Les Etoiles espoir humour du Parisien seront diffusées le 4 janvier sur Comédie + et MyCanal

L’émission, présentée par Djimo, réunissant la crème de la nouvelle génération du rire s’est tournée mardi soir dans l’enceinte de l’Européen. Reportage.

 Djimo est le maître de cérémonie de cette nouvelle édition des Etoiles espoir humour du Parisien.
Djimo est le maître de cérémonie de cette nouvelle édition des Etoiles espoir humour du Parisien. LP/Frédéric Dugit

Veste de costard sur le dos, bob de soirée sur la tête, il est 18 heures pétantes, ce mardi, quand Djimo débarque sur la scène de l'Européen (Paris, XVIIe). Voilà, c'est parti pour une heure et demie de rires avec les « Etoiles espoir humour du Parisien », qui seront diffusées le 4 janvier prochain en prime time sur la chaîne Comédie + puis disponibles sur la plate-forme MyCanal. Cette promo 2020 restera à part dans l'histoire de ce gala que la rédaction organise depuis trois ans pour mettre en lumière le meilleur de la nouvelle génération du rire. Covid et reconfinement obligent, les deux représentations en public prévues le 17 novembre ont été annulées. Plusieurs options s'offraient à nous : remettre la soirée aux calendes grecques ou accepter les quasi Douze travaux d'Hercule que représentaient le maintien de ce rendez-vous dans sa version cathodique. Challenge accepté.

La loi interdit les spectacles. Mais pas le tournage des émissions de télévision. Alors, dès mardi matin, la scène de l'Européen - chaleureux théâtre prisé par les humoristes comme Blanche Gardin - sort une nouvelle fois de sa torpeur. Sous l'impulsion de son directeur Sébastien Beslon qui est allé jusqu'à y installer des néons germinicides, cette salle a été la première à rouvrir après le confinement, saison 1. Elle est aussi l'une des seules à accueillir des artistes au milieu de cette saison 2. « Banco », nous a-t-on répondu quand Le Parisien a émis le souhait de maintenir l'enregistrement de ce show soutenu également par la SACD.

Debout (de g. à d) les humoristes, Marion Mezadorian, Fanny Ruwet, Morgane Cadignan, Lola Dubini et, devant, Rosa Bursztein. LP/Frédéric Dugit
Debout (de g. à d) les humoristes, Marion Mezadorian, Fanny Ruwet, Morgane Cadignan, Lola Dubini et, devant, Rosa Bursztein. LP/Frédéric Dugit  

Le décor, d'élégantes étoiles découpées dans de faux murs de briques, est l'oeuvre de l'école Hourdé qui joue à domicile. Les caméras sont installées. Gel hydroalcoolique, port du masque généralisé sauf pour les artistes quand ils jouent, distanciation sociale même sur scène (NDLR : il n'y aura pas de salut final avec tous les humoristes) : les équipes de Jaad, coproducteur de la soirée avec Le Parisien, assurent un protocole sanitaire aux petits oignons.

Un sacré parterre de guest stars

Les artistes défilent dès 13 heures pour les répétitions. La plupart n'ont pas joué depuis plus d'un mois. Mélange de crainte et d'excitation. Mais la balance penche clairement pour la deuxième. « Merci, ça nous a fait du bien de retrouver un peu de vie d'avant », glissera l'un d'eux après coup résumant le sentiment général. Malgré les aléas, le casting n'a (presque) pas varié d'un iota. Seul Jérémy Demay, artiste français bloqué au Québec, manque à l'appel. Mais il nous enverra une vidéo pour faire partie de l'émission.

