A Lyon, les futures télécabines divisent

Le projet de transport aérien par câble ne fait pas l’unanimité. Sur 6 km, il desservirait 7 ou 8 stations entre l’ouest de l’agglomération et le centre de la ville. Les pro-métro pétitionnent.

 La construction d’une ligne de cabines aériennes permettrait de relier Francheville, à l’ouest de Lyon, au centre de l’agglomération lyonnaise.
La construction d’une ligne de cabines aériennes permettrait de relier Francheville, à l’ouest de Lyon, au centre de l’agglomération lyonnaise.  LP/Catherine Lagrange

Les Lyonnais vont-ils bientôt circuler en téléphérique au-dessus de leur ville? C'est désormais une priorité dans la Métropole du Rhône, où le nouvel exécutif écologiste cherche toutes les alternatives possibles à la voiture. Ce transport par câble serait une première dans l'agglomération Lyonnaise, et une avancée en France où ce mode de transport urbain, très répandu dans d'autres parties du monde, commence tout juste à s'implanter.

Plutôt qu'un téléphérique, il s'agirait plutôt d'une série de télécabines. « Une ligne de cabines d'une capacité d'une dizaine de voyageurs chacune, permettant de transporter quelque 2500 personnes à l'heure, soit 20 000 voyageurs par jour », précise le président de la métropole, Bruno Bernard. Cette ligne aérienne relierait, sur 6 km, avec 7 ou 8 stations, Francheville, à l'ouest de Lyon, au centre de l'agglomération lyonnaise, en desservant au passage Sainte-Foy-les-Lyon et Tassin-la-Demi-Lune. « Il ne faudrait que 11 minutes par câble, au lieu de 45 minutes en voiture pour relier Sainte-Foy à Lyon-Gerland », insiste Bruno Bernard.

Plus rapide et moins cher à construire…

L'avantage des télécabines ? La rapidité d'exécution qui leur permettrait d'entrer en service dès 2025. Leur coût aussi, de 8 à 9 fois moins élevé que la construction d'une ligne de métro. « C'est le choix le plus pertinent dans cette zone de collines où il y a peu de voiries disponibles », résume le président écologiste de la métropole lyonnaise.

Un choix, qui, pourtant, est loin de faire l'unanimité dans ce secteur ouest de l'agglomération où était attendue une ligne de métro. Promis par l'ancien maire Gérard Collomb, ce métro « E », désormais relégué au second plan par les écologistes, était pourtant plébiscité par les habitants. C'est ainsi qu'ils se sont réunis en collectif et bientôt en association, pour combattre le projet de transport par câble, qui, selon eux, défigurera le paysage, nécessitera l'implantation de lourds pylônes sur son tracé et survolera de près nombre d'habitations. Une pétition lancée contre le téléphérique urbain a déjà réuni 4500 signatures.

Seulement 20 000 voyageurs par jour

« Il n'apporterait aucune véritable solution de déplacement dans ce secteur car le projet n'est pas accompagné d'un parc relais à Francheville », fait valoir Alain Bavozet au nom du collectif. Il réclame à cor et à cri la ligne de métro qui aurait la capacité de transporter au quotidien 150 000 voyageurs au lieu de 20 000 avec le téléphérique. « Et c'est un équipement qui serait construit pour des siècles », insiste également le député centriste du secteur Cyrille Isaac-Sibille.

L'ancien maire, Gérard Collomb, lui aussi mobilisé contre le téléphérique urbain, assure que « les jours de grand vent, le téléphérique ne pourra pas fonctionner ». « Lyon n'est pas adapté à ce type d'infrastructure », tranche, de son côté, Fouzyia Bouzerda, l'ancienne présidente du Sytral, autorité organisatrice des Transports en commun de Lyon.

Seul supporter du transport aérien par câble, le maire de Francheville, ville terminus de la ligne, qui espère que l'équipement réduira le nombre de voitures qui transitent sur sa commune. En attendant, les publicités fleurissent à l'arrière des bus annonçant l'ouverture d'une première ligne de transport par câble pour 2025.