Déserts médicaux : Toutenkamion mise sur la médecine mobile

Les soins itinérants sont une réponse possible aux déserts médicaux, surtout en ces temps d’urgence sanitaire. A Ladon (Loiret), cet aménageur de camions a déjà compris l’enjeu.

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 La société a honoré une commande de camions destinés au dépistage du cancer du sein en Arabie saoudite. DR
La société a honoré une commande de camions destinés au dépistage du cancer du sein en Arabie saoudite. DR 

Pour gagner en efficacité, désengorger les hôpitaux et assister les infirmiers, des « médicobus » pourraient bientôt se déployer sur le territoire. Le département de l'Orne s'est récemment porté candidat pour expérimenter un véhicule qui sillonnera les villages avec tout le nécessaire de vaccination contre le Covid-19.

« Il s'agit de camions similaires à ceux utilisés autrefois par la médecine du travail ou pour le don du sang », explique Stéphane Girerd, PDG de Toutenkamion.

Depuis près de 100 ans, cette société basée à Ladon, dans le Loiret, est spécialisée dans la transformation de poids lourds. « Elle a été fondée en 1936 par un charron, métier d'antan de réparation des véhicules de transport, raconte-t-il. Au fil des décennies, elle est devenue le leader européen en conception et modification d'unités mobiles. »

Les 235 salariés de Toutenkamion, répartis sur trois sites en France (Loiret, Ain et Ille-et-Vilaine), travaillent sur des poids lourds qu'ils adaptent à la demande : pour le milieu médical, de la sécurité, ou encore dans le domaine de la formation ou de l'événementiel. « On a par exemple mis au point ces régies mobiles TV qui vont de stade en stade pour la diffusion des rencontres sportives », illustre Stéphane Girerd.

Des contrats en Afrique ou en Asie

Le président de Toutenkamion est à la tête d'une PME qui a réalisé 23 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020. Ce succès s'explique notamment par le volume de transformations effectuées : près de 1000 chaque année, dont le coût unitaire peut monter jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'euros.

« Un camion TV, c'est 15 000 heures de travail, une unité médicalisée, entre 300 et 600 heures », calcule Stéphane Girerd. Chaque commande est différente et couvre un large panel de métiers (plasturgie, métallurgie, menuiserie…). C'est sur place à Ladon, que sont conçus et fabriqués les châssis ou cloisons et les cabines ajustées.

La société exporte son savoir-faire dans une trentaine de pays. Récemment, le volet médical a pris de l'ampleur, constate Stéphane Girerd. « Dans les pays en voie de développement d'Afrique et d'Asie surtout, nous avons décroché des contrats avec des gouvernements et des ONG installées localement pour des unités mobiles d'intervention ou de dépistage du cancer du sein par exemple », détaille-t-il.

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S'il reconnaît que la France a « moins cette culture du médical mobile », l'actuelle pandémie risque de changer la donne. Leurs camions peuvent se déplacer partout, y compris dans les déserts médicaux.

« Nous avons notamment mis au point avec Siemens une unité de réanimation mobile en réponse à l'épidémie de Covid-19, rappelle le PDG. Des médicobus pour la vaccination sont aussi à l'étude. Nos produits évoluent. » Et Toutenkamion compte bien ne pas s'arrêter là.