«Mask Singer» : Dave, Valérie Damidot… le casting de la saison 2 est-il à la hauteur ?

Avec des personnalités comme Dave, Frédérique Bel ou Liane Foly, le programme phare de TF1 provoque, comme lors de la première saison, des débats quant au standing de ses candidats. Décryptage.

 Approché l’an dernier pour « Mask Singer », Dave a participé à la deuxième saison dont il a été éliminé lors de la troisième émission.
Approché l’an dernier pour « Mask Singer », Dave a participé à la deuxième saison dont il a été éliminé lors de la troisième émission. TF1/Christophe Chevalin

« Vous vous doutez bien que Catherine Deneuve et Jean Dujardin ont autre chose à faire que de participer à Mask Singer », s'agace-t-on à TF1 où l'on vit mal les critiques sur la qualité du casting de son télécrochet, dont les demi-finales se déroulent ce samedi soir. La direction de la chaîne est satisfaite des participants de cette deuxième saison. « Ce sont des personnalités connues de tous. Les téléspectateurs trouvent marrant de découvrir Frédérique Bel ou Valérie Damidot! », souffle un cadre du groupe, rappelant les excellentes audiences. Avec 4,9 millions chaque samedi, soit 23 % de part de marché, « Mask Singer » fait partie des valeurs sûres.

Pourtant la déception pointe parfois lors du démasquage. TF1 aurait-elle survendu « Mask Singer »? L'année dernière, la chaîne n'avait pas assez de superlatifs pour vanter la notoriété des stars participant à son télécrochet délirant. La production assurait n'avoir contacté que la crème de la crème. « J'ai eu peur que, comme parfois dans Danse avec les stars, que j'adore, les danseurs soient plus connus que les participants. Mais vraiment c'est dingue, on est dans une autre dimension », racontait l'an passé l'humoriste Jarry, un des jurés.

Six épisodes plus tard, 3 des 12 candidats de la première saison (Joyce Jonathan, Sheila et Lio) avaient foulé auparavant le parquet de la Une. La vedette réputée dans le monde entier pour « avoir joué dans un film nommé aux Oscars » était le champion du monde de foot Frank Lebœuf, qui avait fait une apparition dans « Une merveilleuse histoire du temps », effectivement primé à Hollywood… Et le lauréat d'un César ? L'animateur Karl Zéro récompensé en 2007 pour son documentaire sur Jacques Chirac.

« Plus aucune émission sérieuse n'invite les Bogdanoff »

Même déception cette année : Liane Foly, Djibril Cissé et Valérie Damidot se sont déjà risqués à « Danse avec les stars ». Et cette liste n'est sans doute pas finie… Certes, il y a eu Laure Manaudou, championne olympique de natation, ou Itziar Ituno, l'une des stars de la série espagnole de Netflix « La Casa de papel », venue le temps d'une soirée en « vedette internationale », mais on a aussi découvert les frères Bogdanoff. Dans le métier, on dit d'eux qu'ils sont « déjà au maquillage ». Toujours disponibles pour les médias, surtout s'il y a un cachet. « Plus aucune émission sérieuse ne les invite depuis longtemps », assure la programmatrice d'une émission en vue.

En coulisses, le casting a viré au casse-tête. La production a essuyé de nombreux refus, et quelques désistements à cause du Covid. Le format ne plaît pas à tout le monde. « La vérité c'est que quelqu'un comme José Garcia, ne fera jamais Mask Singer… », regrette un membre de l'équipe. L'acteur, qui n'a pourtant jamais rechigné devant un déguisement grotesque dans « Nulle part ailleurs », juge plus gratifiant de participer à la série « Dix pour cent ».

Karl Zéro reconnaît avoir hésité la saison dernière avant de signer incognito. « J'ai d'abord dit : Même pas en rêve. Je ne vais pas me déguiser en pingouin pour batailler avec Danièle Gilbert. La loose intégrale. Mais TF1 m'a convaincu car je pouvais chanter et j'adore ça. Finalement, je suis retombé en enfance et je me suis éclaté », raconte l'ancien animateur de Canal +. Son camarade, l'imitateur Yves Lecoq, tient le même discours : « J'ai décliné. Ils ont un peu insisté et j'ai changé d'avis. Je n'ai pas regretté car j'aime chanter. » Et les critiques quant à leur participation ? Karl Zéro les balaye. « Que la jeune génération ait dit Qui c'est ce baltringue ?, je m'en fous. Ça m'a fait marrer », lance le trublion.

Un salaire lié à la notoriété

« Ne comptez pas sur moi pour cracher dans la soupe ! », nous prévient d'emblée Dave, éliminé lors de la troisième émission de cette année. « On m'avait approché pour la saison 1, je me sentais trop vieux pour ça. Mais j'ai jeté un œil à l'émission et j'ai trouvé ça bien foutu. Pendant le confinement, ils m'ont rappelé. C'était au moment où je devais annuler tous mes concerts… Je n'ai pas chanté en public depuis février donc tout le monde comprend les raisons profondes pour lequel je le fais. Mais finalement, je me suis bien amusé », ajoute le chanteur.

Pour les artistes, « Mask Singer », dont une troisième saison est en commande, est la promesse de revenus très attirants quand théâtres et salles de concerts sont fermés. Les frères Bogdanoff ont révélé avoir été payés 20 000 euros chacun. « Cela ne me parait pas beaucoup pour d'éminents scientifiques », ironise un autre candidat, un peu mieux rémunéré. « Dans ce genre d'émission, le salaire est lié à la notoriété. Cela varie du simple au quadruple, ça dépend si tu as un bon agent », confie un habitué de ce type de contrat.

« Le salaire est défini à l'avance pour toute la saison, qu'on soit éliminé à la première émission ou que l'on gagne. De toute façon, il y a seulement quelques jours de tournage et une ou deux séances d'essayage. Et pareil pour les enregistrements des chansons », confie un autre candidat de la saison, sous couvert d'anonymat. Mais aussi rondelettes soient-elles, ces sommes peuvent facilement atteindre le double ou le triple sur « Danse avec les stars ». C'est aussi pour ça que les plus grosses stars ne se bouclent pas aux portillons de « Mask Singer ».