Annonces de Macron : l’opposition s’inquiète d’un budget 2021 déjà caduc

En plein examen de la loi de finances à l’Assemblée, les députés de l’opposition ont dénoncé un « budget mort-né », résultant d’un « défaut d’anticipation ».

 Pour la patronne du groupe socialiste Valérie Rabault,  si « on en est là, c’est qu’il y a eu un défaut d’anticipation » (archives).
Pour la patronne du groupe socialiste Valérie Rabault, si « on en est là, c’est qu’il y a eu un défaut d’anticipation » (archives).  AFP/Romain Gaillard

À coups de suspensions de séance et de rappels au règlement, mercredi soir, les députés d'opposition ont critiqué les dernières annonces d'Emmanuel Macron pour freiner l'épidémie de coronavirus, en plein examen du budget 2021 à l'Assemblée. Avec le couvre-feu, les « hypothèses » économiques de ce budget ne « sont plus tenables », a ainsi dénoncé la députée LR Véronique Louwagie.

Le couvre-feu « va affecter économiquement les restaurants et les salles de spectacles », a jugé de son côté la patronne du groupe socialiste Valérie Rabault, pour qui, si « on en est là, c'est qu'il y a eu un défaut d'anticipation ».

« Je ne suis pas certaine que la contamination se fasse plus la nuit que dans les écoles, les entreprises ou les transports », encore lancé l'élue du PS, avant une première suspension de séance, se demandant pourquoi le recours au télétravail n'est pas « demandé ce soir » afin « d'éviter des concentrations notamment dans les transports ».

« L'impact sur 2021 sera important et le budget mort-né »

Le communiste Stéphane Peu a réclamé une seconde suspension juste après, car les annonces du président de la République « interpellent directement la loi de finances (2021) ». « Apparemment, a-t-il ajouté, notre Assemblée sera convoquée pour éventuellement prolonger au-delà de quatre semaines ce couvre-feu. À tout le moins, cela nécessite quelques informations ».

Chez LFI, Alexis Corbière a trouvé « choquant » qu'un couvre-feu, « jamais vu depuis 60 ans de politique en France, ne passe pas au moins par un débat (à l'Assemblée nationale) ».

Quant au président de la commission des finances, le député LR Éric Woerth, cas contact et contraint à l'isolement chez lui, il a réagi sur Twitter en décrivant le couvre-feu comme « un demi-confinement je l'espère efficace » et « qui oblige à une augmentation massive du soutien aux entreprises ». « L'impact sur 2021 sera important et le budget mort-né », a-t-il conclu.

Le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt a admis que se posera « très certainement la question du financement des mesures annoncées ce soir et qui seront précisées demain (jeudi par le Premier ministre NDLR) ». Il a évoqué la possibilité d'amender le budget 2021 pendant la navette parlementaire. Concernant 2020, il a aussi cité la dernière loi de finances rectificative (PLFR4) en fin d'année.

Le rapporteur général du budget Laurent Saint-Martin (LREM) a appelé à la « responsabilité » et à poursuivre l'examen du projet de loi de finances 2021. « Poursuivons sereinement nos débats pour doter notre Etat d'un budget 2021 », a complété Olivier Becht, à la tête du groupe Agir Ensemble, allié de la majorité.