A Fécamp, l’éolien a son campus

A l’heure où la France prend le tournant de l’éolien offshore, le port de Seine-Maritime possède une longueur d’avance avec son campus d’excellence des lycées Descartes-Maupassant qui forme les professionnels de demain.

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 Au campus éolien des lycées Descartes-Maupassant, les élèves s’exercent en conditions réelles sur une nacelle d’éolienne fournie par EDF.
Au campus éolien des lycées Descartes-Maupassant, les élèves s’exercent en conditions réelles sur une nacelle d’éolienne fournie par EDF. LP/Laurent Derouet

Le port de Fécamp va-t-il devenir une place forte de l'éolien en France? Voire sa capitale? « Je n'aime pas les étiquettes, ni les appellations de ce type », prévient la maire de la ville, Marie-Agnès Poussier-Winsback, également vice-présidente à la Région en charge de l'attractivité. « Mais nous avons une légitimité et des atouts grâce notamment au travail accompli autour du campus éolien des lycées Descartes-Maupassant et des formations qui y sont dispensées. »

Si l'établissement général et professionnel, situé sur les hauteurs de la ville, possède une telle réputation – et un label Campus d'excellence depuis le début de l'année dernière —, ce n'est pas le fruit du hasard. Mais d'un vaste chantier de réflexion débuté dès les années 2000, alors même que l'éolien terrestre commençait son développement, notamment sur le cap Fagnet, à quelques encablures de là, où l'un des premiers parcs a déployé ses pales dès 2006. « Nous avons voulu nous positionner dans cette filière en regroupant autour de la table l'Education nationale, la région, les entreprises », rappelle Christophe Picard, le directeur délégué aux formations professionnelles et technologiques qui suit l'affaire depuis ses débuts.

BTS Maintenance des systèmes option éolien

Au fil des années, le lycée se dote d'outils pour former ses élèves, en particulier ceux en BTS Maintenance des systèmes option éolien. D'abord avec un atelier dans lequel une éolienne « écorchée » permet de s'exercer au plus près de la réalité à la maintenance de l'ensemble de ses éléments mécaniques et électroniques. Plus récemment, la région a investi 1,6 million d'euros dans un bâtiment flambant neuf de 350 m2 et haut de 10 m dans lequel une nacelle fournie par EDF est installée à demeure, ainsi qu'une structure métallique pour acquérir les compétences et les habilitations pour le travail en hauteur. A l'extérieur, un mât haut de 20 m et sa plate-forme complètent le dispositif pour accueillir non seulement de jeunes élèves, mais également des professionnels en formation, des adultes en reconversion ou même, à l'occasion, d'autres professeurs venus de toute la France.

« Nous essayons d'être au plus près de la réalité du marché du travail avec des promotions composées d'une dizaine à une quinzaine d'apprenants », continue Christophe Picard. Parmi eux, Matthieu, Sébastien et Eva, tous âgés de 19 ans. Cette dernière avoue que l'éolien n'était pas son premier choix. Mais aujourd'hui, en 2e année, elle assure avoir trouvé sa voie : « Il n'y a pas beaucoup des filles c'est vrai, et c'est dommage car rien dans ce métier n'est réservé aux hommes. C'est physique, mais une fois devant l'éolienne, ce sont bien les compétences techniques qui comptent. » Elle qui s'imaginait plutôt derrière un bureau trouve les perspectives qui s'offrent à elle, notamment avec le développement de l'éolien offshore, très prometteuses.

Et, comme l'explique Sébastien, conforme à cette certaine idée de l'avenir : « Se dire que l'on peut faire partie d'un domaine qui produit de l'énergie plus propre, qui contribue à protéger l'environnement, ça compte ».