Programme TV du lundi 22 février : notre sélection

Le fabuleux voyage du «baron de Münchhausen», le remarquable et terrifiant «Raccrochez, c’est une erreur», une fiction réussie sur l’enfer vécu par Patrick Dils, condamné à tort… voici notre sélection pour votre soirée télé.

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 John Neville (en noir), dans le costume du baron de Münchhausen.
John Neville (en noir), dans le costume du baron de Münchhausen. Lyre/Prominent Features/Laura-Film

AVENTURES. Complètement délirant !

A 20h50, sur France 5. Sorti en salles en 1988, ce film n'a pas rencontré le succès qu'il aurait mérité, malgré de très bonnes critiques et quatre nominations aux Oscars. Cette comédie fantastique et burlesque du Monty Python et réalisateur de « Brazil » ou « l'Armée des douze singes », Terry Gilliam, raconte les aventures plus extravagantes les unes que les autres d'un vieillard prétendant être le célèbre baron de Münchhausen, qui engage un fabuleux voyage à la recherche de quatre anciens compagnons disparus.

Le personnage a réellement existé. Officier de cavalerie au sein de l'armée russe en 1720, c'est une fois à la retraite que va naître sa légende. Les exploits qu'il raconte à son retour dans son village sont tellement incroyables qu'ils donneront naissance à diverses œuvres littéraires. En France, c'est Théophile Gautier qui fera connaître le baron de baron de Münchhausen sous le nom de baron de Crac, celui qui raconte des craques. Le cinéma s'intéresse rapidement à l'histoire, puisque le grand Georges Méliès en livre une première version dès 1911. Une autre adaptation, réalisée en Allemagne en pleine Seconde Guerre mondiale, est également réputée, et a même été diffusée à la télévision française.

Quoi qu'il en soit, ce personnage fantasque et haut en couleur ne pouvait laisser indifférent Terry Gilliam, qui nous offre à grand renfort d'effets spéciaux féeriques un conte fantastique, avec des scènes du baron sur la Lune ou dans les entrailles d'un monstre marin. A noter, Uma Thurman, dans le rôle de Vénus, faisait dans ce film sa deuxième apparition au cinéma.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4,5/5

«Les Aventures du baron de Münchhausen», film fantastique américain de Terry Gilliam (1988), avec John Neville, Eric Idle, Sarah Polley… (2h05)

POLICIER. Angoisse au bout du fil

Leona (Barbara Stanwyck), femme riche et invalide, découvre que son mari veut l’assassiner. /Paramount Pictures
Leona (Barbara Stanwyck), femme riche et invalide, découvre que son mari veut l’assassiner. /Paramount Pictures  

A 20h55, sur Arte. Comment raconter la terreur croissante d'une femme qui, pendant tout le film, reste dans sa chambre, suspendue au téléphone ou dans l'attente que celui-ci sonne ? En 1948, le réalisateur américain Anatole Litvak réussissait cet exploit en adaptant au cinéma la pièce radiophonique « Raccrochez, c'est une erreur ». Ce long-métrage très noir (et en noir et blanc) met en scène Leona, une femme riche et invalide, qui surprend par erreur une conversation téléphonique entre deux hommes qui planifient un meurtre le soir-même. Depuis son lit et au bout du fil, la jeune femme va mener l'enquête, qui va convoquer de nombreux flash-back… et la conduire vers la terrible vérité.

Huis clos en temps réel, l'œuvre fait monter l'angoisse en s'appuyant sur une musique d'orchestre qui s'emballe, et surtout sur le visage inquiet, puis terrifié, de Barbara Stanwyck. Dans cette intrigue criminelle complexe, l'actrice est formidable en femme torturée et tyrannique, face à un Burt Lancaster délicieusement opportuniste.

