«Spectaculaire» sur France 2 : le casse-tête du casting par temps de Covid

Face à l’épidémie de Covid-19, la production de ce nouveau grand divertissement du samedi soir, diffusé sur France 2, a dû rivaliser d’imagination pour faire venir des artistes internationaux.

 Les nouvelles directives sanitaires des pays étrangers envers la France ont bousculé la programmation de « Spectaculaire ».
Les nouvelles directives sanitaires des pays étrangers envers la France ont bousculé la programmation de « Spectaculaire ». LP/Jean-Baptiste Quentin

Mardi 21 septembre, 9 heures. Artistes, producteurs, patrons de France Télévisions… Tout le monde, y compris l'animateur Jean-Marc Généreux, retient son souffle dans le studio 217, de La Plaine-Saint-Denis. Ce jour-là, France 2 débute le tournage de « Spectaculaire » son nouveau grand divertissement (diffusé ce samedi soir à 21h05), entre « Le plus grand cabaret » de Patrick Sébastien et « Incroyable talent ». La crainte? Un nouvel imprévu de dernière minute. La veille, c'était panique à bord : un des douze numéros internationaux (cinq Français et sept étrangers) a sauté du programme.

Exit Anna & Saleh, une performance moderne de main à main où la femme porte l'homme! La chorégraphie de ce duo allemand avait pourtant demandé une semaine de préparation pour notamment caler le « mapping », des images projetées dans le décor comme chez « Danse avec les stars ». Soit la vraie nouveauté de ce show, incarné par Jean-Marc Généreux, censé sublimer « le meilleur des spectacles du monde entier ».

La faute au Covid-19, tant redouté, et aux nouvelles directives sanitaires des pays étrangers envers la France. « En prenant leur voiture, Anna & Saleh auraient pu rejoindre notre studio, mais à leur retour à Berlin, ils auraient dû passer cinq jours en quarantaine, explique Clément Chovin, responsable de Kiosco, qui coproduit « Spectaculaire » avec ITV Studios France. Or, cela aurait compromis leur engagement d'un mois dans un cabaret. Contrat dont ils ne pouvaient se passer alors que certains artistes ne sont pas remontés sur scène depuis mars. »

Recréer un univers visuel pour chaque artiste

Reste à trouver un plan B, en mode alerte maximale. Ou plutôt un « plan A Bis », parmi une base de quarante numéros repérés par le responsable artistique, Jérémy Rosa, qui avait déjà opéré sur « The Best », programme similaire diffusé de 2013 à 2014 sur TF1. Plusieurs problèmes se posent. Un : la disponibilité des uns et des autres. Deux : la faisabilité technique, en tenant compte du matériel à transporter et de la sécurité. Trois : ne pas exploser le budget. Mission impossible ?

Va pour Duo Vitalys, un autre numéro de portée exécuté par des Péruviens. Par chance, ils sont basés en France. Et plus précisément, à Colmar, dans le Grand-Est. Encore faut-il recréer un univers visuel en un temps record. Trois équipes de la production travaillent jour et nuit, pour accomplir cette prouesse et sauver l'émission, l'une des plus attendues de la rentrée.

Et c'est loin d'être le seul imprévu lié à la pandémie ! « Plus il y avait de contraintes, plus on a eu envie d'aller jusqu'au bout, insiste Clément Chovin. C'est devenu un combat. Pour le spectacle vivant, pour les téléspectateurs. » Sept jours avant le tournage, il a fallu faire face au forfait de musiciens acrobates. A cause, là encore, d'une quarantaine imposée à leur retour en Suisse.

Jongler avec les différentes législations

Pour éviter d'autres obstacles, ITV Studios France et Kiosco ont finalement renoncé à la participation de Dylia, une artiste ukrainienne. Alain Pacherie, directeur fondateur du Cirque Phénix, était pourtant intervenu auprès du Quai d'Orsay pour prolonger leur visa de travail. « Vu l'incertitude de la législation là-bas, nous n'avons pas voulu prendre de risques supplémentaires. Pareil pour les performeurs basés aux Etats-Unis. »

Autre problématique avec la troupe autrichienne Zurcaroh : celle d'une contamination potentielle au Covid-19 d'un des 37 acrobates voltigeurs. Pour éviter un tel cas, qui aurait compromis leur participation, voire toute l'émission, la production a privilégié le transport routier à celui aérien ou sur rail : deux bus les attendaient à la frontière du Liechtenstein. Mais la situation sanitaire n'a pas que des mauvais côtés. Habituellement bookés aux quatre coins du monde, les frères « Navas », qui défient la pesanteur avec leur imposante Roue de la Mort, ont immédiatement répondu présent. De quoi garantir d'autres frissons.