«The Voice» : un casting 2.0 pour dénicher les talents en plein Covid

En ces temps de pandémie, les équipes du télécrochet de TF1 ont dû s’adapter pour recruter encore davantage les candidats sur Internet. Les auditions à l’aveugle se poursuivent ce samedi soir.

 Junior-Arnold Mulongo, dit Jaja (ici lors des auditions à l’aveugle), a été repéré grâce à des vidéos à son balcon lors du premier confinement.
Junior-Arnold Mulongo, dit Jaja (ici lors des auditions à l’aveugle), a été repéré grâce à des vidéos à son balcon lors du premier confinement. TF1/ITV/Lionel Guericolas/Bureau233

Vous avez aimé Nicolas et sa reprise en piano voix de la chanson « Hors saison » de Francis Cabrel, lors de la première semaine des auditions à l'aveugle de « The Voice », il y a une semaine sur TF 1? Le jeune homme de 17 ans a été repéré grâce à des vidéos postées sur Instagram! Les deux amis d'enfance Mentissa (qui a déjà tenté le télécrochet en Hollande) et Youssef Zaki ont fendu votre armure avec leurs interprétations respectives de « New Rules » de Dua Lipa et de « Fix You » de Coldplay? C'est une vidéo sur YouTube dans laquelle ils chantaient ensemble dans la rue qui a attiré le regard de la production d'ITV Studios France. Bryan et Robin, deux talents à se jeter dans la fosse aux lions ce samedi 13 février pour le deuxième épisode de la saison 10, ont aussi pu se mettre en avant grâce à Instagram.

Si, depuis des années, les équipes de casting retournent le web dans tous les sens à la recherche de chanteurs en herbe, jamais la part des artistes découverts en ligne n'a été aussi importante que pour cette saison marquée par la pandémie de Covid-19.

«Plus personne ne pouvait chanter nulle part»

« La situation sanitaire de 2020 nous a frappés immédiatement puisque le premier jour du casting correspondait au premier jour du premier confinement en mars, se désole Pascal Guix, le producteur artistique de l'émission. D'habitude, nous allons plus à la rencontre de futurs chanteurs dans la vraie vie. L'idée est d'embarquer ceux n'oseraient pas se lancer dans la musique mais qui ont du potentiel. Mais là, plus de fêtes, de concours de chant… Alors comment trouver des gens dont le métier n'est pas de chanter, par exemple cette jeune fille coiffeuse qui va vivre son rêve ? »

Pour recruter ses talents, la production a eu plus que jamais recours à un casting 2.0. « Le web nous a permis de mettre en boîte 90 % du casting contre 60 % à 80 % d'ordinaire », précise le professionnel. Pour cette édition, près de 10 000 anonymes ont été « castés », de 400 à 500 d'entre eux ont été approchés physiquement et 122 candidats ont passé les auditions à l'aveugle, dont un peu plus d'une centaine sera diffusée.

« En temps normal, nous faisons entre 50 et 70 dates de concerts, de festivals, de fêtes de village pour dénicher aussi les chanteurs de rues, explique Bruno Berberes, directeur du casting. Mais plus personne ne pouvait chanter nulle part. Même sur les marches de Montmartre, les rassemblements de plus de six personnes étaient interdits. Nous avons donc intensifié comme jamais la pêche sur tous les réseaux, y compris sur Tik Tok ».

Jaja chantait en hommage aux soignants

Et la récolte fut fructueuse, boostée finalement par cette période si particulière. « Positivons, il y a eu un bon côté : les gens n'ont jamais eu autant envie de chanter, assure Bruno Berberes, qui pilote une équipe de cinq personnes travaillant à plein temps avec lui. Un tas d'artistes non professionnels, comprenez qui ne remplissent pas leur frigo grâce à la musique, ne pouvaient plus s'exprimer nulle part car tout était fermé. Leur seule fenêtre a été Internet et ils se sont régalés qu'on leur offre une occasion. »

Ainsi, le chanteur à voix Jaja, passé lors du premier épisode des auditions à l'aveugle, est sorti du lot, après avoir fait des merveilles sur son balcon à 20 heures au moment de l'hommage quotidien aux soignants quotidiens lors du premier confinement du printemps. « Nous l'avions déjà dans notre base de données qui comprend 17 000 noms, précise Bruno Berberes. Mais le moment pour lui, c'était cette année ».

L'équipe d'ITV Studios France a également lancé des castings, toujours sur Instagram, avec des rendez-vous en live pour expliquer la procédure. En tout, plus de 1000 vidéos ont été passées au peigne fin. De là ont émergé les chanteurs qui ont décroché le sésame pour un dernier test, cette fois grandeur nature, en juillet et en août au studio Luna Rossa, dans le XIIIe arrondissement de Paris.

Newsletter La liste de nos envies
Nos coups de cœur pour se divertir et se cultiver.
Toutes les newsletters

« Là, nous avons serré les fesses, ironise le grand manitou de la recherche de pépites. Pour des raisons sanitaires, nous ne pouvions faire passer que 30 personnes par jour au lieu de 70. Et c'était la première fois qu'on les entendait en vrai. Mais il s'est passé quelque chose de magique, comme il arrive en musique. C'est comme lors d'une rencontre amoureuse, il y a quelque chose que l'on ne peut pas expliquer. Et les artistes en herbe étaient brûlants à l'idée d'enfin jouer après des mois d'impossibilité. Ils avaient un manque criant d'aller vers l'autre. »