«Le Grand Restaurant» : Pierre Palmade remet le couvert, 10 ans plus tard et sur M6

L’émission à sketchs de l’humoriste fait son retour ce mercredi, dix ans après son lancement, avec un casting de rêve et un changement de chaîne : M 6 au lieu de France 2. Nous étions sur le tournage, il y a plus d’un an.

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 Paris (IXe), le 20 décembre 2019. Pierre Palmade dirige ici Frédéric Diefenthal et Anne-Élisabeth Blateau dans « Le Grand Restaurant ».
Paris (IXe), le 20 décembre 2019. Pierre Palmade dirige ici Frédéric Diefenthal et Anne-Élisabeth Blateau dans « Le Grand Restaurant ». LP/Frédéric Dugit

« Mets le pot de fleurs plus au centre. » « Du pain, quelqu'un peut amener du pain? » Dans la belle salle à manger de Frou-Frou, le restaurant du théâtre Edouard-VII (IXe), les petites mains s'activent. Mais, une fois n'est pas coutume, ce n'est pas pour servir les clients. Ce jour-là, la table sert de décor à la dernière création télévisée de Pierre Palmade.

Nous sommes en décembre 2019, dans le monde d'avant. Celui où les restaurants sont encore ouverts, où les masques, le gel hydroalcoolique et les gestes barrière ne font pas encore partie du quotidien. L'artiste y tourne le troisième épisode de son « Grand Restaurant », un programme humoristique et déjanté composé d'une vingtaine de sketchs, qui avait triomphé en 2010 et 2011 sur France 2. Pour ce troisième opus, récupéré par M 6, le casting d'une trentaine d'acteurs fait toujours autant rêver : Julie Gayet, Muriel Robin, Jean-Pierre Darroussin, JoeyStarr, Florence Foresti ou encore Isabelle Huppert, entre autres, ont répondu présent à l'humoriste, qui campe lui-même le maître d'hôtel. « Je veux que dès le générique, on se dise Non! On va voir tous ces gens-là? Je veux que la mâchoire des téléspectateurs se décroche », glisse le créateur du programme.

Pierre Palmade et son équipe ont tourné 100 minutes en 6 jours, un rythme intense. LP/Fred Dugit
Pierre Palmade et son équipe ont tourné 100 minutes en 6 jours, un rythme intense. LP/Fred Dugit  

Les caméras sont installées, braquées sur la table où viennent de prendre place les comédiens Frédéric Diefenthal et Anne-Elisabeth Blateau. Une maquilleuse fait les dernières retouches. Un technicien ajuste le cadrage. Les figurants patientent devant leur assiette. « Le vin est remplacé par du jus de raisin et les plats dans les assiettes, on a ordre de ne pas les toucher, ce sont les mêmes depuis trois jours », explique en chuchotant Christian. Quand la caméra tourne, avec ses compagnons de table, il doit remuer les lèvres pour faire semblant de parler.

« Des textes extraordinaires, drôles, absurdes »

À la table voisine, Pierre Palmade donne ses dernières consignes aux acteurs. « Anne, ne feutre pas ta voix, prends le temps », guide-t-il avant de s'éclipser, en replaçant son casque sur ses oreilles. « Silence », lance un assistant. « 3, 2, 1, action ! », lâche l'humoriste.

Casque sur les oreilles, derrière la caméra, le chef d'orchestre s'agite et rigole aux répliques les plus mordantes. Il semble s'amuser comme un gamin. Le texte, il le connaît par cœur. « C'est un cadeau que me fait Pierre de tourner avec lui, confie Romuald Boulanger, coréalisateur de cette fiction. En plus du casting de rêve, ce sont des textes extraordinaires, drôles, absurdes. On sent une complicité avec les acteurs. Pour chaque comédien, Pierre a écrit du sur-mesure. »

Anne-Elisabeth Blateau, Frédéric Diefenthal (en photo), mais aussi Julie Gayet, Muriel Robin, Jean-Pierre Darroussin, JoeyStarr, Florence Foresti ou encore Isabelle Huppert… Palmade a constitué un casting de luxe. LP/Frédéric Dugit
Anne-Elisabeth Blateau, Frédéric Diefenthal (en photo), mais aussi Julie Gayet, Muriel Robin, Jean-Pierre Darroussin, JoeyStarr, Florence Foresti ou encore Isabelle Huppert… Palmade a constitué un casting de luxe. LP/Frédéric Dugit  

Devant la table de maquillage, un pinceau lui balayant la joue, Anne-Elisabeth Blateau se réjouit aussi du projet. « Les textes de Pierre sont un bijou. Et puis on a un peu l'impression de tourner avec l'équipe de France de la comédie », confie l'actrice de « Scènes de ménage ». Le rythme de tournage aussi, est des plus sportifs. « C'est un vrai défi, confirme Romuald Boulanger qui a récemment réalisé Connectés, un film inspiré du premier confinement sur Amazon Prime. Il faut tourner 100 minutes en six jours, c'est presque un film. » Et, autre challenge, faire coïncider les emplois du temps de cette ribambelle de stars. Une prouesse. « Une folie », renchérit Pierre Palmade, qui explique en partie pourquoi l'humoriste a attendu huit ans pour tourner ce troisième épisode. « On m'a dit : T'es pas cap de le refaire. Alors comme on m'a titillé avec ça, j'ai voulu montrer que c'était possible », se félicite le comédien.

Plus d'absurde

Julie Gayet tenait à être de la partie. « Je suis une enfant de Palace (NDLR : la série télévisée culte créée en 1988 qui décrivait la vie loufoque d'un grand hôtel de luxe), et c'est un projet qui sort de l'ordinaire, confie l'actrice. Et puis l'univers de Palmade m'a séduite. J'aime les choses décalées, et on partage un goût pour l'autodérision. »

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Ce qui change dans cet épisode par rapport aux deux précédents – outre la chaîne, France 2 ayant tardé à répondre, c'est M 6 qui a récupéré le projet – c'est plus d'absurde. « Pour raconter des situations dans un restaurant, on peut vite faire le tour, explique Pierre Palmade. Cette fois-ci, c'est un peu plus dingue. Je me suis fait aider dans l'écriture par François Rollin, pour pousser les situations jusqu'à la folie parfois. »