Cette entreprise spécialisée dans l'agriculture connectée peine à recruter

ITK, une entreprise basée près de Montpellier (Hérault) est devenue une référence en matière d'agriculture connectée. Mais pour répondre à la demande internationale, elle cherche des candidats.

Domaine de la Jasse, Combaillaux (Hérault), lundi. Eric Jallas a fondé ITK, entreprise leader dans le domaine de la viticulture et de l’agriculture connectée, permettant d’optimiser la gestion de l’eau et l’utilisation de produits phytosanitaires.
Domaine de la Jasse, Combaillaux (Hérault), lundi. Eric Jallas a fondé ITK, entreprise leader dans le domaine de la viticulture et de l’agriculture connectée, permettant d’optimiser la gestion de l’eau et l’utilisation de produits phytosanitaires. TOPSUD NEWS

Ses domaines d'activité ne cessent de croître : en 2018, ITK (Intelligence Technology & Knowledge) va connecter des centaines d'hectares d'amandiers en Californie, réputée pour sa sécheresse. Il s'agira d'anticiper leur stress hydrique et d'apporter, grâce à une application dédiée (Vintel), l'eau nécessaire pour optimiser la croissance de l'arbre et la production de fruits. La modélisation mathématique et la transposition des algorithmes à l'agronomie, c'est la spécialité d'Eric Jallas, ancien chercheur au Cirad (Centre international de recherche agronomique et pour le développement) qui a créé ITK en 2003.

Basée à la pépinière d'entreprises Cap Alpha de Clapiers (Hérault), près de Montpellier, l'entreprise emploie 110 personnes, dont 80 % de docteurs ou d'ingénieurs. « Le modèle que nous avons mis au point fonctionne parfaitement avec la vigne. Les viticulteurs qui l'ont choisi pilotent depuis leurs ordinateurs la fourniture en eau et le dosage des intrants, notamment les pesticides. C'est une aide précieuse à la décision. Et nous avons adapté ce modèle au soja, au blé, au coton », explique le président-fondateur de l'entreprise, considéré aux Etats-Unis comme l'un des experts mondiaux sur le sujet de l'agriculture connectée.

Succès aux Etats-Unis, un peu moins en France

En 2016, ITK a passé un accord commercial avec le géant américain Verizon (13e société mondiale) pour intégrer sa plate-forme des objets connectés. Depuis ? La société a déjà placé plus de 1 500 débitmètres intelligents pour gérer des centaines d'hectares dans la Napa Valley américaine, dans le Languedoc et le Bordelais, même si les producteurs français semblent plus difficiles à évangéliser que les Américains. Et, depuis près de deux ans, ITK s'intéresse aussi à la connexion des animaux d'élevage pour surveiller leur bonne santé en temps réel et optimiser la production de lait et de veaux, notamment. En 2016, l'entreprise a en effet sauvé de la faillite la petite start-up bretonne Medria, spécialisée dans le suivi et le contrôle de la santé des bovins par capteurs. Elle a intégré ce savoir-faire à sa panoplie.

« On peut estimer que 350 000 vaches sont aujourd'hui sous surveillance sanitaire permanente. C'est un bon début. On va aussi s'intéresser aux autres animaux et aux pâturages pour fournir une offre globale. Nous sommes une passerelle entre la recherche scientifique et l'agriculture », ajoute Laïd Hafssa, directeur commercial.

Eric Jallas prévoit de doubler la taille d'ITK afin de développer ses algorithmes et ses applications pour faire face à la demande mondiale d'optimisation de toutes les productions. « D'ici 2019, on doit passer de 110 à 250 personnes mais à la condition de trouver les docteurs et les ingénieurs que nous peinons toujours à recruter ! » poursuit le boss, qui vient de recevoir le prix de la croissance rentable (Technology Fast 50) décerné par le cabinet d'audit et de conseil Deloitte.