Programme TV du dimanche 24 janvier : notre sélection

«Le Sens de la fête», comédie jouissive avec Jean-Pierre Bacri, Hugo Clément «Sur le front» de l’écologie, François Cluzet épatant dans «Ne le dis à Personne»…voici nos idées pour votre soirée télé.

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 Dans «Le Sens de la fête», film d’Eric Toledano, Jean-Pierre Bacri campe un patron dépassé et à bout de nerfs qui nous fait passer du rire aux larmes.
Dans «Le Sens de la fête», film d’Eric Toledano, Jean-Pierre Bacri campe un patron dépassé et à bout de nerfs qui nous fait passer du rire aux larmes. TF 1 PROD/Thibault Grabherr

COMÉDIE. Bacri dans tous ses états

A 21h05 sur TF1. Il disait qu'avec les Toledano-Nakache, ils faisaient partie de « la même famille ». Jean-Pierre Bacri, disparu le 18 janvier à l'âge de 69 ans, partageait avec les cinéastes d'« Intouchables » le même goût pour la comédie qui a du sens. En 2017, le duo de réalisateurs a sollicité l'acteur pour la première fois, lui offrant le rôle principal du bien nommé « le Sens de la fête » : celui d'un traiteur chargé d'orchestrer un mariage dans un sublime château, mais qui doit essuyer un torrent de catastrophes.

Bacri a participé à l'écriture des dialogues de ce film et son génie de la repartie, combiné à celui d'Eric Toledano et Olivier Nakache, fait ici des merveilles. On rit toutes les trente secondes dans cette comédie accrochée à un compte à rebours et rythmée par des échanges hilarants, sur une musique de jazz bouillonnante. Autour de Jean-Pierre Bacri, les réalisateurs ont mis les petits plats dans les grands : ils ont réuni une troupe d'acteurs issus de la comédie, du cinéma d'auteur, du one-man-show ou de la Comédie-Française. Cette joyeuse bande campe une équipe de bras cassés hilarants et touchants, du photographe lourdingue (Jean-Paul Rouve) au chanteur ringard (Gilles Lellouche), en passant par le marié tête à claques (Benjamin Lavernhe) ou le beau-frère dépressif (Vincent Macaigne).

« Le Sens de la fête » est une succession de sketchs jouissive, menée tambour battant. Mais c'est aussi une histoire de solidarité et d'humanité, une métaphore optimiste de la société imaginée par Toledano et Nakache au lendemain des attentats du 13 novembre. Dans ce tableau qui nous fait passer du rire aux larmes, Jean-Pierre Bacri campe un patron dépassé, à bout de nerfs, mais d'une sensibilité et d'une tendresse bouleversantes. Un rôle à la fois immense et sur-mesure.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 5/5

«Le Sens de la fête», comédie française d'Eric Toledano et Olivier Nakache (2017), avec Jean-Pierre Bacri, Gilles Lellouche, Eye Haïdara, Jean-Paul Rouve… (1h56)

POLAR. Morse en mauvaise posture

Shaun Evans est le Sergent Endeavour Morse dans la série les «Enquêtes de Morse». Mammoth Screen Limited
Shaun Evans est le Sergent Endeavour Morse dans la série les «Enquêtes de Morse». Mammoth Screen Limited  

A 21h05 sur France 3. Le troisième et dernier épisode de la septième saison des « Enquêtes de Morse » remet au centre de l'intrigue les meurtres qui ont préoccupé les agents de la police de la vallée de la Tamise depuis le premier volet de cette année. Malgré leurs efforts, le véritable auteur des meurtres commis sur le chemin de halage n'est pas derrière les barreaux. Le dernier rebondissement de l'affaire crée d'ailleurs des tensions entre le sergent Morse et son supérieur, l'inspecteur chef Thursday. Le héros de la fiction file également un mauvais coton dans sa vie privée, poursuivant sa relation avec la femme mariée qu'il avait rencontrée à Venise. Enfin, une succession de morts accidentelles suscite la suspicion d'une journaliste qui convainc Morse de mener des investigations supplémentaires.

Tous ces différents fils constituent une trame dense pour l'épisode intitulé « la Pomme de la discorde », qui ne manque pas d'émotions et ne ménage pas son personnage principal. Le virage pris par l'intrigue à la toute fin de l'épisode a de quoi poser de multiples questions pour la saison 8, déjà commandée outre-Manche.

