Programme TV du mardi 6 octobre : notre sélection

Un documentaire passionnant sur la décolonisation, «Les Misérables » de Ladj Ly, un conte merveilleux de Jean-Pierre Jeunet, les «Crimes parfaits» avec Julie Ferrier et Mathieu Madénian… voici le programme de votre soirée télé.

 Avec « Décolonisations : du sang et des larmes », les deux auteurs de ce documentaire nous offrent une leçon magistrale, passionnante et sans concession sur un pan de notre histoire.
Avec « Décolonisations : du sang et des larmes », les deux auteurs de ce documentaire nous offrent une leçon magistrale, passionnante et sans concession sur un pan de notre histoire. ECPAD

DOCUMENTAIRE. Une histoire commune

A 21h05, sur France 2. Il y a des documentaires si forts, si enrichissants qu'ils devraient être vus pas tous. C'est le cas du film de Pascal Blanchard et David Korn-Brzoza sur la décolonisation française diffusé sur France 2 à l'occasion d'une soirée spéciale sur le plus long conflit que la France aura connu au XXe siècle. Quelles que soient nos opinions, nos croyances, notre âge, nos origines, cette période si sensible et douloureuse de notre histoire nous concerne tous. La décolonisation reste un héritage encombrant.

Ce documentaire exceptionnel nous raconte comment, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et durant trois décennies, la France s'est acharnée à conserver ses colonies. Et comment son empire composé d'une quarantaine de pays s'est effondré aux prix de milliers de morts. De l'Indochine au Cameroun en passant par Madagascar et bien sûr l'Algérie, les deux auteurs nous offrent une leçon magistrale, passionnante et sans concession sur un pan de notre histoire.

Composé uniquement d'images d'archives en grande partie inédites et mises en couleur, le film donne aussi la parole aux dépositaires de cette mémoire meurtrie. Descendants de tirailleurs algériens, harkis, pieds-noirs, anciens d'Indochine, vétérans d'Algérie ou enfants d'immigrés des anciennes colonies, tous racontent le traumatisme. Tous dénoncent le déficit d'éducation sur ce sujet. « Il faut regarder vers le présent, mais comment tourner la page si elle n'est pas écrite ? s'interroge l'un d'eux. Ce travail de rapprochement peut se faire par les petits-enfants car ils n'ont pas été des acteurs directs de ces drames. »

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 5/5

«Décolonisations : du sang et des larmes», documentaire (2020) de Pascal Blanchard et David Korn-Brzoza. (2 x 80 minutes)

DRAME. On n'a jamais vu la banlieue ainsi

« Les Misérables » a remporté le prix du jury à Cannes en mai 2019/Strab Films/Rectangle Productions/Lyly Films
« Les Misérables » a remporté le prix du jury à Cannes en mai 2019/Strab Films/Rectangle Productions/Lyly Films  

A 21 heures, sur Canal +. Premier long-métrage du réalisateur Ladj Ly, qui avait cette histoire en tête depuis dix ans, tourné à Montfermeil, en Seine-Saint-Denis, avec un petit budget de 1,5 million d'euros, « Les Misérables » a remporté le prix du jury à Cannes en mai 2019.

Le film commence par une immersion dans le quotidien de trois policiers de la brigade anticriminalité de Montfermeil, décrivant, avec réalisme et humour, l'ennui, les contrôles et les blagues de vestiaire. A travers la déambulation du trio se dessinent peu à peu les rapports de force entre les « clans » du quartier : les flics, les jeunes, les religieux, les Gitans, les éducateurs, les dealers… Lorsqu'une interpellation dérape en bavure, la tension monte… jusqu'à un final en apnée, magistralement mis en scène.

La « réalité » de Ladj Ly est crue, violente, et les rapports entre ses flics et la population, ultra-tendus. A sa sortie, son long-métrage était le plus puissant qu'on ait vu sur la banlieue, vingt-quatre ans après « la Haine » de Mathieu Kassovitz.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 5/5

«Les Misérables», drame français de Ladj Ly (2019), avec Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga… (1h40)

DRAME. Il faut sauver le petit Spivet

A 21h05, sur France 4. Ce fut un bide à sa sortie. Et pourtant, c'est une merveille. Prenez le temps pour plonger dans les aventures de ce petit inventeur de 10 ans qui doit être récompensé d'un prix pour avoir imaginé une machine qui crée le mouvement perpétuel. Personne ne sait qu'il en est à l'origine. Alors, il quitte discrètement sa ferme du Montana, endeuillée par la mort de son frère jumeau, et voyage seul pour aller chercher son prix.

Le cinéaste fait de son film un parcours initiatique palpitant et un conte merveilleux. A travers ce jeune personnage attachant, il évoque aussi le deuil, la culpabilité, la reconstruction. Et se montre, comme souvent, un magicien de la vie.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 5/5

«L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet», drame de Jean-Pierre Jeunet (2013), avec Kyle Catlett… (1h45)

SÉRIE. Meurtre chez les morts

Avec « Crimes parfaits », on est rarement déçus./FTV/SALSA PRODUCTIONS/Rémy Grandroques
Avec « Crimes parfaits », on est rarement déçus./FTV/SALSA PRODUCTIONS/Rémy Grandroques  

A 21h05, sur France 3. Avec « Crimes parfaits », on est rarement déçus. Plus encore lorsque la pétillante Julie Ferrier, cheveux bouclés, repartie et naturel inébranlables, mène l'enquête dans la peau d'une flic au nom de poire (Louise Bonne). La voilà plongée au royaume des morts, au cœur d'une entreprise de pompes funèbres dirigée par un clan où un meurtre a été commis au rayon chambre froide !

Bien sûr, le téléspectateur connaît déjà le meurtrier, c'est tout le principe. Reste à observer comment Louise et sa coéquipière vont le confondre… Chaque détail compte dans cette investigation plutôt cocasse où il est question d'amours interdites mais aussi de l'intimité de l'héroïne toujours en guerre avec son ex qui, avec elle, va de surprise en surprise.

Autre ambiance dans le deuxième épisode où le patron d'une société de mareyage est tué de plusieurs façons différentes, y compris par des méduses. Une affaire aussi piquante que corsée sur fond d'usurpation d'identité et d'épouse sous emprise.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Crimes parfaits», série française de Nicolas Herdt (2020), avec Julie Ferrier, Mathieu Madénian… (2 x 52 minutes)

SÉRIE DOCUMENTAIRE. Familles pas comme les autres

A 20h50, sur France 5. Avec son physique de rugbyman et ses dreadlocks, Olivier Delacroix a le don pour entrer dans l'intimité des gens, sans tomber dans le voyeurisme. Le confident de « Dans les yeux d'Olivier » sur France 2 et de « Libre Antenne » sur Europe 1 arrive en prime time sur France 5 avec une série documentaire de six épisodes donnant la parole à ceux qui bousculent la société.

Le premier opus, « Les nouvelles parentalités », va à la rencontre de quatre familles pas comme les autres, du couple homosexuel ayant eu recours à une mère porteuse à Millie, élevée par deux mamans, en passant par Anne-Sophie, qui a fait un bébé toute seule, et Sandrine, partie éduquer ses enfants dans « une tribu » de femmes en Belgique. Tous racontent « leur choix de s'éloigner du modèle traditionnel ». Si l'émotion, les sourires et même les larmes sont au rendez-vous, ce documentaire engagé aborde aussi l'aspect pratique et les démarches à suivre.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Ils font bouger les lignes», série documentaire française (2020) réalisée par Olivier Delacroix et Arthur Hennequet. (1 h 30)