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LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Raccrochez, c'est une erreur», film noir américain réalisé par Anatole Litvak (1948), avec Burt Lancaster, Barbara Stanwyck, Ann Richards… (1h29)

DRAME. Jeune et innocent

A 21h05, sur France 2. Il n'avait que 16 ans et souhaitait juste rentrer chez lui. Patrick Dils a pourtant passé quinze années en prison pour le meurtre de deux enfants à Montigny-lès-Metz (Moselle), en 1986, avant d'être innocenté en 2002. Victime de l'une des erreurs judiciaires les plus retentissantes de l'histoire de France, celui qui a déjà signé deux livres a accepté que son drame soit porté à l'écran sur France 2 en 2016.

Dans « Je voulais juste rentrer chez moi », rediffusé ce soir, le comédien Yves Rénier, ici à la réalisation, n'élude ni les errances ni les violences subies par l'adolescent lors de sa détention. Mais il se focalise surtout sur le combat d'une mère (Mathilde Seigner, étonnante et quasi méconnaissable), celui de Jacqueline Dils, prête à tout pour prouver l'innocence de son fils. Ce dernier est interprété avec justesse par Thomas Mustin (« Zone blanche », « la Trêve »). Une prestation qui avait été appréciée par près de 4 millions de téléspectateurs lors de la première diffusion du téléfilm, en janvier 2018.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Je voulais juste rentrer chez moi», téléfilm français d'Yves Rénier (2017), avec Mathilde Seigner, Thomas Mustin, Jean-Claude Leguay… (1h35)

DOCUMENTAIRE. Les Alpes, toute une histoire

Un documentaire inédit sur les Alpes, massif jadis inaccessible qui s’est transformé en un siècle./Morgane Production
Un documentaire inédit sur les Alpes, massif jadis inaccessible qui s’est transformé en un siècle./Morgane Production  

A 21h05, sur France 3. Les sports d'hiver vous manquent ? N'hésitez pas à aller faire le plein de poudreuse sur France 3 avec ce documentaire inédit sur les Alpes. Mais attention : si neige et sommets sont bien au rendez-vous, le propos se veut ici beaucoup plus historique que ludique. En une heure et demie, vous découvrirez pourquoi et comment ce massif s'est transformé en un siècle, passant de territoire isolé et inaccessible à petit paradis surpeuplé en saison pour amateurs de ski et sports de glisse. Un changement radical qui commence à s'opérer dans l'après Seconde Guerre mondiale, avec la politique de grands travaux et la construction des barrages, et se poursuit avec développement du tourisme de masse dans les années 1970.

Essentiellement construit sur des images d'archives et des témoignages d'habitants, cette émission intéressante révèle un peu de l'envers du décor de cette extraordinaire mutation, sans rien occulter des drames humains qui l'ont accompagnée, comme la disparition sous les eaux du village de Tignes (Savoie), en 1952.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3/5

«La Grande Saga de nos montagnes : les Alpes», documentaire français inédit de Frédéric Brunnquell. (1h34)

THRILLER. Les papys braqueurs

A 21h15, sur C8. Le coup des délinquants sortis de leur maison de retraite, on nous l'avait déjà fait en 2017 avec « Braquage à l'ancienne ». « Gentlemen cambrioleurs » exploite le filon, toujours avec Michael Caine, ici en compagnie de Tom Courtenay (« Docteur Jivago ») et Jim Broadbent (« Harry Potter »). Ces papys-là sont british, tour à tour dandys ou salaces, et malgré leurs hanches artificielles, leur sonotone et leur diabète type 2, ils se lancent dans un casse à plusieurs millions de livres sterling… Le film manque un peu de rythme, mais les dialogues sont savoureux et l'on suit avec plaisir les engueulades et trahisons de ces criminels en bérets et blousons molletonnés. Et Michael Caine, 86 ans, reste très « charming ».

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3/5

«Gentlemen cambrioleurs», comédie britannique de James Marsh (2019), avec Michael Caine, Tom Courtenay, Jim Broadbent… (1h46)