord de mer et épanouis dans notre entreprise. Mon conseil à d'autres candidats au départ est d'être curieux et d'avoir du culot. C'est en rêvant et en allant au contact d'entrepreneurs que l'on peut découvrir ce type d'opportunité. »

CONSULTEZ AUSSI

> Entrepreneurs, les régions ont des atouts pour vous convaincre

> Quitter Paris pour la province : 5 règles d'or avant de se décider

> S'installer en région : «Beaucoup de possibilités de reprises d'activités »

> Mobilité post confinement : la revanche des villes moyennes