Autour d’Orléans, la grogne monte face aux antennes relais

Les maires et les habitants se mobilisent pour tenter de faire barrage à plusieurs projets de construction de nouveaux pylônes dans les communes de l’agglomération du Loiret.

 À Saint-Denis-en-Val dans le Loiret, les habitants dénoncent l’implantation de pylônes de téléphonie mobile par Bouygues Télécom.
À Saint-Denis-en-Val dans le Loiret, les habitants dénoncent l’implantation de pylônes de téléphonie mobile par Bouygues Télécom. PHOTOPQR/« RÉPUBLIQUE DU CENTRE »/Gaujard Christelle

Ce matin de février, quelques habitants de Saint-Denis-en-Val (Loiret) ont fait le déplacement au tribunal administratif d'Orléans pour suivre les débats sur un dossier qui les inquiète : l'installation d'une nouvelle antenne relais de 30 m de haut par Bouygues Télécom pour parfaire la couverture de la 4G dans la commune. Dans la salle, cette résidente se désole : « Je vais la voir depuis mes fenêtres. En plus cela déprécie la valeur de nos biens. Et est-ce bien nécessaire ? »

Hostile elle aussi à l'implantation de ce pylône, la municipalité a tenté de barrer la route au projet par un arrêté, attaqué par Bouygues. « Ils se moquent de nous. Ils disent que c'est pour la 4G, mais en fait il s'agit d'anticiper le déploiement de la 5G, ils ont déjà mis des panneaux partout pour l'annoncer ! », s'emporte Gérard Boudon, adjoint au maire, qui juge la couverture actuelle largement satisfaisante.

« Je m'étonne qu'il n'y ait pas de mutualisation des installations »

Dans l'agglomération d'Orléans, Saint-Denis-en-Val n'est pas la seule commune à se mobiliser. Ingré s'oppose également à un projet de pylône de 24 m de haut qui était examiné le même jour au tribunal. « La commune est bien desservie, non seulement par Bouygues mais aussi par d'autres opérateurs. Je m'étonne qu'il n'y ait pas de mutualisation des installations pour préserver nos concitoyens », a relevé l'avocate de la commune.

Ailleurs, des pétitions circulent, comme à Olivet, où une antenne doit également se construire, dans une zone naturelle. Le comité « Stop Pylône » a interpellé le maire pour lui demander d'agir contre ce nouveau pylône, avec une pétition qui a déjà recueilli plus de 460 signatures depuis janvier.

Les arrêtés des communes d'Ingré et Saint-Denis-en-Val rejetés

Les voies de recours sont toutefois limitées. Le tribunal administratif d'Orléans vient de rejeter les arrêtés des communes d'Ingré et Saint-Denis-en-Val, ce qui devrait permettre la mise en œuvre des projets. Mais ce genre de conflit a tendance à se multiplier car d'autres pylônes se profilent. « En ce moment, ce genre d'affaire nous occupe beaucoup », confie la juge, qui en voit désormais passer « au moins une par mois ».