Brexit : le transporteur de Caen qui facilite les déclarations en douane

Le Brexit impose désormais aux entreprises de déclarer leur marchandise en route vers le Royaume-Uni. Le transporteur Noyon, basé à Caen, a créé un service dédié, qui ne manque pas de clients et qui embauche.

 Le transporteur et logisticien Noyon, basé tout près de Caen, a développé un service dédié aux opérations douanières liées au Brexit. Des centaines de clients s’appuient sur Noyon pour leurs formalités avant de commercer avec le Royaume-Uni.
Le transporteur et logisticien Noyon, basé tout près de Caen, a développé un service dédié aux opérations douanières liées au Brexit. Des centaines de clients s’appuient sur Noyon pour leurs formalités avant de commercer avec le Royaume-Uni. LP/Esteban Pinel

Au mur, une affichette jaune au lettrage noir : « Brexit team ». Dans le pôle logistique du transporteur calvadosien Noyon, à Mondeville, aux portes de Caen, une équipe fraîchement recrutée s'affaire sur un nouveau service. Coline tape « une déclaration d'export de pièces automobiles vers la Grande Bretagne. Je rentre la déclaration dans le système, qui me sortira un code-barres que nous enverrons au client. Il le donnera ensuite au chauffeur qui effectue la traversée. »

La première étape de la « frontière intelligente », concept en vogue depuis la sortie définitive du Royaume-Uni de l'Union européenne le 31 décembre 2020. Depuis cette date, les entreprises doivent déclarer les marchandises en transit entre lesdits territoires. « Cela fait deux ans qu'on travaille sur le Brexit, dit Anthony Fauquet, responsable du service international de Noyon. Quand il y a eu l'accord, beaucoup de sociétés ont pensé qu'il n'y aurait pas de contrôles douaniers. Mais nous, on savait très bien que si. » Aussi ces opérateurs d'import-export ont-ils été soulagés de pouvoir s'adresser à des structures spécialisées.

600 déclarations à gérer chaque semaine

Ces formalités ne sont pas innées. Noyon a développé ce nouveau pôle, avec l'embauche et la formation de six déclarants. « Nous étions sept au 1er janvier et il y a aujourd'hui dix déclarants, assistés de deux personnels administratifs. Et c'est un peu juste par rapport à la demande ! » Quatre recrues compléteront l'effectif dans les prochaines semaines. Coline, 21 ans, fait partie des nouvelles têtes. « J'étais en recherche d'emploi. J'entendais parler du Brexit depuis longtemps mais je ne m'attendais pas à ce que ça génère autant d'emplois. Nous sommes très sollicités. »

Le Brexit, source de complications, a permis au transporteur et logisticien d'explorer une activité inédite. Avec environ 600 déclarations par semaine et des centaines de nouveaux clients qui traversent via tous les ports des côtes de la Manche, le pari est réussi. Sur le territoire de l'ancienne Basse-Normandie, ils ne sont que trois opérateurs à proposer pareil service.

« On récupère des clients qui étaient un peu perdus », reprend Anthony Fauquet. Noyon joue « un rôle de conseil » précieux, notamment auprès « de petites structures de pêche par exemple, qui n'ont qu'un camion par semaine. Ça a été une découverte pour eux. » Pour ces opérateurs halieutiques, les opérations douanières se couplent de contrôles sanitaires. Les formalités préalablement effectuées par Noyon permettent au camion de connaître, avant sa descente de ferry, son itinéraire pour les contrôles. Et d'être administrativement en règle.

La fluidité des dispositifs de la frontière intelligente se rode. Pour la « Brexit team » de Noyon comme pour les autorités, les grosses escales, avec des bateaux pleins de camions, seront un défi logistique majeur.