Voyage au cœur des peuples indigènes à l’Atelier des Lumières

«The Last Sentinels» du photographe Jimmy Nelson est au programme du centre d’art numérique à Paris tous les soirs à partir de ce vendredi et pendant les vacances de la Toussaint. Une exposition immersive époustouflante.

 A l’Atelier des Lumières à Paris (XIe), les photos de Jimmy Nelson sont projetées et accompagnées de musique sur tous les murs de l’ancienne fonderie.
A l’Atelier des Lumières à Paris (XIe), les photos de Jimmy Nelson sont projetées et accompagnées de musique sur tous les murs de l’ancienne fonderie. DR/Culture espaces/E. Spiller

Envie de découvrir le monde et de partir à la rencontre des peuples les plus reculés? Pas besoin d'aller bien loin! Filez à l'Atelier des Lumières à Paris (XIe)! En marge de sa programmation habituelle ( « Monet, Renoir, Chagall… Voyages en Méditerranée » et « Yves Klein, l'infini bleu »), le très couru centre d'art numérique propose à partir de ce vendredi jusqu'au 15 novembre une nouvelle exposition à couper le souffle, « The Last Sentinels » du photographe anglais Jimmy Nelson. Trente-et-un débuts de soirée pour en prendre plein les yeux et les oreilles.

Ce spectacle immersif de quarante minutes et découpée en cinq chapitres (« Roots », « Community », « Tradition », « Festivities » et « Identity ») est un véritable voyage au cœur des derniers peuples indigènes du monde encore existants sur les cinq continents. Fixes ou animées, les milliers d'images projetées sur les murs des 3300 m2 de l'ancienne fonderie et accompagnées de musique vous transportent littéralement. « Exposer ses photos sur un mur, c'est souvent ennuyeux, nous a avoué Jimmy Nelson lors du vernissage. De cette façon, en utilisant tous les outils multimédias, c'est beaucoup plus profond. On paraît petit, et eux très grands ».

L’Atelier des Lumières sublime le travail de Jimmy Nelson. DR/Culture espaces/E. Spiller
L’Atelier des Lumières sublime le travail de Jimmy Nelson. DR/Culture espaces/E. Spiller  

Posé ou déambulant dans l'immense salle, on est envahi d'une sensation étrange et jouissive, comme si on se retrouvait au milieu de tous ces peuples immortalisés par l'objectif et à la fois tellement vivants. Les paysages sont tous plus sauvages et sublimes les uns que les autres.

Les portraits et ces regards qui vous fixent, notamment ceux des enfants, sont saisissants et même parfois intimidants. Une impression d'être sur place est accentuée par une bande-son enivrante et envoûtante. On se mettrait presque à danser avec eux au milieu de la pièce en écoutant la musique choisie pour « Festivities ».

Jimmy Nelson a clairement réussi son pari de faire partager leur quotidien. « C'est le travail de toute une vie, et il n'est pas fini, avance-t-il. Cinquante-deux ans à observer, chercher, enregistrer, partager. Tout petit, j'ai été touché par la beauté pure et la culture de ces peuples, qui ne portent pas de jugement quelles que soient votre peau, couleur ou religion. C'est très facile de se faire accepter. Si j'arrive ainsi (NDLR : il s'agenouille) et que je vous désigne comme le chef, c'est tout autre chose que de débarquer avec sa grosse caméra. Si vous nouez le contact avec humilité, patience, dignité, la connexion se fait et vous gagnez le respect et la confiance. »

En quittant les lieux, il y a comme une peur d'être passé à côté d'un visage, d'une tranche de vie ou d'un paysage projetés dans un coin inexploré de la salle. A noter qu'une partie des bénéfices des expositions et des livres du photographe est reversée à sa Fondation Jimmy Nelson œuvrant à la préservation des patrimoines naturel et culturel de ces communautés.

Jimmy Nelson a parcouru le monde à la rencontre des communautés indigènes. DR/Jimmy Nelson B.V.
Jimmy Nelson a parcouru le monde à la rencontre des communautés indigènes. DR/Jimmy Nelson B.V.  

Paradoxalement, l'artiste engagé a « plus peur pour notre avenir (NDLR : de la population occidentale) que pour le leur ». « Aujourd'hui, on ne peut plus se parler sans masque ni se toucher. Ce n'est pas un problème de virus, mais de l'être humain qui est allé trop loin. On a oublié d'où on venait, la terre (NDLR : il frappe du pied au sol). Ces communautés indigènes sont restées connectées à la nature. Elles ne sont peut-être pas si pauvres qu'on le dit. » En tout cas, on en ressort plus riche.

«The Last Sentinels», à l'Atelier des Lumières (38, rue Saint-Maur, Paris XIe), du 16 octobre au 15 novembre. Tous les jours de 18h30 à 20h15 (dernière entrée 19h30). Sur réservation (www.atelier-lumieres.com). Entrées : 13 euros (plein tarif), 10 euros (5-25 ans).