«Pékin Express» de retour sur M6 : la saison de toutes les galères

Pandémie, changements en catastrophe, accident mortel… La 14e édition de «Pékin Express», qui arrive ce mardi soir sur M6, a été particulièrement chamboulée.

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 Le tournage de «Pékin Express» a été interrompu à plusieurs reprises.
Le tournage de «Pékin Express» a été interrompu à plusieurs reprises. Patrick Robert/M6

« Chaque saison a son lot de galères. C'est quand tout va bien que ce n'est pas normal… », s'amuse Thomas Barnéoud, directeur artistique de « Pékin Express ». Ce mardi, à 21h05, M6 lance la saison 14 de son jeu d'aventures. Mais entre le Covid-19, les conditions climatiques ou encore un accident mortel, le tournage n'a été d'aucun repos. Carnet de route de « la saison la plus longue et la plus difficile de l'histoire de Pékin Express », dixit ses producteurs.

28 février 2020. C'est le grand départ. L'équipe technique quitte Paris pour l'Ouganda. En France, le coronavirus commence à faire parler. Mais les voyages sont autorisés. Les candidats prennent eux l'avion le 2 mars. « Mais à l'arrivée, on découvre que le pays surveille de près les arrivants européens. Quelques jours plus tard, il ferme ses frontières aux Français », se souvient le producteur Thierry Guillaume. Soulagement pour les équipes, le tournage peut démarrer. Trois étapes sont mises en boîte, dans des conditions normales. « Nous étions dans une espèce de bulle », assure le producteur. « Avec le recul, nous ne serions peut-être pas partis, reconnaît Thomas Barnéoud. Mais finalement, nous avons bien fait : nous n'avons mis personne en danger et nous avons pu tourner toutes nos étapes en Ouganda. »

Le début de cette 14e saison a pu être tourné sans problème en Ouganda./M6/Patrick Robert
Le début de cette 14e saison a pu être tourné sans problème en Ouganda./M6/Patrick Robert  

14 mars 2020. Cap sur l'Éthiopie. Loin des préoccupations de l'Hexagone. Mais premier imprévu. Alors qu'il s'apprête à décoller, l'avion reste cloué au sol. Une tempête de sable paralyse le trafic. « Nous avons dû affréter des bus et rouler pendant deux jours pour rejoindre le nord de l'Éthiopie », se rappelle Thierry Guillaume. Sur la route, la réalité européenne les rattrape. « Les locaux criaient Covid ! Covid ! en nous voyant. » A leur arrivée, les candidats et les équipes n'ont qu'une nuit pour souffler. Le lendemain, le tournage reprend. En théorie.

17 mars 2020. La veille, Emmanuel Macron s'adresse solennellement aux Français. Le confinement est prononcé. Et le territoire aérien fermé. « Je ne peux pas prendre le risque de bloquer 100 personnes en Éthiopie », confie Thierry Guillaume. Le tournage est immédiatement interrompu. Tous doivent rentrer en France. En moins de 24 heures. Un premier avion les emmène à Addis-Abeba, la capitale du pays. De là, ils doivent rentrer à Paris. « Mais l'avion était trop petit, explique le directeur artistique. La compagnie a accepté de le changer à la dernière minute pour que nous puissions tous rentrer. » Et l'aventure s'arrête. Provisoirement, en tout cas. Pendant le confinement, les équipes de la production et de M6 réfléchissent à la façon de reprendre le tournage. Où, et surtout quand.

13 juillet 2020. Dans un aéroport parisien, Thomas Barnéoud a son sac à dos. La veille au soir, la production lui a demandé de préparer ses bagages. Le tournage pourrait reprendre avant la fin de l'été. Mais hors de question de retourner en Afrique. Direction la Grèce puis la Turquie. En quelques heures, avec ses équipes, ils écrivent le nouveau parcours. Et procèdent aux repérages. « On a fait en un mois et demi ce qu'on fait habituellement en cinq ou six, se souvient-il. Mais cette fois, les échanges ont lieu en temps réel avec les équipes à Paris et M6. Et ces pays nous permettaient un rapatriement rapide si besoin. » Un protocole sanitaire strict est mis en place. Gel hydroalcoolique, tests réguliers, masques transparents y compris en intérieur et chambre séparée et aérée impérative chez les locaux. Mais mi-août, nouvelle frayeur. « Les chiffres des contaminations remontent. Des scientifiques tirent la sonnette d'alarme. A ce moment-là se pose réellement la question d'abandonner le tournage », confie Thierry Guillaume. Finalement, le 8 septembre, l'aventure reprend.

La suite de la saison a été tournée entre la Grèce et la Turquie./M6/Patrick Robert
La suite de la saison a été tournée entre la Grèce et la Turquie./M6/Patrick Robert  

21 septembre 2020. Ce jour-là, sur une route turque, le véhicule d'un octogénaire percute deux voitures de « Pékin Express ». Des candidats et des techniciens sont touchés. « Tous ont été transportés rapidement à l'hôpital », explique Thierry Guillaume. L'octogénaire décède à son arrivée. Les candidats et techniciens sont examinés. Douze heures d'attente. La question de l'arrêt définitif de la course se pose à nouveau. Finalement, les médecins se montrent rassurants sur l'état de santé des équipes françaises. Mais décident de les garder en observation. Et leur interdisent de reprendre la route. Abandon forcé.

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26 septembre 2020. La demi-finale s'apprête à démarrer en Turquie. Comme à chaque étape, tout le monde est testé. « Et cette fois, on découvre un cas positif, explique Thomas Barnéoud. Cinq caméramen ont été à l'isolement pendant dix jours à leur hôtel. Avec la crainte que les autorités nous imposent d'arrêter le tournage. ». Malgré tout, la demi-finale a bien lieu. Mais sur deux jours au lieu de trois. Et un nouveau test révélera un peu plus tard qu'il ne s'agissait en réalité que d'un faux positif.

1er octobre 2020. L'avion en provenance de Turquie atterrit à Paris. A peine quelques heures plus tôt, Stéphane Rotenberg accueillait le binôme gagnant à Istanbul. « Quand on a terminé, j'ai soufflé un bon coup », admet Thierry Guillaume. « On n'y croyait pas », surenchérit Thomas Barnéoud. Les conditions sanitaires empêchent toute fête de fin de tournage. « Quand on regarde le déroulé de cette saison, on a le vertige… » confie le directeur artistique. Mais pas de quoi les décourager. « Nous sommes déjà en train de travailler sur la prochaine. Si le Covid-19 est toujours là, nous nous adapterons. Et s'il n'y en a plus, tant mieux. »