«The Voice» : des auditions à l’aveugle comme vous ne les avez jamais vues

Faute de pouvoir accueillir les proches des candidats pendant le tournage, le processus des auditions à l’aveugle a été totalement revu. Le producteur artistique nous confie les petits secrets de cette dixième saison, à l’antenne dès samedi soir.

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 Le télécrochet a renouvelé son jury : autour de Marc Lavoine et Amel Bent, on retrouve un revenant, Florent Pagny, et un petit nouveau, le chanteur Vianney.
Le télécrochet a renouvelé son jury : autour de Marc Lavoine et Amel Bent, on retrouve un revenant, Florent Pagny, et un petit nouveau, le chanteur Vianney. TF1/ITV/Thomas Braut

Il y a des repères, immuables et rassurants, qu'il est bon de retrouver au milieu de la période anxiogène que nous traversons. L'émission « The Voice » en fait partie. De retour ce samedi pour une dixième saison (TF1, 21h05), le télécrochet a renouvelé son jury. Autour de Marc Lavoine et Amel Bent, on retrouve un revenant, Florent Pagny, et un petit nouveau, le chanteur Vianney.

Ne pas faire «comme si»

Pour cette première salve d'auditions à l'aveugle, un constat s'impose dès les premières images. En filmant au drone un Paris vidé de vie pendant le premier confinement, le programme impose le parti pris de ne pas occulter le contexte sanitaire.

« La planète entière vit une situation extraordinaire et le monde de la culture est particulièrement impacté puisque les chanteurs ne peuvent plus monter sur scène : pas question de dire Tout va bien madame la marquise », résume Pascal Guix, le producteur artistique du programme.

Un parcours du combattant

Maintenir le programme a été un véritable tour de force en coulisses. Et c'est un euphémisme. « The Voice », un des plus gros barnums de la télévision française, a logiquement été impacté par la crise du Covid-19, obligeant la société de production ITV Studios France à revoir complètement sa copie pour maintenir casting et tournage. Tout le processus a été réinventé « pour continuer à délivrer de l'émotion à l'image » en ces temps masqués, comme le résume Pascal Guix.

Des candidats en solo

« Dès le début, nous avons su qu'il fallait qu'il y ait le moins de personnes possible sur le plateau pour diminuer les risques », explique le producteur artistique. Pas de « vrai » public, donc, les spectateurs n'apparaissant que sur un mur d'images. Et petit événement : pour la première fois, les candidats ont dû affronter seuls, sans proche, cette épreuve tant redoutée des auditions à l'aveugle. Seule exception, les mineurs ont eu droit à un parent.

« Cela a été une équation compliquée, car c'est une aventure très humaine et si les candidats se sentent bien, ils délivrent une meilleure prestation », décrypte Pascal Guix. Comment compenser cette absence ? « Nous avons renforcé l'équipe de coordinateurs de talents qui les accompagnent du début jusqu'à la fin pour qu'ils ne se sentent pas seuls. » Du choix des vêtements au dernier coaching vocal, ces « nounous » sont partout. Comme un phare au milieu d'un tourbillon d'émotions. « Ils les suivent le jour des répétitions et celui du tournage », détaille Pascal Guix.

Les familles en visio

L'attente, pour les candidats, peut être longue. Pas d'amis, de mamans ou de cousins pour déstresser en coulisses juste avant de passer devant le jury ? Deux solutions 2.0 ont été mises en place. La production a demandé à toutes les familles d'enregistrer une petite vidéo de soutien que les équipes ont montré aux chanteurs juste avant qu'ils ne montent sur scène. Un système de visioconférence permet ensuite aux proches de vivre le moment tout en interagissant avec l'animateur Nikos Aliagas.

Emmener les téléspectateurs dans les coulisses

La hantise de la production ? Une ambiance malgré tout trop froide, désincarnée, sans larmes et éclats de joies des familles d'un côté, sans applaudissements nourris dans la salle de l'autre. « Nous avons donc mis deux caméras au lieu d'une dans les coulisses pour filmer les réactions des équipes qui parlent à distance avec les proches, confie Pascal Guix. Cela apporte un truc en plus aux téléspectateurs de passer de l'autre côté. Finalement, il ressort beaucoup de bonnes choses de cette situation, des solutions que nous garderons sûrement à long terme. » Et de conclure : « Tout le monde était super heureux d'être là à chanter et écouter de la musique live. Si un coach ou un membre de l'équipe attrapait le Covid, cela aurait eu des conséquences dramatiques… mais nous y sommes arrivés ! »