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LA NOTE DE LA RÉDACTION : 3,5/5

«Les Enquêtes de Morse : La Pomme de la discorde», téléfilm britannique de Kate Saxon (2020,) avec Shaun Evans, Roger Allam… Saison 7, épisode 3/3 (1h29)

MAGAZINE. Hugo Clément remonte au front

A 20h50 sur France 5. Mi-Elise Lucet pour son côté cash, Mi-Nicolas Hulot pour son combat pour l'écologie, revoilà Hugo Clément avec « Sur le front ». Mais plus sur France 2, comme pour les quatre précédents numéros. Face aux audiences décevantes, la direction de France Télévisions a décidé de le transférer sur France 5 avec une nouvelle version, encore plus percutante. Le premier des deux volets de cette soirée tire un signal d'alarme sur l'état de la forêt amazonienne. Moments forts, le journaliste engagé suit une opération du GIGN contre l'orpaillage illégal côté Guyane, puis part à la rencontre du chef Raoni, tout juste remis du Covid-19. Séquence émotion aussi avec le sauvetage d'un tapir brûlé par un incendie de forêt.

Du grand Hugo Clément, qui se met, par ailleurs, toujours autant en avant, notamment sur le deuxième volet consacré au blanchissement de la Grande Barrière De Corail, ou plutôt à sa garde à vue par la police australienne…

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Sur le front», série documentaire inédite présentée par Hugo Clément. (2 x 52 minutes)

POLICIER. Parlez-en à tout le monde

François Cluzet dans «Ne le dis à Personne» de Guillaume Canet (2006).  W9 Europa Corp
François Cluzet dans «Ne le dis à Personne» de Guillaume Canet (2006). W9 Europa Corp  

A 21h05 sur W9. Guillaume Canet a été le premier à adapter l'écrivain américain à succès Harlan Coben, avec « Ne le dis à Personne ». Le comédien en tire un petit bijou, qui lui a permis de gagner ses galons de cinéaste, après un premier film prometteur quatre ans auparavant, « Mon Idole ». Il a aussi relancé la carrière de François Cluzet en 2006, épatant dans les habits de ce veuf éploré accusé à tort d'un crime, et pour lequel Canet s'est battu afin qu'il interprète ce rôle.

Cette contre-enquête mêlée de courses-poursuites comprend des scènes à couper le souffle, comme cette inoubliable traversée du périphérique parisien. Un film haletant et profond, qui a été récompensé par quatre Césars, dont ceux du meilleur acteur et du meilleur réalisateur, et a aussi rencontré un joli succès auprès du public, avec plus de 3 millions d'entrées en salles.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 4/5

«Ne le dis à Personne», film policier français de Guillaume Canet (2006), avec François Cluzet, Marie-José Croze, André Dussollier… (2h05)

DRAME. Trop joli pour être honnête

A 21h05 sur France 2. Reinhard Heydrich était le bras droit d'Himmler, chef de la Gestapo, nommé à Prague pour diriger la Bohême-Moravie. Il périt des suites d'un attentat perpétré par deux résistants, en 1942. Une histoire racontée dans « HHhH », livre de Laurent Binet, récompensé du prix Goncourt du premier roman, en 2010. Son adaptation au cinéma s'avère hélas décevante. Jimenez sait faire du cinéma, c'est indéniable. Il a un sens hollywoodien de la mise en scène, de la beauté de l'image, nourrie de l'élégance des femmes, des bals, puis peu à peu recentrée sur les horreurs et les tortures de la guerre.

La seconde partie bascule dans une structure binaire de chasse à l'homme avec sanglants cadavres à la pelle et final noyé dans l'angoisse. Ce n'est pas ce rendu de la violence qui aboutit à nous laisser sonné d'un bon coup sur le crâne, c'est cette volonté de faire joli avec. Jusqu'à créer une espèce de malaise, d'écœurement, qui rend spectaculairement malsaine toute cette entreprise.

LA NOTE DE LA RÉDACTION : 2/5

«HHhH», drame historique français de Cédric Jimenez (2017), avec Jason Clarke, Rosamund Pike, Jack O'Connell… (2 heures)