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A l’aéroport de Lyon, un parcours entièrement biométrique pour les voyageurs

De la dépose des bagages à l’embarquement, la reconnaissance faciale gère toutes les étapes avec à la clé un gain de 30 minutes pour les voyageurs, assure Vinci.

 Xavier Huillard, le PDG de Vinci, dévoile le service de reconnaissance faciale des passagers mis en place à l’aéroport Saint-Exupéry, ce lundi, dans la région lyonnaise.
Xavier Huillard, le PDG de Vinci, dévoile le service de reconnaissance faciale des passagers mis en place à l’aéroport Saint-Exupéry, ce lundi, dans la région lyonnaise. AFP/Olivier Chassignole

Prendre son avion les mains dans les poches, sans jamais sortir son passeport ni sa carte d'embarquement ? C'est désormais possible à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (Rhône), où le gestionnaire, Vinci, vient de mettre en place un service de reconnaissance faciale des passagers sur la totalité du parcours voyageur.

Le système, qui prend la forme d'une application smartphone baptisée Mona, demande au passager de préparer son parcours en quelques clics à son domicile, en prenant un selfie, en scannant sa pièce d'identité ainsi que sa carte d'embarquement. Une fois arrivé à l'aéroport, l'application guide le voyageur vers le bon guichet, puis les portes, vitrées, réservées aux voyageurs « Mona » s'ouvrent automatiquement, lui permettant d'accéder à la zone d'embarquement.

« Une première mondiale »

« C'est unique, Lyon le seul aéroport au monde où l'on peut réaliser toutes ces étapes par la reconnaissance faciale : la dépose bagage, l'enregistrement, l'inspection-filtrage, la sûreté et l'embarquement », annonce Nicolas Notebaert, président de Vinci-Airport. Alors que plusieurs aéroports dans le monde utilisent déjà la technologie de la reconnaissance faciale pour l'une ou l'autre de ces étapes, Vinci-Airport a décidé de tester, à Lyon-Saint-Exupéry, un parcours entièrement biométrique. « Une première mondiale », se félicite Nicolas Notebaert.

A l’aéroport de Lyon, un parcours entièrement biométrique pour les voyageurs

En simplifiant les procédures, ce nouvel outil basé sur l'intelligence artificielle promet de réduire le parcours du voyageur de trente minutes au sein de l'aéroport.

Mais encore faut-il accepter de confier ses données personnelles. La protection des données pourrait-elle être un frein au développement de l'application ? « Le parcours biométrique n'est pas une obligation, il est basé sur le volontariat précise le président de Vinci-Airport. Les informations ne sont pas stockées et le consentement du volontaire est permanent. Les photos sont effacées au moment de monter dans l'avion. »

Le système est testé sur les vols vers le Portugal

Le dispositif a été soumis à la Cnil ainsi qu'à la DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile) qui ont autorisé, à ces conditions, l'expérimentation. Celle-ci est menée pour l'instant depuis Lyon, l'un des trois sites d'excellence de Vinci, pour les vols en direction du Portugal sur Transavia et TAP Air-Portugal. « Mais nous discutons déjà avec d'autres compagnies pour étoffer l'offre dès 2021 », annonce Tanguy Bertolus, président du directoire des Aéroports de Lyon. Avec 45 aéroports en gestion dans 12 pays du monde, Vinci espère généraliser la biométrie rapidement sur son réseau et séduire les clients par le confort.

Frappé de plein fouet, depuis mars dernier, par la pandémie de Covid-19, Vinci-Airport entend également faire de la biométrie un argument sanitaire. « La reconnaissance faciale est encore plus utile dans la période que nous connaissons, estime Nicolas Notebaert. Elle évite de toucher, de manipuler, c'est pour cette raison que nous avons décidé de lancer ce projet. Il faut créer de la confiance avec les passagers et les compagnies aériennes et garantir les voyages sous l'angle sanitaire. »