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Automobile : pourquoi 2020 est une année électrique

Avec près de 20% des ventes de voitures neuves, le moteur électrique (et ses variantes hybrides) semble enfin connaître en 2020 un boom très attendu.

 L’année 2020 semble être une année charnière pour les véhicules hybrides et électriques.
L’année 2020 semble être une année charnière pour les véhicules hybrides et électriques. LP / Arnaud Journois

De janvier à août 2020, plus de 180 000 voitures neuves ont été vendues avec une part d'électrique dans leur motorisation. C'est 328 fois plus que sur l'ensemble de l'année 2010. A l'époque, seuls cinq particuliers avaient cru bon de s'offrir une automobile électrique, pour 179 véhicules d'entreprises.

Grâce aux données fournies au Parisien par AAA Data, expert de la donnée automobile, on peut voir que sur les huit premiers mois de 2020 (dont plusieurs semaines de confinement), les concessionnaires ont déjà écoulé 41% de véhicules électriques de plus que sur toute l'année 2019, et autant de véhicules hybrides avec une part d'électrique, alors même que le marché automobile français devrait connaître une baisse des ventes de 25 à 30%.

L'électrique décolle enfin

Il aura donc fallu plus de quatre ans entre le scandale dit du « dieselgate » et la véritable envolée des ventes de l'électrique. En 2010, le moteur diesel faisait rouler 7 voitures neuves sur 10 (et il s'en vendait plus de 2,2 millions), contre difficilement 3 voitures neuves sur 10 en 2020, dans un pays qui en achète presque deux fois moins.

Après huit mois, les voitures électriques représentent un peu plus de 6% des ventes neuves et les hybrides un peu moins de 12%, avec des volumes qui semblent enfin décoller.

« La maturité de la technologie explique en partie ce succès, souligne Maxime Pasquier, chef de service adjoint au service transports et mobilité de l'ADEME. Les pionniers de la technologie ont convaincu un public un peu plus large, pour arriver aujourd'hui à séduire le grand public ».

Un succès qui ne s'arrête pas aux grandes villes

Le passage à la massification de la technologie peut aussi se comprendre en observant ce qui s'est joué tant du côté des constructeurs (contraintes de rejet de CO2, installation de zones à faible émission en ville, consciences environnementales plus aigües des clients) que du côté des acheteurs : « La prime à la conversion élargie, le bonus écologique, parfois doublé par les constructeurs », liste Maxime Pasquier.

A l'instar d'un cercle vertueux, les batteries qui ont pu représenter jusqu'à la moitié du prix d'un véhicule électrique à une époque, ont vu leur prix progressivement baisser, grâce à l'agrégation des commandes des constructeurs.

Le succès des hybrides et de l'électrique se remarque d'autant plus qu'il franchit les frontières du périphérique. En août 2020, Paris n'est plus le seul lieu de ventes pour les nouvelles motorisations : un quart des voitures neuves immatriculées en Haute Savoie en août étaient des hybrides, idem en Savoie et plus de 20% des nouvelles automobiles vendues dans les Pyrénées-Atlantiques, soit 274 véhicules en un mois. En 2010, il s'en vendait moins de 100 sur toute une année.

Automobile  : pourquoi 2020 est une année électrique

Comment expliquer ce succès rural de l'électrique ? « Penser que la voiture électrique est un mode de transport urbain est une erreur. Ce n'est pas dans les grands centres urbains où les parts de marché sont à prendre », lance le spécialiste de l'ADEME. Pour lui, ce sont les zones rurales, dépendantes à l'automobile pour leurs déplacements, qui ont le plus de profit à tirer de ces motorisations. Surtout si des aides régionales s'ajoutent aux diverses primes, comme c'est le cas dans la Vallée de l'Arve, où l'achat d'une voiture électrique est éligible à 3000€ d'aides régionales, ce qui a permis le remplacement de 120 véhicules essence et diesel.