A Nice, une coiffeuse vit dans son salon pour sauver son affaire

Contrainte de rendre son logement, cette commerçante a emménagé de manière provisoire dans son salon.

 Faute de pouvoir payer son loyer, Virginia Begnis, 49 ans, s’est installée dans son local de coiffure l’été dernier.
Faute de pouvoir payer son loyer, Virginia Begnis, 49 ans, s’est installée dans son local de coiffure l’été dernier. LP/Matthias Galante

Elle a installé ses deux chats, son lit et un micro-ondes dans l'ancien espace d'attente de son salon « Wax & Cut », en séparant bien la partie privée de la partie… commerciale. Pour survivre à la crise qui lui fera perdre 60 % de son chiffre d'affaires de 2019, la coiffeuse Virginia Begnis, 49 ans, s'est installée dans son local l'été dernier après avoir rendu les clés de son appartement en location, faute de pouvoir payer le loyer. « J'ai fait rentrer 45 m2 dans 25 m2, j'ai une douche, mais pas de cuisine » confie-t-elle.

Une décision radicale prise au fil d'une crise inédite commencée lors du premier confinement. « C'est de la débrouillardise économique, un casse-tête pour moi car je suis sur un fil, dans l'illégalité par rapport à mon propriétaire, le syndic de l'immeuble. Je n'avais plus le choix, le virus est là, il fallait anticiper », détaille-t-elle… « Je me suis dit que mes clients avaient besoin de moi et que si les déplacements étaient de nouveaux limités, j'étais sur place en prévision de la deuxième vague, de la troisième… »

« Je vais pouvoir enfin mettre de l'argent sur mon compte »

Lors de ce nouveau confinement, en dépit de la fermeture des commerces essentiels, la commerçante a fait quelques coupes derrière le volet fermé de sa vitrine, « seulement pour les amis, les personnes que je connaissais, juste pour gagner quelques euros et pouvoir manger ».

Pour éviter tout problème, elle a mis en place un protocole sanitaire bien à elle : pédiluve à l'entrée et désinfection avec un spray virucide des vêtements en plus du lavage de mains. Ce samedi matin, comme tous ses confrères, elle pourra rouvrir officiellement son salon : « Je vais pouvoir enfin mettre de l'argent sur mon compte en banque mais cette solution de logement, espère-t-elle, n'est que provisoire, je vais me battre. »