Bridgestone : cinq mois après l’annonce de la fermeture de l’usine de Béthune, un PSE signé

Les mesures devraient favoriser des départs anticipés, des préretraites, ainsi que des indemnités supra-légales de départ et des reclassements internes et externes.

L'entrée du site de Béthune en septembre 2020, après l'annonce de la fermeture.
L'entrée du site de Béthune en septembre 2020, après l'annonce de la fermeture. FRANCOIS GREUEZ/SIPA

L’avenir des employés de l’usine Bridgestone de Béthune est scellé, contrairement à celui du site. Les syndicats et la direction de l’usine ont signé vendredi à l’unanimité le Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), cinq mois après l’annonce de la fermeture de ce seul du géant japonais du pneumatique employant 863 personnes, a annoncé la direction. Aucun projet de reprise totale du site ne semble en revanche émerger.

Selon la direction, un « accord unanime » a été trouvé sur les mesures sociales d’accompagnement des salariés de l’unique usine française du géant japonais du pneumatique, implantée depuis 60 ans dans cette ville de l’ancien bassin minier.

« Les mesures définies permettront de répondre au maximum de situations individuelles et d’accompagner les projets de reconversion », s’est félicité dans un communiqué de la direction le président de Bridgestone France Philippe Brunage. L’avocat de l’intersyndicale a indiqué pour sa part vendredi soir que la signature était « en cours ».

Des mesures amenées dans un climat de tension

Après une dernière réunion du Conseil économique et social (CSE) le 26 février, le plan sera transmis pour homologation à la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi).

Mi-septembre, l’annonce brutale de la fermeture du site avait assommé les 863 salariés et suscité un branle-bas de combat politique, dans une région déjà éprouvée par la fermeture de deux autres sites de fabrication de pneus : Continental dans l’Oise (683 salariés en 2010) et Goodyear à Amiens-Nord (1 143 salariés en 2014).

Projetant la « cessation totale d’activité » à l’horizon du « deuxième trimestre 2021 », Bridgestone avait invoqué des « problèmes de marché structurels », une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts, s’engageant à chercher un repreneur pour le site.

Le gouvernement était rapidement monté au créneau, dénonçant une « trahison de confiance » et une décision « incompréhensible sur le fond », puis accusant le groupe nippon d’avoir « désinvesti » de l’usine de Béthune « en faveur de ses autres sites européens, entraînant mécaniquement un déficit de compétitivité ». Le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, avait lui dénoncé un « assassinat prémédité ».

Newsletter Ça me rapporte
La newsletter qui améliore votre pouvoir d’achat
Toutes les newsletters

VIDÉO. Bridgestone ferme son usine de Béthune : « En 5 minutes ils ont balayé le projet »

Le gouvernement avait rapidement proposé un scénario alternatif, promettant la sauvegarde d’environ 500 emplois, grâce à une restructuration et un investissement de 100 millions d’euros.

Mais le 12 novembre, la direction de Bridgestone avait douché tout espoir, confirmant son intention de quitter le site. Les négociations sur le PSE avaient alors débuté dans un climat de défiance, l’intersyndicale réclamant des garanties et reprochant à Bridgestone de « faire traîner » les discussions.

Les discussions s’étaient débloquées mi-décembre, avec l’adoption d’une série de mesures d’accompagnement.

Vers un « parc industriel multi-activités » ?

Ces mesures comprennent un dispositif de pré-retraite avec prise en charge d’une durée de sept ans et allocation de 75 % du salaire brut ainsi qu’un congé de reclassement de 21 à 24 mois, selon la situation des salariés, décrit alors par l’avocat de l’intersyndicale Stéphane Ducrocq comme étant « à la hauteur du préjudice subi ».

Le 21 janvier, les parties ont signé un deuxième accord, « améliorant significativement » les indemnités de départ initialement prévues dans le PSE, selon la direction, pour qui ce plan figure désormais « parmi les plans les plus ambitieux proposés dans la profession dans des situations de ce type ». Stéphane Ducrocq avait salué « une vraie réussite » et un résultat « sans comparaison possible avec ce que l’on voit habituellement ».

LIRE AUSSI > Bridgestone : à Béthune, « on a tous grandi avec cette usine »

Le PSE comprend d’autres mesures d’aides au reclassement interne et externe, parmi lesquelles des aides à la mobilité géographique, des aides à la formation et des aides à la création d’entreprise.

Mardi, la direction a annoncé que si la reprise totale de l’usine de Béthune était « peu probable », plusieurs sociétés avaient manifesté leur intérêt pour la création d’un « parc industriel multi-activités », représentant « un potentiel de 335 à 485 emplois ». « Cette solution, qui conjuguerait l’installation de plusieurs projets notamment dans le reconditionnement de pneumatiques et dans le recyclage, pourrait représenter un potentiel de 335 à 485 emplois », selon les dirigeants.