«Le Meilleur Pâtissier» : mais à quoi carbure Mercotte ?

Nous avons passé une journée à Chambéry chez la jurée historique du «Meilleur pâtissier», dont la saison 9 débute ce mercredi soir à 21h05 sur M 6. Rencontre avec une forte tête du PAF.

 Saint-Alban-Leysse, le 28 septembre. Mercotte, l’inséparable binôme de Cyril Lignac dans «Le Meilleur Pâtissier», en plein démoulage d’un gâteau de Savoie.
Saint-Alban-Leysse, le 28 septembre. Mercotte, l’inséparable binôme de Cyril Lignac dans «Le Meilleur Pâtissier», en plein démoulage d’un gâteau de Savoie. LP/Olivier Corsan

« Vous allez voir, je suis sans filtre », prévient d'emblée Mercotte, jurée historique du « Meilleur pâtissier », dont la saison 9 débute ce mercredi soir à 21h05 sur M 6. Et elle fait bien! Venue elle-même nous chercher en voiture de la gare de Chambéry (Savoie), la voilà qui houspille un automobiliste. « P'tit connard, ce n'est pas vraiment une insulte? sourit-elle, derrière son mini-masque transparent, identique à celui qu'elle portait sur le tournage du concours de sucreries. Je dis la même chose à notre producteur quand il m'énerve. » Du pur Mercotte, 77 ans, Jacqueline Mercorelli dans la vraie vie.

En dix minutes, elle a aussi eu le temps de nous dire qu'elle ne parlerait pas d'argent, question d'éducation, avant de confier qu'elle ne gagnait « pas si bien sa vie que ça ». Du moins, « pas autant que Julia Vignali », la présentatrice de l'émission. Suivi d'un nouvel éclat de rire. Direction sa grande bâtisse de Saint-Alban-Leysse, une ancienne ruine achetée en 1970, qui surplombe l'hôpital psychiatrique de cette petite ville de Savoie, accrochée au mont Peney.

Chez elle, on entre par la cuisine « comme à la campagne ». Tout y est : un Delicook, un mixeur, deux machines à café, deux fours, une cellule de refroidissement parmi d'autres ustensiles dont on ignore le nom. Et bien sûr, une tonne de livres de recettes, y compris sa bible, « La cuisine gourmande », de Michel Guérard. Il y a aussi une télé, qu'elle allume sur TF1 à 5 heures du matin pour regarder « Grands reportages », sur M 6 pour le « 12.45 » et sur France 5 à l'heure de « C à vous » pour Anne-Elisabeth Lemoine, « simple et spontanée ». Cette mère de quatre enfants, qui s'est entièrement consacrée à leur éducation, et grand-mère de dix petits-enfants, apprécie aussi Yann Barthès. Il allait à l'école avec une de ses filles. Mais refuse de se rendre chez Cyril Hanouna, « trop grossier ».

La visite se poursuit au salon, orné de sculptures d'art contemporain et de peintures d'Anne Brerot, artiste locale. C'est ici, une fois les meubles poussés, que la septuagénaire, séparée de son mari, a enregistré la fin de la nouvelle saison du « Meilleur Pâtissier », après plusieurs cas de Covid-19 détectés dans l'équipe de tournage, dont une des figures du programme.

« Qui l'a eu ? Je ne sais pas », botte en touche la pâtissière, qui a été testée négative à deux reprises. Avant de raconter les coulisses du 6 août, jour des quarts de finale où tout a basculé : « Nous étions en pleine épreuve créative quand on nous a demandé de sortir de la tente. Et comme je suis considérée comme une personne à risque, j'ai dû faire mes bagages. Mais moi, je n'étais pas vraiment inquiète. » D'un naturel optimiste, celle qui a été repérée par M 6 via son blog La cuisine de Mercotte, lancé en 2005, est persuadée d'être immunisée après « plus de trente ans de vaccins contre la grippe » et la consommation d'« une pomme bio à jeun tous les matins ».

Saint-Alban-Leysse, le 28  septembre 2020. Mercotte pense déjà à la saison 10./LP / Olivier Corsan
Saint-Alban-Leysse, le 28 septembre 2020. Mercotte pense déjà à la saison 10./LP / Olivier Corsan  

« J'étais prête à y retourner, d'autant plus que la distanciation, le port du masque hors caméra, du Plexiglas, des cuillères de couleurs différentes pour la dégustation et toutes les autres précautions ont été prises », assure la mamie blogueuse, qui n'a « jamais dépassé les 36,1 °C de température ». Mais ni M 6, ni la BBC (qui produit l'émission) n'ont cédé. » Elle ajoute, énervée : « Comme j'ai créé une alerte Google à mon nom, j'ai lu que j'avais été évincée. C'est tellement ridicule. »

«Moi, méchante ? C'est Cyril qui est trop gentil»

Passé la frustration, Mercotte s'est faite à l'idée de goûter les gâteaux des derniers candidats avec les yeux, via des vidéos saupoudrées de commentaires de Cyril Lignac. Ce qui avait déjà été envisagé au tout début, avant que l'épidémie se calme un peu. « Ce n'était pas si mal que ça, après tout », glisse l'ex-championne de bridge qui a retrouvé le sourire. Elle, dans le rôle de la méchante ? « C'est plutôt Cyril qui est trop gentil », rectifie son inséparable binôme.

Mercotte et Cyril Lignac./M6/Marie Etchegoyen
Mercotte et Cyril Lignac./M6/Marie Etchegoyen  

En guise d'accueil, Mercotte nous a préparé un biscuit de Savoie, spécialité régionale très aérienne, à base d'œufs, de sucre, de farine et de zeste de citron. « Ça ne prend que cinq minutes de préparation et trente minutes au four », détaille-t-elle. On en redemande. Tout le contraire de Mercotte quand elle s'est retrouvée face à neuf gâteaux sur quatorze à la noix de coco, pour la première épreuve du « Meilleur Pâtissier ». « Je déteste ça, grimace la jurée. Ils ne suivent pas ou quoi ? »

A plusieurs reprises, son téléphone vibre. « Encore un message pour me souhaiter mon anniversaire », peste-t-elle. On s'excuse de ne pas y avoir pensé. « Mais non, c'est une erreur de Wikipédia, rectifie Mercotte. Ils mettent n'importe quoi. » On rit avec elle. Si la télé a changé sa vie ? Pas vraiment. « La première année, la production m'avait mise en garde, se souvient celle qui avait déjà des chroniques sur France Bleu. Mais au final, que dalle ! » Enfin, presque. « Au Salon du chocolat, les gens s'accrochent à moi, c'est limite du harcèlement. Une fois, ils ont dû prendre un garde du corps. Et puis, je déteste les selfies. » Aussi cash que souriante, Mercotte pense à la saison d'après, la 10e. Et ensuite ? « Dans dix ans, je serai peut-être morte. Qui sait ? »