«L’Affaire Watts, chronique d’une tuerie familiale» : pourquoi ce docu cartonne sur Netflix

En quelques jours, le film documentaire sur un fait divers qui avait horrifié l’Amérique en 2018 s’est hissé dans le classement des œuvres les plus regardées sur la plate-forme.

 « L’Affaire Watts : chronique d’une tuerie familiale » sur Netflix, ou comment une famille parfaite bascule dans l’horreur.
« L’Affaire Watts : chronique d’une tuerie familiale » sur Netflix, ou comment une famille parfaite bascule dans l’horreur. Netflix/capture d’écran

C'est une histoire des plus sordides. Le genre de drame qui passionne tout un pays tant les questions sont nombreuses et le récit glaçant. Netflix a mis en ligne le 30 septembre le documentaire « L'affaire Watts : chronique d'une tuerie familiale », inspiré d'un fait divers qui avait tenu en haleine les Etats-Unis en août 2018. Le film s'est hissé en quelques jours dans le top 10 des œuvres les plus regardées de la plate-forme. Pourquoi un tel succès ?

D'abord, il y a les faits. Très récents. Le 13 août 2018, Shanann Watts rentre d'un séminaire. Il est 2 heures du matin quand une amie la dépose chez elle. Mais le lendemain, elle ne répond plus au téléphone. Elle a disparu avec les deux filles du couple, âgées de 3 et 4 ans. Chris, son mari, les cherche partout. Il appelle sa femme, lui envoie des messages. Mais sans succès. L'alliance de son épouse est retrouvée sur la table de nuit. Et manquent aussi les édredons de ses enfants. A part ça, la maison est impeccable. D'une propreté presque suspecte. Mais le mystère reste entier.

Trois jours plus tard, rebondissement. Chris avoue avoir étouffé sa femme. Il affirme, dans un premier temps, l'avoir fait car elle venait de tuer ses filles. Il reconnaîtra, longtemps après, avoir également étouffé Bella et Céleste, les deux enfants. Il est condamné à la prison à vie.

L'impression de vivre le drame en direct

Mais dans ce documentaire de près d'une heure et demie, au-delà des faits, c'est aussi la narration qui détonne. Un processus étonnant, tant le spectateur a le sentiment de vivre le drame qui se joue, en direct, de l'intérieur. Car le film s'appuie sur des documents d'archives rares. Des conversations téléphoniques, mais aussi des images tournées par des voisins ou amis de la victime.

On entend l'amie passer le premier appel à la police lorsqu'elle s'inquiète de ne pas avoir de réponse de Shanann. On lit les textos qu'elle lui a adressés plus tôt. On voit Chris rentrer du travail et ouvrir la maison aux forces de l'ordre, filmé par les proches de la jeune femme. On découvre en même temps qu'eux la maison, intacte. Avec ce sentiment d'adrénaline, comme si on menait nous-mêmes l'enquête, en tentant de déceler dans l'attitude du conjoint des signes d'incohérence.

On scrute les images de vidéosurveillance. On remonte le fil de l'histoire du couple en découvrant les messages échangés les semaines précédentes par les deux époux. Les vidéos de Shanann, accro à Facebook, qui se filme elle et ses filles de façon intempestive. On sent l'étau se resserrer, les textos échangés entre le couple évoluent, on sent le doute qui s'installe, la question de l'adultère qui plane. Comme si on vivait tout ça à leur côté, au même moment.

On essaie de comprendre les mécanismes, qui peuvent, comme ici, mener au féminicide. Ou comment une famille, parfaite en apparence, peut basculer dans l'horreur. Troublant et captivant.