Polémique à «The Voice» : le rappeur The Vivi écarté par la production

Des messages jugés choquants que le candidat avait postés sur Twitter en 2017 ont été exhumés par les internautes après sa prestation, samedi soir.

Du gros son et des frissons. Dans l'épisode de « The Voice » diffusé samedi 20 février, les quatre coachs se sont retournés sur la puissante prestation de The Vivi. Pour les auditions à l'aveugle, ce rappeur de 21 ans avait choisi de reprendre « Suicide social », un titre provocateur d'Orelsan qui lui a permis d'intégrer l'équipe de Vianney, nouveau juré de l'émission. Mais ce n'est pas forcément ce que les téléspectateurs de TF1 retiendront. Au lendemain de la diffusion de l'émission, des messages de ce candidat atypique postés sur Twitter ont refait surface, enflammant immédiatement la Toile. Et au-delà.

Blagues à caractère raciste, propos sexiste, commentaire homophobe ou allusion à de la pédophilie… cinq tweets datant de 2017 sont particulièrement pointés du doigt. Face à ce mauvais buzz, The Vivi prend la plume sur Instagram, dimanche à 20h50.

« Depuis ce matin, je vois de vieux tweets qui ressortent que j'avais écrit quand j'avais 17 ans, écrit-il. En relisant ces messages, j'éprouve un sentiment de honte. Ce sont des propos de cours de récré d'un ado inconséquent qui me font froid dans le dos. Je ne pensais pas un mot de ce que j'ai écrit. » Et il ajoute : « Je demande pardon à toutes les personnes que j'ai pu offenser avec ces messages honteux. » Dans la foulée, The Vivi a supprimé son compte Twitter.

«Ces messages restent incompatibles avec nos valeurs»

Une polémique qui semble dépasser Vincent, son véritable prénom. Contacté ce lundi matin, celui-ci ne souhaite pas s'étendre sur le sujet. « Je suis soi-disant misogyne, raciste ou autre. Mais je n'ai pas la tête aussi grosse pour être tout ça. Je ne suis d'ailleurs rien du tout. Ces tweets sont sortis de leur contexte. » Puis il met fin à la discussion, assurant qu'il s'exprimera davantage dans les prochains jours.

Entre-temps, ITV Studios France, qui fabrique le télécrochet, a tranché sur son sort : exit The Vivi. Une décision prise en accord avec TF1. « Nous avons été extrêmement choqués par ces tweets qui sont à l'opposé des valeurs d'inclusion et de tolérance prônées par The Voice, comme en atteste la diversité des talents, précise la production. Ces messages sont également contraires aux engagements pris par les talents quand ils participent à The Voice. The Vivi a immédiatement présenté des excuses sincères sur son compte Instagram. Mais ces messages restent incompatibles avec nos valeurs et avec sa participation au programme qui s'arrête aujourd'hui. »

Fin de l'histoire ? Pas pour l'avocat Jérémie Assous, qui s'est spécialisé dans les contrats de candidats d'émissions télé. Celui-ci dénonce une « décision illégale », qu'il qualifie même de « licenciement abusif ». « La sanction de la production est encore plus sévère que la loi qui prévoit qu'un casier judiciaire s'efface à 18 ans, insiste-t-il. On ne peut pas reprocher à un jeune adulte des propos qu'il a tenu quand il était mineur. Peu importent les âneries qu'il y ait pu écrire, que ça soit de l'humour lourd ou abjecte comme peut en faire Charlie Hebdo quand ils caricaturent le pape sodomisant un enfant. Quelle est l'étape d'après ? L'interdiction d'être grossier ? On a le droit de choquer et d'être nul. »

Le précédent de la chanteuse Mennel

Ce scénario en rappelle un autre, celui la chanteuse Mennel en 2018. La polémique était partie, là aussi, des réseaux sociaux où des internautes avaient retrouvé d'anciens messages de la candidate remontant à juillet 2016, et effacés depuis, après les attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray. Mennel y accusait le gouvernement d'être « les vrais terroristes » et mettait en doute l'attentat de Nice. Elle avait également partagé sur Facebook des publications de Tariq Ramadan ou de Dieudonné. Mais contrairement à The Vivi, c'est elle qui avait annoncé son retrait de l'émission, après des excuses.

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A l'époque, le producteur et le diffuseur de « The Voice » n'avaient pas eu le choix. S'ils avaient débarqué la jeune femme contre son gré, elle aurait pu porter l'affaire devant la justice et avoir gain de cause. « Ça aurait été du délit d'opinion et une vraie discrimination. Mennel a juste été sacrifiée sur l'autel du politiquement correct, où le complotisme est le nouveau crime suprême », nous avait confié Me Jérémie Assous. Reste à savoir si The Vivi allait loin dans l'émission. Pour Mennel, ITV avait coupé ses prestations enregistrées à l'avance, comme c'est le cas pour le jeune rappeur.