L’humoriste Nordine Ganso, le benjamin de la sélection… LP/Frédéric Dugit
L’humoriste Nordine Ganso, le benjamin de la sélection… LP/Frédéric Dugit  

Les autres viennent parfois de loin. Fanny Ruwet, jeune chroniqueuse de France Inter, débarque le matin même de Bruxelles. Alexandre Kominek arrive de Suisse. Ces derniers jours, on croisait fort, fort les doigts pour que les frontières ne soient pas, d'un coup, fermées. Au final, la promo réunie sur scène ce mardi se compose de quatre femmes (Morgane Cadignan, Fanny Ruwet, Marion Mezadorian et Rosa Bursztein) et de quatre hommes (Nordine Ganso, Alexandre Kominek, Alexis Le Rossignol et Edgar-Yves). Huit coups de coeur. Tous sélectionnés par la rédaction. En plus de ce casting éclectique, un sacré parterre de guest stars vient compléter le tableau : Alex Vizorek, Tom Villa, Sebastian Marx, Hakim Jemili, Lola Dubini et les musiciens tarbais de Boulevard des airs pour un final en chanson.

En guest-stars, Alex Vizorek et Djimo. LP/Frédéric Dugit
En guest-stars, Alex Vizorek et Djimo. LP/Frédéric Dugit  

Passage au maquillage, derniers réglages techniques sous la houlette du réalisateur Lionel Chabert, ultimes précisions côté direction artistique (signée Léo Domboy) : l'après-midi file à la Usain Bolt. Le public, composé de figurants recrutés pour l'occasion, arrive peu avant 18 heures.

Impossible, évidemment, de remplir les 350 fauteuils de l'Européen, mais les premiers rangs (un fauteuil sur deux) sont bien garnis, ce qui assurera du répondant et une chouette ambiance aux humoristes sur scène.

Alexis Le Rossignol propose un passage de très haute volée, tout près des sommets. LP/Frédéric Dugit
Alexis Le Rossignol propose un passage de très haute volée, tout près des sommets. LP/Frédéric Dugit  

Le gala commence. Djimo entre sur scène à l'américaine, escorté par les danseuses à rollers de la compagnie Splits. C'est le roi de la vanne lente, membre de la promo 2018 des Etoiles (NDLR : comme Roman Frayssinet, Laurie Péret ou Charles Nouveau), qui prend la succession comme maître de cérémonie de l'inénarrable Marc Fraize en charge de la présentation de la promo 2019 dans laquelle on retrouvait Paul Mirabel, Panayotis Pascot, Aymeric Lompret…

Les humoristes enchaînent des passages de sept minutes environ. Tous, à leur manière, avec leur style, captent un petit bout d'air du temps. Morgane Cadignan est irrésistible en brocardant la dictature du positivisme et du bien être. L'électrisant Alexandre Kominek évoque la détresse sentimentale (et charnelle) des trentenaires célibataires par temps de (re) confinement. Un terrain sur lequel s'aventure aussi avec talent la douce et trash Rosa Bursztein.

Alexandre Kominek hilarant avec sa détresse sentimentale par temps de (re) confinement. LP/Frédéric Dugit
Alexandre Kominek hilarant avec sa détresse sentimentale par temps de (re) confinement. LP/Frédéric Dugit  

Super-comédienne, Marion Mezadorian croque la Parisienne de 2020 comme personne. Tendre, précis et ultramoderne, Nordine Ganso prouve à 24 ans (NDLR : c'est le benjamin de la sélection) que la valeur n'attend point le nombre des années. A peine plus âgée, Fanny Ruwet est la dépressive la plus euphorisante qui soit. Lui qui se dit « moyen en tout, issu de la classe moyenne, moyennement beau, moyennement laid, moyennement drôle », Alexis Le Rossignol propose un passage de très haute volée, tout près des sommets. La touche finale est apportée par Edgar-Yves, showman à l'incroyable charisme qui fait chavirer le public une ultime fois.

Voilà, il est presque 20 heures et les Etoiles s'éteignent. Pour les rallumer, il suffira d'être devant sa télé le 4 janvier. D'ici là, les portes de théâtres commenceront, on l'espère, à s'entrouvrir pour toute cette nouvelle génération avide de partager leurs shows. Le retour à l'affiche de leurs spectacles, voilà qui nous ferait à tous chaud au coeur.