Programme TV du lundi 7 septembre : notre sélection

Une passionnante plongée dans l’histoire de nos plages, le dernier rôle d’actrice d’Annie Cordy dans « Illettré », incontournable « Ça commence aujourd’hui » avec Philippe Torreton, « Serpico » avec Al Pacino… voici le programme de votre soirée TV.

 Détaillé et très documenté, « L’Odyssée des plages », nous apprend comment l’humain s’est, petit à petit, approprié les rivages.
Détaillé et très documenté, « L’Odyssée des plages », nous apprend comment l’humain s’est, petit à petit, approprié les rivages. Léon et Lévy/Roger-Viollet

DOCUMENTAIRE. La plage, toute une histoire

A 21h05, sur France 3. On s'y rue aux beaux jours, mais que sait-on de l'histoire de nos plages, 5000 km de côtes façonnées par l'homme, devenues le symbole des vacances et du farniente ? Cette passionnante plongée de deux heures dans les eaux bleues de l'Hexagone se dévore comme un bon film. Détaillé et très documenté, ce documentaire inédit, joliment raconté par Doria Tillier, nous apprend comment l'humain s'est, petit à petit, approprié les rivages.

Il dévoile aussi des images d'archives rares et captivantes. Car si les plages et les vagues nous paraissent si familières aujourd'hui, l'homme les a longtemps fuies. La mer au XVIIIe siècle, c'est encore un milieu hostile, peuplé de pirates et de créatures terrifiantes. Alors, y nager, on n'y songe même pas ! Les premiers bains, d'abord en Angleterre, commencent doucement en France au XIXe siècle, à des fins médicales. On découvre les cabines roulantes qui peuplaient les plages du Nord, le rôle du chemin de fer, les casinos, puis les congés payés et la déferlante de vacanciers. Les débuts de la natation et la bétonisation des côtes.

L'histoire de la plage, c'est aussi l'histoire du corps. Ce qu'on en dévoile ou pas. Des premiers maillots six pièces jusqu'au bikini. A travers ce film, c'est notre histoire qui défile. Celle des loisirs, et du plaisir qui s'est immiscée progressivement dans la société. Parmi ces souriants baigneurs aux larges maillots à bretelles et bambins courant sur le sable, on voit nos parents, nos grands-parents. On devine le bonheur, l'insouciance. Parce que la plage, c'est ça. Un lieu de liberté, de convivialité. Un film parfait pour prolonger un peu l'été.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

« L'Odyssée des plages », documentaire inédit d'Emmanuel Blanchard. (2 heures)

DRAME. La justice du cœur

« Ça commence aujourd’hui », ode à l’action et au volontarisme.Jurgen Vollmer -1999 STUDIOCAN
« Ça commence aujourd’hui », ode à l’action et au volontarisme.Jurgen Vollmer -1999 STUDIOCAN  

A 20h55, sur Arte. Daniel Lefebvre (Philippe Torreton) est directeur d'école maternelle à Hernaing, près de Valenciennes (Nord). Il se heurte chaque jour à une multitude de problèmes liés aux conséquences d'une région rongée par le chômage et à une administration tantôt décalée, tantôt dépassée… Et si le comble du cinéma dit social, en tout cas le comble de sa beauté, consistait à marier, comme le fait ici Bertrand Tavernier, le bonheur de filmer à l'émotion brute du document ?

Quand un cinéaste parvient à ce point à montrer la vie, ses combats, ses douleurs, ses petites — mais immenses — victoires. Quand on nous parle aussi simplement d'amour, de colère, de vocation. Quand on sait, avec une telle pertinence, traduire la justice du cœur, réajuster la part des choses. Quand un film, enfin, creuse une vraie brèche dans cette habitude que nous avons de nous accommoder de la misère des autres… On ne peut que voir et revoir ce long-métrage, et applaudir cette brillante démonstration, ode à l'action et au volontarisme.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 5/5

« Ça commence aujourd'hui », drame français de Bertrand Tavernier (1999), avec Philippe Torreton, Maria Pitarresi, Nadia Kaci, Didier Bezace… (1h57)

FILM. Les ripoux

A 20h50, sur France 5. New York, années 1970, époque où la métropole américaine est l'une des plus dangereuses au monde. Frank Serpico est un policier qui détonne au milieu de ses collègues : bonnet sur la tête, barbe et cheveux longs, il ressemble plus aux suspects qu'interpellent ses collègues qu'à un flic.

C'en est pourtant un, et un bon. Une qualité qui ne lui rend pas service, tant la police locale est gangrenée par la corruption… Royalement servi par un Al Pacino alors au sommet de son talent, « Serpico » est un des mètres étalons du polar à l'américaine. Et pour cause : Frank Serpico a vraiment existé et le scénario s'inspire de sa croisade contre la corruption, qui lui valut, au début, le mépris des autres flics, avant d'être finalement décoré pour héroïsme.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4,5/5

« Serpico », film américain de Sidney Lumet (1973), avec Al Pacino. (2h05)

TÉLÉFILM. Le dernier rôle d'Annie Cordy

Kevin Azaïs et Annie Cordy dans « Illettré ».Cecile Mella
Kevin Azaïs et Annie Cordy dans « Illettré ».Cecile Mella  

A 22h50, sur France 2. La Deux rend hommage à Annie Cordy, disparue vendredi à 92 ans. On le sait, la chanteuse avait plus d'une corde à son arc, et elle est souvent apparue au cinéma ou à la télévision, et souvent dans des rôles ne portant pas à la gaudriole. Comme ce téléfilm qui raconte l'histoire de Léo, un ouvrier de 30 ans. Lorsqu'il se blesse avec une machine, son secret est dévoilé : il n'a pas pu lire les consignes de sécurité, car il fait partie des 2,5 millions d'illettrés recensés en France.

Licencié, Léo tombe amoureux de son infirmière et voisine Nora. Comment lui avouer qu'il ne sait pas lire ? Le garçon (intense Kevin Azaïs) va-t-il continuer à s'emmurer et sombrer ? Le réalisateur, Jean-Pierre Améris, aborde avec subtilité la dévalorisation, le repli sur soi, mais aussi une renaissance. Annie Cordy, dans son dernier rôle d'actrice, y incarne avec justesse la grand-mère du héros.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3/5

« Illettré », téléfilm français de Jean-Pierre Améris (2018), avec Kevin Azaïs, Annie Cordy… (1h25)

DOCUMENTAIRE. Un hymne à la vie

A 21h05, sur RMC Story. Alors qu'il a quitté la France pour partir vivre le fameux « rêve américain », Bruno Dellinger se retrouve dans ce qui a été le pire des cauchemars pour des centaines de milliers de New-Yorkais. Le 11 septembre 2001 à 8h46 précises, ce patron d'une entreprise située au 46e étage se retrouve pris au piège de l'attentat contre les tours du World Trade Center. Il est alors au cœur d'une course effrénée pour sa survie, entre instinct et succession de choix tous plus difficiles les uns que les autres. Dans ce qu'il appelle un hymne à la vie, il décide de témoigner. D'autres rescapés qui étaient en première ligne prennent également la parole, parfois pour la première fois depuis le drame, près de vingt ans plus tard.

Le documentaire prend le parti de remonter soigneusement pièce par pièce toutes les séquences de l'attentat. C'est réussi, et ça ne vire jamais à l'apitoiement ou à la haine. Voici un bel hommage qu'offrent ces survivants, toujours dignes, malgré le calvaire qu'ils ont vécu.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3/5

« Pris au piège », documentaire canadien inédit de Frédéric Tonolli. (1 heure)